La Cour supérieure du Québec accueille Réjane Laberge-Colas, une première femme qui se démarque par ses positions sociales et féministes. En 1966, elle participe à la fondation de la Fédération des femmes du Québec dont elle devient la présidente.
Thérèse Lavoie-Roux est la première femme commissaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) dont elle devient la présidente l’année suivante, poste qu’elle occupe jusqu’en 1976. Élue députée libérale dans l’Acadie en 1976, elle est ministre de la Santé et des Services sociaux dans le cabinet Bourassa de décembre 1985 à octobre 1989. L’artère principale du campus MIL de l’Université de Montréal porte son nom.
Le Centre de planning familial du Québec publie un manifeste 100 femmes devant l’avortement.
Fondation de Ano-Sep (Anonymes séparées) par un groupe de femmes séparées et cheffes de famille monoparentale.
Betty Riley est la première femme noire à devenir productrice de télévision au Québec. La série qu’elle réalise, Black is, est également la première émission de télévision « entièrement noire » (« all-black show ») à être produite au Canada. Diffusée quatre fois par semaine pendant plusieurs années, l’émission aborde les différentes situations et les problèmes qui affectent la communauté noire au Québec. Betty Riley est également à l’origine de la création de l’Atelier de télévision pour la jeunesse noire (Black Youth Television Workshop) qui, de 1965 à 1989, permet aux jeunes de seize à vingt ans de s’initier aux rudiments de la production télévisuelle.
À l’occasion du 8 mars, le Front de libération des femmes du Québec (FLF) lance une campagne nationale en faveur du droit à l’avortement libre et gratuit.
Francine Lalonde devient la première femme à occuper le poste de présidente de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEQ).
Création d’un service de référence des femmes du Front de libération des femmes et du Montreal Women’s Liberation Movement.
L’écrivaine (1909-1983) reçoit le prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution exceptionnelle au développement de la littérature canadienne et québécoise de langue française. Son écriture, à la fois romanesque, intime et autobiographique est reconnue pour sa profondeur humaine et son style littéraire distinctif.
Greta Nemiroff et Christine Hope Allen (connue sous le nom de Sœur Mary Prudence Allen R.S.M) donnent le premier cours en études sur les femmes à l’Université Sir George William à Montréal, devenue depuis .
Le docteur Henri Morgentaler est arrêté pour la première fois et accusé d’avoir pratiqué un avortement illégal. Son procès ne débutera qu’en 1973, après avoir volontairement déclaré qu’il avait pratiqué plus de 5000 avortements illégaux. Lors de ce premier procès, il sera acquitté en plaidant non coupable pour « défense de nécessité », c’est-à-dire après avoir plaidé que les actes dits criminels qu’il avait commis avaient pour but de protéger « autrui » d’un danger imminent.
L’adoption du projet de loi 10, plus précisément l’entrée en vigueur de la Loi concernant les régimes matrimoniaux, entraîne une réforme en profondeur des régimes matrimoniaux. La Société d’acquêts remplace le régime légal de la communauté des biens. Elle rend possible pour les époux de modifier leur régime ou leur contrat de mariage pendant le mariage et élimine les inégalités entre époux au regard de l’autorisation pour accepter une succession, une donation entre vifs ou encore la charge d’exécutrice testamentaire.
Modification du Code civil, chapitre 62, pour reconnaitre certains droits à l’enfant « dit » naturel, soit né de « père inconnu. Il s’agit d’un premier jalon vers l’égalité des enfants, quelles que soient les circonstances de la naissance et la reconnaissance de la filiation maternelle.
Pauline Julien, surnommée « La Passionaria du Québec » reçoit le Grand Prix 70 de l’Académie Charles Cros pour son disque Suite québécoise, un album consacré aux auteurs-compositeurs de sa génération. Elle est de nouveau honorée par l’Académie en 1985 pour l’album Où peut-on vous toucher ? Artiste profondément engagée, elle fait de la chanson un espace de militance pour l’indépendance du Québec, la défense de la langue française et l’émancipation des femmes, faisant d’elle une des premières grandes figures féministes du milieu culturel québécois. Interprète incontournable, Pauline Julien contribue avec force et sensibilité à faire rayonner les textes des plus grands paroliers québécois et à inscrire durablement la culture québécoise dans la modernité.
Le Front de libération des femmes du Québec publie une traduction du Birth Control Handbook publié en 1968 par des étudiantes de l’Université McGill, à plus de 50 000 copies, sous le titre Pour un contrôle des naissances.
Publication du Rapport de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, mieux connu sous le nom de Rapport Bird. La Commission a reçu 468 mémoires et près de 1000 lettres en plus de commander, sous l’initiative de sa secrétaire générale, Monique Bégin, 34 études, dont près d’une dizaine sont réalisées au Québec. Le rapport contient 167 recommandations qui visent notamment le rôle des femmes dans la famille et la vie publique, tout comme l’amélioration des conditions de leur participation, et celle des mères de famille en particulier, au marché du travail.
Création de l’Association des femmes autochtones du Canada.
Fondation à Ottawa du Comité canadien d’action sur le statut de la femme (NAC), organisme pancanadien réunissant au départ 30 groupes de femmes, afin de militer en faveur de l’implantation des recommandations de la Commission Bird. La syndicaliste Madeleine Parent en est membre fondatrice et y représentera le Québec jusqu’en 1983.
Publication des études effectuées par des chercheures québécoises pour le compte de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme en 1970. Ces études constituent les premiers jalons d’une riche tradition de recherche qui se développera au fil des ans dans plusieurs universités québécoises. À l’instigation de Monique Bégin, secrétaire générale de la Commission, Marie-Andrée Bertrand, Colette Carisse, Francine Dépatie, Bérengère Gaudet, Alice Parizeau, Micheline Dumont-Johnson, Renée-Geoffroy et Paul Sainte-Marie y présentent, chacune du point de vue de leur discipline respective, des études qui offrent une première documentation sur les conditions de vie des femmes québécoises.
Le 1er mars, sept femmes, membres du Front de libération des femmes du Québec (FLF), mènent une action choc au Palais de justice pour obtenir le droit d’occuper la fonction de jurée. Elles sont condamnées sur le champ à un ou deux mois de prison pour outrage au tribunal, mais la Loi des jurés sera modifiée le 18 juin de la même année.
Robert Knight Andras, ministre sans portefeuille, est nommé responsable de la situation de la femme au Canada. Il faudra attendre 1986 pour qu’une femme, Jean Barbara McDougall, occupe cette fonction à titre de ministre déléguée.
Publication du Manifeste des femmes québécoises dans lequel le Front de libération des femmes du Québec (FLF) associe la lutte pour la libération des femmes à la question nationale.
Le nombre de femmes sur le marché du travail croît significativement : 33,9 % des femmes participent à la main-d’œuvre active comparativement à 70,4 % des hommes.
Instauration d’un programme de prestations de maternité au sein du régime fédéral d’assurance-chômage. La travailleuse n’est cependant pas assurée de retrouver son emploi. La durée du congé est de 17 semaines, dont 15 sont rémunérées dans une proportion de 60 % du salaire.
Sociologue et juriste, Yolène Jumelle est une figure marquante de la communauté haïtienne montréalaise. Arrivée au Québec en 1971 après avoir fui le régime des Duvalier, elle s’implique rapidement au sein de sa communauté. La Maison d’Haïti, le Centre de Recherche-action sur les relations raciales et la Maison des jeunes l’Ouverture (1981-1993), alors seule maison à caractère ethnique au Québec, sont parmi les nombreux organismes qu’elle participe à fonder et auxquels elle contribue afin d’améliorer le sort des Haïtien·ne·s et de contrer le racisme. Entre 1988 et 1989, elle assume la présidence du Congrès des femmes noires du Canada.
Publication de l’Analyse socio-économique de la ménagère québécoise par le Centre de recherche sur la femme.
Présidente de l’association Femmes autochtones du Québec (AFAQ) de 1977 à 1983, Evelyn O’Bomsawin est née sur la réserve abénaquise d’Odanak en 1920. En raison de son mariage avec Henri-Paul Joseph Lamirande en 1944, elle perd son statut d’Indienne et ses sept enfants se voient également priver du droit d’inscription au Registre des « Indiens ». Personnellement confrontée aux iniquités de la Loi sur les Indiens, et tout particulièrement de l’article 12 (1)b, elle s’engage en 1972 auprès de l’Alliance laurentienne des Indiens et Inuits sans statut (aujourd’hui l’Alliance autochtone du Québec), dont elle assume la présidence pendant six ans. Jusqu’à sa mort en 2008, elle poursuivra sa lutte contre les dispositions discriminatoires de la Loi sur les Indiens et contre le processus d’assimilation culturelle des autochtones.
La Fédération du Québec pour le planning des naissances organise un congrès à Québec en septembre afin de rassembler les groupes qui travaillent dans le domaine et de mieux identifier leurs besoins.
Création de la Fédération québécoise du planning des naissances (FQPN).
Députée de la circonscription d’Ahuntsic à Montréal, Jeanne Sauvé est la première femme venant du Québec à occuper un poste ministériel au Canada.
Après avoir perdu son statut d’indienne en raison de son mariage avec un non-Indien et subi un revers en cours de première instance, Jeannette Corbiere Lavell porte sa cause devant la Cour d’appel fédérale. Elle obtient gain de cause, le tribunal jugeant que la Loi sur les Indiens est discriminatoire puisque seules les femmes sont visées et affirme que Jeannette Corbiere Lavelll peut conserver son statut d’Indienne. Cependant, la cause sera portée en appel devant la Cour suprême du Canada qui annulera, en 1973, la décision prise en faveur de la plaignante, évoquant que la Déclaration canadienne des droits de 1960, qui garantit l’égalité devant la loi, ne s’applique pas à l’article 12 de la Loi sur les Indiens de 1869. Par conséquent, les femmes autochtones qui ont marié des non-autochtones ne peuvent retrouver leur statut d’Indienne. C’est la première fois que les tribunaux jugent un cas de discrimination fondée sur le sexe. En 2017, l’Ordre du Canada lui est décerné en reconnaissance d’une vie consacrée à l’avancement de la situation des femmes autochtones.
La Maison d’Haïti est un organisme communautaire et culturel dédié aux services d’accueil et d’accompagnement des Québécois·e·s d’origine haïtienne. Depuis sa création, elle s’intéresse aux dossiers des femmes immigrantes et des sans-papiers, ainsi qu’au racisme et au sexisme combinés que subissent les femmes haïtiennes.
La Loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels reconnait aux victimes le droit d’être indemnisées.
Adoption de la Politique québécoise en matière de planification des naissances.
Malgré un droit d’éligibilité datant de 1920, Monique Bégin (1936-2023), Albanie Morin (1921-1976) et Jeanne Sauvé (1922-1993) sont les premières Québécoises élues à la Chambre des communes.
Diplômée de l’Université McGill, Rosemary Wedderburn Brown est la première femme noire élue à une assemblée provinciale législative au Canada en Colombie-Britannique. Elle est aussi la première femme à se présenter à la course à la chefferie d’un parti politique fédéral en 1975.
Fondation de l’organisme Service aux familles, un groupe populaire qui vient en aide aux familles défavorisées du quartier Centre-sud de Montréal. L’organisme est rebaptisé Centre d’éducation et d’action des femmes (CEAF) en 1982.
Premier cours sur les femmes donné dans une université francophone au Québec. Ce cours dispensé à l’UQAM est issu d’une démarche collective et militante. Il regroupe une vingtaine de professeures et de chargées de cours et est suivi par plus de 200 étudiantes et étudiants.
Fondation de la maison de production Le Verseau, par Aimée Danis et Guy Fournier. Celle-ci a été la première productrice à recevoir le Grand Prix de l’Académie canadienne du cinéma.
Kay Livingstone (1919-1975) fonde le Canadian Negro Women’s Association et organise à Toronto la première conférence nationale pour femmes noires, la première en sol canadien. Le second congrès se tiendra à Montréal. L’organisme deviendra plus tard le Congress of Black Women of Canada.
Mise sur pied du Centre des femmes de Montréal, d’abord nommé Centre d’information et de référence pour femmes (CIRF), qui organise une clinique d’avortement et pilote la publication d’un manifeste pour une politique de planification des naissances.
Claire L’Heureux-Dubé est la première femme nommée juge à la Cour supérieure. Elle sera la première à être nommée à la Cour d’appel du Québec en 1979 et à la Cour Suprême du Canada en 1987. Elle est nommée Compagnon de l’Ordre du Canada en 2003.
Création du Comité de la condition féminine à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Mise sur pied du Comité de la condition féminine de la FTQ créé en 1972. Adoption des premières résolutions féministes au congrès de 1973.
Création du Comité Laure Gaudreault au sein de la Centrale des syndicats du Québec (CEQ). Ce comité deviendra le Comité de la condition des femmes.
Le gouvernement fédéral met sur pied le Conseil consultatif de la situation de la femme à la suite des recommandations de la Commission Bird pour favoriser la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale et démocratique du Canada.
Création du Conseil du statut de la femme par le gouvernement du Québec pour répondre aux pressions du mouvement des femmes. Laurette Champigny Robillard en est la première présidente. Le Conseil a le double mandat d’aviser le gouvernement et de faire la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes.
Production de six films par des femmes réalisatrices dans le cadre de la série En tant que femmes de l’Office national du film.
Gabrielle Vallée est la première femme élue bâtonnière du Barreau de Québec. En 1976, elle est aussi la première femme à accéder aux fonctions de juge en chef associée à la Cour supérieure du Canada.
Un groupe de femmes artistes ouvre une galerie à Montréal sur la rue Saint-Dominique. D’abord appelée les Flamings Aprons [Les tabliers enflammés], la galerie change de nom pour Powerhouse en 1974. C’est le premier centre d’exposition multidisciplinaire pour les femmes au Québec et au Canada et le deuxième en Amérique du Nord.
Fondation de Grossesse-Secours par Suzanne Parenteau (1934-2020),
Publication à Montréal de la première revue à s’adresser à la communauté lesbienne, Long Time Coming, dont la publication cessera en 1976.
Native de Port-of-Spain en Jamaïque, Maisie Millan Dickinson-Dash immigre à Montréal en 1927 à l’âge de dix-neuf ans pour rejoindre son fiancé. Mère de cinq enfants, elle s’implique auprès de nombreux organismes de la communauté noire en tant que bénévole afin d’améliorer la situation socioéconomique des Noir·e·s de Montréal et briser leur solitude. À partir de 1942, elle est très active au sein du Club des femmes de couleur de Montréal (Coloured Women’s Club) et du Negro Community Centre. Élue présidente du Coloured Women’s Club en 1973, elle accueille le Congrès national des femmes noires (CNFN) l’année suivante à Montréal. Elle demeure à la présidence du Club jusqu’en 1981.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/maisie_dickinson_dash.pdf
Monique Bégin est la première Québécoise à prononcer un discours à la Chambre des communes.
La Cour Suprême du Canada refuse d’accorder à Irene Murdoch une part financière de l’exploitation agricole à laquelle elle avait contribué avec son mari pendant 25 ans. Dans les années subséquentes, l’injustice de cette décision amènera des groupes, partout à travers le Canada, et notamment l’AFÉAS au Québec, à militer en faveur des droits des femmes collaboratrices de leur mari.
La première National Lesbian Conference a lieu à Toronto. La discussion porte sur les stratégies de luttes lesbiennes à adopter, à savoir : s’organiser de manière autonome en tant que lesbiennes ou au sein des mouvements des droits des homosexuels et des femmes. Les conférences subséquentes ont lieu à Montréal en 1974 et à Ottawa en 1976.
Le Réseau d’action et d’information pour les femmes (R.A.I.F) voit le jour dans la région de Québec à l’initiative de Marcelle Dolment (1927-2018) avec l’objectif de soutenir les femmes dans la défense de leurs droits et intérêts.
Fondation du Théâtre des Cuisines par six militantes féministes dont Solange Collin, Carole Fréchette et Véronique O’Leary. Le collectif regroupe des militantes féministes, des travailleuses, des chômeuses et quelques comédiennes. Nous aurons les enfants que nous voulons, sa première création collective sera jouée le 8 mars 1974 devant 3000 personnes à Montréal, rompant le silence longtemps entretenu sur la question de l’avortement.
Helen Doyle, Nicole Giguère et Hélène Roy fondent Vidéo Femmes, première maison de production consacrée aux fictions et aux documentaires féministes réalisés par et pour les femmes. Au fil des ans, la production de l’organisme fait émerger la parole des femmes, témoigne de leurs expériences et met en lumière des réalités souvent passées sous silence. Véritable tremplin professionnel pour de nombreuses réalisatrices québécoises, Vidéo Femmes s’impose comme une référence incontournable de la scène artistique féministe au Québec. La maison de production joue également un rôle majeur dans le secteur de la diffusion, notamment grâce à son festival international Des filles, des vues.
Après avoir été acquitté par un tribunal de première instance et sans qu’il y ait eu ordonnance d’un nouveau procès, la Cour d’appel du Québec renverse unanimement le verdict de non-culpabilité du Dr Henry Morgentaler pour pratique illégale d’avortements et le condamne à 18 mois d’emprisonnement. Le jugement de culpabilité est maintenu par la Cour suprême en 1975. Le docteur Morgentaler purgera 10 mois de sa peine à la prison de Bordeaux avant d’être acquitté lors de deux autres procès en 1975 et 1976. Les procès du Dr Morgentaler seront l’occasion d’un ralliement des groupes féministes dans leur lutte pour obtenir la pleine autonomie juridique des femmes sur les questions relatives à leur corps.
Création de l’Association canadienne pour l’abrogation de la loi sur l’avortement Canadian Association for the Repeal of the Abortion Law qui deviendra la Canadian Abortion Rights Action League en 1980.
À l’initiative d’Aline Guay, le Carrefour des associations de familles monoparentales du Québec est créé. Il deviendra en 1982 la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/federation_associations_familles_monoparentales.pdf
Le premier Comité de lutte pour l’avortement et la contraception libres et gratuits, formé de représentantes de la CEQ, de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) et du Centre des femmes, publie le manifeste Nous aurons les enfants que nous voulons, puis en 1975 un Dossier spécial sur l’avortement et la contraception libre et gratuit : On est de 10,000 à 25,000 à avorter chaque année.
Après un premier Congrès des femmes noires du Canada, tenu à Toronto du 6 au 8 avril 1973, une seconde rencontre se tient à Montréal sur le thème « La femme noire et sa famille ».
Création de Femmes autochtones du Québec Inc. (FAQ). Aujourd’hui, la FAQ rejoint 10 des 11 nations autochtones du Québec : les Abénakis, les Algonquins, les Atikameks, les Hurons-Wendats, les Innus, les Eeyous, les Malécites, les Mig’maqs, les Mohawks et les Naskapis.
Création par Kathleen Shannon du Studio D à l’Office national du film du Canada (ONF), le premier studio de production au monde financé par des fonds publics exclusivement ouvert aux femmes.
Documentariste et réalisatrice, Margaret Horn est originaire de la communauté mohawk de Kahnawàke. Elle a été la première présidente de l’Association Femmes autochtones du Québec. D’abord membre de l’Alliance laurentienne des Métis et des Indiens sans statut, elle se joint à Shirley Tooly de Maniwaki et Sylvia Watso de la nation abénaquise d’Odanak, qui lui succédera à la présidence, pour convoquer l’assemblée de fondation de l’association Femmes autochtones du Québec.
Fondation à Québec de l’organisme SOS grossesse, un service d’écoute, d’accueil et d’information, neutre et anonyme, pour les femmes et les adolescentes qui vivent une situation liée à la grossesse ou à l’avortement. Mary Schaefer Lamontagne, première femme à recevoir un diplôme de baccalauréat ès sciences de l’Université Laval en 1948, participe à sa fondation.
Sous le thème, Travailleuses et ménagères : un même combat, ou Ménagères et travailleuses, un même combat, selon les sources, organisation de la première célébration intersyndicale au Québec à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Cette première initiative sera suivie en 1977 par la fondation de l’Intersyndicale des femmes.
La Gendarmerie royale du Canada accepte dorénavant les candidatures de femmes pour des fonctions policières. Trente-deux recrues sont admises au sein de la Troupe 17 au sein de l’école de formation de Regina.
La sénatrice Renaude Lapointe est la première femme francophone à être nommée présidente du Sénat au Parlement.
Sœur Marguerite Jean, de la congrégation des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec, est la première femme canadienne à obtenir un doctorat en droit canonique.
L’Année Internationale de la Femme est décrétée par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sous le thème, « Égalité entre l’homme et la femme, développement et paix », l’année est dédiée au développement d’actions intensives pour promouvoir les droits des femmes dans le monde. Sur ce même thème aura lieu à Mexico la première Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes. C’est dans le cadre des célébrations de cette année que le 8 mars est proclamé Journée internationale de la femme. Au Québec, l’Année internationale de la Femme donnera lieu à plusieurs manifestations sociales, politiques et culturelles. Le Conseil du statut de la femme, notamment, organise en collaboration avec le Secrétariat fédéral de l’Année internationale de la femme, une série de consultations régionales à travers tout le Québec « permettant d’identifier 14 sujets jugés prioritaires par les Québécoises ». Ces consultations sont suivies d’un forum national à Québec, Carrefour 75, qui se tient à l’Université Laval et réunit plusieurs centaines de femmes. Le Forum donne lieu à l’élaboration d’un programme d’actions « pour corriger les situations injustes ».
Fondation de l’Association pour la défense des droits du personnel domestique (ADDPD/Association des aides familiales du Québec). Organisme communautaire fondé en réaction à l’exploitation de la main-d’œuvre de services à bas coût, sa mission est de défendre les droits fondamentaux du personnel domestique de maison et de ferme, et d’améliorer ses conditions de vie.
Création d’Au bas de l’échelle, un organisme d’éducation populaire et de défense des droits des personnes non syndiquées.
Bertha Wilson est la première femme nommée juge à une cour d’appel au Canada (en Ontario). Elle sera également, en 1982, la première femme à être nommée à la Cour suprême du Canada. Parmi les décisions importantes de la Cour suprême auxquelles elle participe, la plus importante est sans contredit l’abolition de la loi sur l’avortement en 1988.
Le Centre d’information et de référence pour femmes (CIRF) reçoit une subvention de Centraide qui lui permet d’ouvrir un Centre d’aide aux victimes de viol (CAVV) en janvier 1975.
Mise sur pied d’un Centre de documentation féministe par des membres du Centre des femmes de Montréal.
Ouverture du Centre de santé des femmes du Plateau-Mont-Royal.
Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne par le gouvernement du Québec. La Charte interdit toute forme de discrimination fondée sur le sexe, dont la discrimination en emploi, et introduit le principe du «salaire égal pour un travail équivalent ». L’article 47 établit également que les époux ont les mêmes droits, obligations et responsabilités.
Création de Réseau vidéo des femmes par Diane Hefferman et Suzanne Vertue pour documenter les événements liés aux femmes et aux féministes. Réseau vidéo deviendra Réseau Vidé-Elle en 1980.
L’exposition de gravures, de dessins et de photos ArtFemme’75 est présentée simultanément au Musée d’art contemporain, à la Galerie Powerhouse et au Centre Saidye Bronfman. ArtFemme’75 est la première exposition d’importance à mettre la contribution picturale des femmes artistes en évidence.
Début de la publication de la chronique féministe hebdomadaire Féminin pluriel écrite par Renée Rowan (1924-2019) dans Le Devoir. La chronique sera publiée jusqu’en 1986.
Pour soutenir leurs actions et imposer la perspective féministe dans un climat souvent hostile, le Comité de lutte pour l’avortement et la contraception libres et gratuits, les éditions du remue-ménage, le Centre de santé des femmes du Plateau Mont-Royal et le Théâtre des cuisines forment l’Intergroupe.
Dans le cadre de son congrès la FTQ diffuse un document, Le Combat syndical et les femmes, lequel demande notamment de négocier dans chaque convention collective des clauses anti discrimination et de protection maximale de la maternité et d’abroger les lois interdisant l’avortement de même que de favoriser la diffusion de l’information sur la contraception.
Création des éditions du remue-ménage par un collectif de femmes avec le mandat de publier des ouvrages féministes « écrits par et pour des femmes » et de fonctionner sur la base d’une gestion coopérative et autogérée.
À l’occasion de l’Année internationale des femmes, Mary Two-Axe Earley (1911-1993) se rend à la conférence de Mexico, accompagnée de soixante autres femmes de Kahnawà:ke pour présenter un mémoire sur la discrimination envers les femmes autochtones. Pendant la conférence, elle reçoit un appel l’informant que le conseil de bande de Kahnawà:ke a émis un ordre d’expulsion contre elle et plusieurs femmes qui participent à la conférence. Sous les pressions de l’opinion publique que son intervention à la conférence déclenche, le conseil de bande sera amené à retirer son ordre d’expulsion.
Originaire de Kanesatake, la Mohawk Myra Cree devient la première femme à occuper le poste de chef-d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada. Elle animera par la suite le magazine d’information religieuse «Second Regard» et d’autres émissions culturelles. Très impliquée dans le milieu autochtone, en 1991, elle collabore à la rédaction de l’ouvrage Les langues autochtones du Québec, publié par le Conseil de la langue française du Québec et est associé au festival Présence autochtone de Montréal depuis ses débuts. En 1981, Myra Cree reçoit le prestigieux prix Judith-Jasmin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec puis, en 1995, elle est nommée Chevalière de l’Ordre national du Québec.
Création par le Théâtre des cuisines de la pièce Môman travaille pas, a trop d’ouvrage qui aborde la question du travail ménager salarié. Môman travaille pas, a trop d’ouvrage! est le premier livre publié par les éditions du remue-ménage en 1976
Embauchée par la Sureté du Québec à Shawinigan, Nicole Juteau devient, à dix-neuf ans, la première femme policière au Québec. Pour permettre son assermentation, le règlement 7 qui interdisait jusque-là la profession aux femmes a dû être modifié par l’Assemblée nationale du Québec. Après six ans de patrouille, Nicole Juteau devient d’abord enquêtrice, puis agente double pour infiltrer le crime organisé. Elle prend sa retraite en 1999, à l’âge de 46 ans.
Les premières maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale voient le jour grâce à l’initiative de femmes issues de différents milieux et de groupes de femmes : Transition de Montréal et Carrefour pour Elle de Longueuil. Avant cette date, seules les communautés religieuses offraient des refuges pour les femmes qui devaient quitter le domicile conjugal.
Ouverture de la Librairie des femmes d’ici à Montréal par l’écrivaine Thérèse Lamartine, seconde librairie francophone des femmes au monde.
Création des Éditions de la Pleine lune, première maison d’édition dédiée à la publication d’œuvres de femmes.
Publication par le Conseil du statut de la femme (CSF) de l’étude de Lise Dunnigan intitulée l’Analyse des stéréotypes masculins et féminins dans les manuels scolaires au Québec.
Le docteur Henry Morgentaler est libéré des accusations portées contre lui et le gouvernement québécois décide d’abandonner toute autre poursuite contre des médecins pratiquant des avortements hors des centres hospitaliers agréés.
Le Comité de la condition féminine de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), présente un rapport intitulé «La lutte des femmes, combat de tous les travailleurs», lors du congrès annuel.
Publication du premier numéro du journal Les têtes de pioche qui sera publié jusqu’en juin 1979.
Les éditions du remue-ménage publient leur premier ouvrage, la pièce du Théâtre des cuisines, Môman travaille pas, a trop d’ouvrage.
Grâce aux pressions exercées par la Fédération québécoise pour le planning des naissances et différents groupes de femmes, le gouvernement s’engage à financer la mise sur pied de services de planning familial dans les CLSC.
Jeanne Lapointe a été l’une des premières femmes à intervenir dans l’espace public en tant qu’experte. Première étudiante à recevoir une licence en lettres de l’Université Laval en 1940, Jeanne Lapointe est aussi la première diplômée aux cycles supérieurs à l’Université Laval et la premières femme professeure de littérature au sein de l’institution. Influente penseuse du Québec moderne, sa contribution intellectuelle, méthodologique et rédactionnelle à la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec (1961-1966), qui a donné naissance au rapport Parent, a été qualifiée de déterminante par Guy Rocher (2013) qui considère qu’elle a apporté à la Commission « l’essentielle contribution d’une attitude critique et d’une certaine philosophie radicale qu’on peut appeler de gauche. […]. Elle était dotée d’un flair particulier pour ce qui sortait des sentiers battus, du conventionnel […]. Et ce sont ces vents de changements qu’elle introduisait dans nos délibérations ». Professeure au département des littératures de l’Université Laval de 1944 à 1987, Jeanne Lapointe joue également un rôle de pionnière dans le développement des études féministes, particulièrement après sa participation à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, officieusement appelée Commission Bird (1967-1970). Pour commémorer son parcours pionnier, l’Université Laval annonce, le 8 mars 2024, que le pavillon des sciences de l’éducation portera désormais le nom de pavillon Jeanne-Lapointe.
