Le Club des femmes de couleur de Montréal, le Coloured Women’s Club, est fondé dans le quartier Saint-Antoine (la Petite-Bourgogne d’aujourd’hui) à l’initiative de sept Noires américaines dont les maris cheminots travaillent comme porteurs de bagages ou préposés aux voitures-lits. Le club est l’une des premières organisations de femmes au Québec. Il est fondé pour aider les femmes noires, qui travaillent comme domestiques ou ouvrières, à se regrouper et à faire face à la pauvreté et à l’exclusion sociale qui sont leur lot quotidien. Sous la gouverne de leur toute première présidente, Anne Greenup, le club est rapidement passé du statut de club social à celui d’organisation d’entraide dans un milieu hostile aux personnes d’ascendance africaine et où les défis de la survie quotidienne sont omniprésents et les perspectives pour un avenir meilleur pratiquement nulles.
Création du Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, premier lieu francophone où seront formulées des revendications collectives pour l’amélioration de la situation des femmes québécoises, par Joséphine Marchand-Dandurand, Caroline Dessaulles-Béique, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, et Marguerite Thibaudeau.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Marchand.pdf
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Beique.pdf
Robertine Barry (1863-1910) fonde la première revue entièrement destinée aux femmes, le Journal de Françoise, publication bimensuelle qui sera publiée jusqu’en 1909.
Juriste autodidacte, féministe et réformatrice sociale, Marie Lacoste Gérin-Lajoie publie le Traité de Droit usuel, un ouvrage de vulgarisation destiné à aider les femmes à mieux comprendre leurs droits et obligations. Elle poursuivra cette démarche avec La Communauté légale (1927) et La Femme et le Code civil (1929). Première femme à obtenir une charge d’enseignement à la faculté de droit de l’Université Laval à Montréal, elle milite activement pour le droit de vote des femmes au Québec. Cofondatrice, en 1907, de la Fédération nationale Saint‑Jean‑Baptiste, elle participe également à la création du Comité provincial pour le suffrage féminin en 1922. Pionnière de l’avancement des droits des femmes au Québec, son engagement lui vaut d’être désignée « personnage historique d’importance nationale » en 1998 par le ministère du Patrimoine canadien, puis « personnage historique » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec en 2019. Figure majeure de l’avancement des droits des femmes, Marie Lacoste Gérin‑Lajoie laisse un héritage qui continue d’inspirer les luttes pour l’égalité.
