Jeanne Lapointe a été l’une des premières femmes à intervenir dans l’espace public en tant qu’experte. Première étudiante à recevoir une licence en lettres de l’Université Laval en 1940, Jeanne Lapointe est aussi la première diplômée aux cycles supérieurs à l’Université Laval et la premières femme professeure de littérature au sein de l’institution. Influente penseuse du Québec moderne, sa contribution intellectuelle, méthodologique et rédactionnelle à la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec (1961-1966), qui a donné naissance au rapport Parent, a été qualifiée de déterminante par Guy Rocher (2013) qui considère qu’elle a apporté à la Commission « l’essentielle contribution d’une attitude critique et d’une certaine philosophie radicale qu’on peut appeler de gauche. […]. Elle était dotée d’un flair particulier pour ce qui sortait des sentiers battus, du conventionnel […]. Et ce sont ces vents de changements qu’elle introduisait dans nos délibérations ». Professeure au département des littératures de l’Université Laval de 1944 à 1987, Jeanne Lapointe joue également un rôle de pionnière dans le développement des études féministes, particulièrement après sa participation à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, officieusement appelée Commission Bird (1967-1970). Pour commémorer son parcours pionnier, l’Université Laval annonce, le 8 mars 2024, que le pavillon des sciences de l’éducation portera désormais le nom de pavillon Jeanne-Lapointe.
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