Fémina, la toute première exposition consacrée à des femmes artistes professionnelles, est présentée au Musée de la province de Québec Le musée y propose des œuvres de Sylvia Daoust, Simone Dénéchaud, Suzanne Duquet, Claire Fauteux, Agnès Lefort, Georgiana Paige Pinneo et Marian Dale Scott.
Les 6 000 travailleurs et travailleuses des usines de Montmorency, Sherbrooke, Drummondville et Magog de la Dominion Textile obtiennent, après une dizaine de jours de grève, une augmentation salariale qui porte leur salaire à 80 cents l’heure pour les ouvriers et à 60 cents pour les ouvrières.
Après une grève de cinq mois, les travailleurs et les travailleuses de la laine de la Compagnie Ayers à Lachute rentrent au travail sans avoir fait de gains significatifs.
Fondation d’une école de théâtre, le Studio XV, par Jeanne Maubourg et Gérard Vléminck.
Judith Jasmin s’impose comme grand reporter et devient la première Canadienne correspondante à l’étranger. Elle est également la première femme à faire du journalisme politique. Engagée dans plusieurs causes sociales, elle s’implique activement dans la création du Mouvement laïque de la langue française avec l’objectif de promouvoir la laïcité dans les institutions politiques québécoises.
Mise en vigueur le 1er janvier, la Loi sur la citoyenneté canadienne, accorde aux femmes mariées canadiennes les pleins pouvoirs relativement à leur nationalité, autrement dit les femmes canadiennes qui épousent des non-Canadiens ne perdent plus leur citoyenneté.
Mae Leehy O’Connor, sous le nom de son mari Mrs Dennis James O’Connor, est la première femme candidate à une élection au Québec. Elle n’est cependant pas élue.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre l’égalité en droits de tous les êtres humains, est ratifiée aux Nations Unies. Le Canada figure parmi les signataires.
L’Américaine Ida Rowland est la première femme noire à obtenir un doctorat en sciences sociales de l’Université Laval. Elle est aussi l’une des seules femmes noires américaines à avoir obtenu un doctorat à cette époque. À sa retraite en tant que professeure à l’Université de l’Arkansas-Pine Bluff, elle crée une maison d’édition pour promouvoir la publication de livres sur les Afro-Américains destinés à un jeune public.
Pionnière de la haute couture au Québec, Laurette Cotnoir-Capponi ouvre une école à Montréal, où elle forme des professionnelles de la coupe, de la couture et du dessin de mode. Première école du genre au Canada, les techniques de haute couture y sont enseignées jusqu’à sa fermeture en 1989.
Présageant des thèmes de la Révolution tranquille, publication à Montréal du Refus global. Fait exceptionnel pour l’époque, regroupées autour du peintre Paul-Émile Borduas, sept jeunes femmes, Marcelle Ferron, Muriel Guilbault, Louise et Thérèse Renaud, Françoise Riopelle et Françoise Sullivan figurent parmi les quinze signataires du manifeste. Celui-ci présente un vibrant plaidoyer contre un catholicisme oppressif et tous les types de « duperies perpétrées sous le couvert du savoir » ou de la tradition. Bien que ces femmes artistes seront habitées tout au cours de leur vie, et à travers leurs différents modes d’expression, par des visées de libération sociale et artistique, le Refus global n’adresse pas la question des femmes ni celle d’un éventuel projet de transformation des rapports entre les hommes et les femmes.
Fondation du Théâtre du Rideau Vert, premier théâtre permanent au Québec, par Yvette Brind’Amour et Mercedes Palomino, artistes et femmes d’affaires.
Grève de l’Alliance des professeurs de Montréal qui réclame une révision de l’échelle salariale. Le syndicat perd son accréditation qu’il ne retrouvera qu’en 1959.
1949Association des femmes universitaires de Québec et Société des femmes universitaires de Montréal
L’Association des femmes universitaires de Québec voit le jour à Québec suite à l’initiative de Lydia Lagloire, puis à Montréal l’année suivante sous le nom de Société des femmes universitaires de Montréal (SFUM) sous la présidence de Florence Fernet-Martel, deuxième Canadienne-française a obtenir un baccalauréat ès arts en 1912.
Ellen Louks Fairclough devient députée à la Chambre des communes et dépose la même année un premier projet de loi qui exige une rémunération égale pour un travail de valeur égale dans les secteurs régis par l’administration fédérale. En 1958, elle est la première femme nommée à un poste de ministre fédéral au Canada.
Grande communicatrice et auteure prolifique, Janette Bertrand débute sa carrière comme journaliste au Petit Journal. Elle se voit confier une chronique Opinions de femmes, puis le Courrier du cœur qu’elle tient pendant 17 ans. Féministe avant la lettre, éducatrice populaire exceptionnelle, elle aborde sans censure des questions délicates comme la sexualité, la contraception, l’inceste et la violence à une période où ces sujets sont tabous. Sujets, qu’elle n’hésitera pas à revisiter dans les nombreuses émissions, dramatiques et téléséries à caractère éducatif et social écrites au fil des ans. Au cours de sa carrière, elle aura signé plus de 800 textes pour la radio et la télévision et près de 30 romans et pièces de théâtre. Janette Bertrand a reçu de nombreux prix et distinctions soulignant son engagement social et son exceptionnelle contribution à l’évolution de la société québécoise et, tout particulièrement, à la cause des femmes. Elle a notamment été la première récipiendaire du Prix du Québec Guy-Mauffette en 2011, distinction qui honore un parcours exceptionnel dans le domaine de la radio et de la télévision. En 2025, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) lui décerne un doctorat honoris causa pour avoir profondément influencé les valeurs sociales liées à la sexualité et à l’intimité au Québec par son travail exceptionnel de communication et de sensibilisation.
https://histoire des femmes.quebec/pdf/BertrandJ.pdf
Après avoir participé à la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine, Lucie-Lamoureux-Bruneau fera de l’intégration sociale des personnes vivant avec un handicap la cause de sa vie. Ayant déjà à son actif la création de plusieurs institutions pour leur venir en aide, elle fonde, une année à peine avant sa mort, une résidence pour personnes handicapées qui deviendra le Centre de réadaptation Lucie-Bruneau en 1979. En 1940, avec Elizabeth Monk et Jessie Kathleeen Fisher, Lucie Lamoureux-Bruneau est l’une des trois premières femmes élues au conseil municipal de Montréal et la première francophone.
Les Écoles supérieures d’enseignement ménager prennent le nom d’Instituts familiaux. Depuis 1941, deux années de scolarité ont été ajoutées à ces écoles qualifiées « d’Écoles de bonheur« , faisant passer la formation de 11 à 13 ans.
Le taux d’activité des femmes québécoises au sein de la main-d’œuvre active se situe à 25 %, comparativement à 85 % chez les hommes.
Thérèse Forget Casgrain est élue à la direction de la branche québécoise du CCF (Co-operative Commonwealth Federation), devenant ainsi la première femme cheffe d’un parti au Canada. Membre du CCF depuis 1946, elle est candidate à quatre élections fédérales consécutives de 1952 à 1958 pour ce parti, ainsi qu’en 1962 et 1963 en tant que candidate du NPD. Elle ne sera jamais élue.
Nouvelle initiative pour contrer l’expansion des Cercles de Fermières, des Cercles d’économie domestique voient le jour sous l’égide des évêques. L’Union catholique des femmes rurales, créée en 1957, aura le même dessein et les mêmes initiateurs. Les Cercles de Fermières connaîtront d’ailleurs une baisse de leur effectif.
Premier arrêt de travail organisé contre un employeur Canadien-français par la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC). Les employés et employées du magasin Dupuis Frères dont la plupart sont des femmes, entrent en grève le 1er mai pour obtenir la reconnaissance syndicale et des augmentations salariales. Après trois mois de grève, ponctués par de sérieux affrontements, les revendications des travailleuses et travailleurs seront rencontrées : obtention de la formule Rand, hausses salariales de plus de 4$ par semaine, semaine de 40 heure et congés payés.
Née en Lettonie et éduquée en Allemagne, Ludmilla Chiriaeff est une des pionnières de la danse professionnelle au Québec. Danseuse, chorégraphe et professeure, elle fonde à son arrivée au Québec en 1952 sa propre compagnie, « Les Ballets Chiriaeff », qui devient en 1958 la toute première compagnie de ballet professionnel au Québec, les Grands Ballets Canadiens, dont elle assure la direction artistique jusqu’en 1974. Par la suite, elle se dédie au développement d’institutions axées sur le développement de la discipline de la danse au Québec et, en particulier, à l’implantation de programmes spécialisés en danse à tous les niveaux du système public d’éducation au Québec.
Création d’un comité de condition féminine au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1960. Le Comité sera dissout en 1966 lorsque la CSN intégrera les revendications des travailleuses dans son action globale.
Elsie May Gibbons devient la première mairesse de l’histoire du Québec. Élue par acclamation par ses concitoyens de la municipalité de Portage-du-Fort le 13 mai 1953, elle occupe cette fonction sans interruption jusqu’en 1971. La contribution pionnière de cette femme à la démocratie municipale est reconnue par la Fédération québécoise des municipalités qui crée, en 2017, le prix Elsie-Gibbons pour reconnaitre l’engagement des femmes en politique municipale.
Jeanne Duval est élue à la vice-présidente de la CTCC-CSN (Confédération des travailleurs catholiques du Canada) dont elle conteste la position sur le travail des femmes et son manque d’ardeur à défendre leurs droits. De 1956 à 1962, elle occupe également le poste de septième vice-présidente de la CSN. Elle est alors la première femme — et la seule — à faire partie de l’exécutif de la CSN et joue un rôle de premier plan au sein du Comité féminin de la Centrale. En 1966, Jeanne Duval fait partie des signataires de la charte de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).
Création par Judith Jasmin et René Lévesque du premier Service des reportages du réseau français de Radio-Canada.
Marianna Beauchamp Jodoin devient la première Canadienne-française nommée au Sénat. Elle y demeurera jusqu’en 1966.
Abolition au Code civil de la règle du double standard en cas de séparation des époux. Pour obtenir une séparation, en cas d’adultère de leur mari, les femmes ne sont donc plus obligées de prouver que celui-ci « entretient » une autre femme (une concubine) au domicile conjugal, alors que dans le passé le mari pouvait obtenir une séparation pour cause d’adultère en tout temps.
Angélina Berthiaume-Du Tremblay succède à son père, Trefflé Berthiaume, comme présidente et directrice générale de La Presse En 1961, elle en quitte la direction et fonde, avec Jean-Louis Gagnon, l’ancien rédacteur en chef de La Presse et d’autres journalistes, un nouveau quotidien : Le Nouveau Journal, dont la parution malgré la qualité de son équipe journalistique, cessera à l’été 1962. À partir de ce moment, elle consacre ses énergies à la Fondation Berthiaume-Du Tremblay qu’elle avait mise sur pied l’année précédente et dont la première réalisation sera, en mai 1972, l’inauguration de 68 unités de logement pour personnes âgées à Rivière des Prairies.
La méthode de contraception sympto-thermique fait son apparition. L’association de contraception Serena, fondée à Lachine par Rita Henry-Breault (1928-2016) et son mari, en fait la promotion.
La syndicaliste Huguette Plamondon est élue présidente du Conseil du travail de Montréal. Première femme à la tête d’une importante organisation syndicale québécoise, elle est élue l’année suivante, en 1956, à la vice-présidence du tout nouveau Congrès du travail du Canada. Elle devient ainsi la première femme à occuper un poste de dirigeante syndicale à l’échelle nationale, poste qu’elle occupera pendant trente-deux ans.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1950
Source : Musée McCord, VIEW-26566
© Musée McCord, Montréal
Les restrictions concernant le droit au travail des femmes mariées sont supprimées dans la fonction publique fédérale. Les femmes ne sont plus congédiées si elles se marient ou deviennent enceintes.
Fondation du Théâtre yiddish de Montréal par Dora Wasserman, comédienne, dramaturge et metteure en scène originaire d’Ukraine. Dora Wasserman a reçu l’insigne de chevalière de l’Ordre national du Québec en 2003 pour l’ensemble de son oeuvre. Elle était compagnon de l’Ordre du Canda depuis 1993.
Thérèse Sicard est la première femme à recevoir un diplôme en génie forestier de l’Université Laval et la seule femme membre de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec jusqu’en 1968.
Ellen Louks Fairclough devient la première femme membre d’un cabinet ministériel canadien. L’année suivante, elle sera la première femme à assumer les fonctions de premier ministre par intérim du Canada du 19 au 20 février 1958.
Fondation du Théâtre international La Poudrière à Montréal par la femme de théâtre Jeanine Charbonneau Beaubien. Elle assure la direction de ce premier théâtre multiculturel jusqu’à sa fermeture en 1982.
Fondation de la Ligue des femmes du Québec par Laurette Chrétien-Sloane (1926-2009). Le collectif est, à cette époque, la seule organisation féministe vouée à la promotion et à la défense des droits des femmes.
Suppression de restrictions touchant les femmes mariées à la Loi de l’assurance-chômage, ces dernières devaient, depuis 1944, démontrer leur « attachement permanent » au marché du travail pour pouvoir bénéficier de l’assurance-chômage.
La romancière Claire Martin, née Montreuil, remporte le Prix du Cercle du livre de France pour son roman Avec ou sans amour. Elle est la première femme à recevoir ce prix. Le 8 mai 1945, c’est sa voix qui, à l’antenne de Radio-Canada, annonce que « la guerre est terminée, c’est officiel ». Son autobiographie Dans un gant de fer, publiée en 1965-1966, dans laquelle elle se remémore ses années d’enfance et de jeunesse auprès d’un père violent, est, selon Patricia Smart, le « premier ouvrage explicitement féministe en littérature québécoise ».
Les femmes accèdent à la Chambre des notaires du Québec. Louise Dumoulin devient la première femme notaire du Québec en 1958.
Louise-Marguerite-Renaude Lapointe est la première femme journaliste à être engagée au journal La Presse au reportage général. Elle en sera également la première femme éditorialiste en 1965. D’abord correspondante à Québec de 1953 à 1957 pour Time Life, Variety et au Service international de Radio-Canada, elle devient la première francophone à présider le Sénat en 1974.
D’ascendance amérindienne (Abénakise) par sa mère, la peintre et muraliste Rita Letendre compte parmi les artistes les plus importants de la peinture abstraite québécoise et canadienne. Son œuvre se distingue par son usage audacieux de la couleur, ses formes dynamiques et son engagement envers l’expérimentation artistique. Après ses études à l’École des beaux-arts de Montréal, où elle s’associe au groupe des automatistes animé par Borduas, elle gagne en 1959 le Prix de la jeune peinture et, en 1960, le prix Rodolphe-de-Repentigny. Rita Letendre a joué un rôle clé dans l’émergence et la reconnaissance de l’art abstrait au Québec et marqué la scène artistique par son style unique, évoluant au fil de sa carrière vers des formes plus géométriques et monumentales. Le Prix du Québec Paul-Émile-Borduas lui a été attribué en 2016.
Ouverture des écoles normales masculines aux jeunes femmes dans la région de Montréal.
Le gouvernement fédéral autorise la commercialisation de la pilule contraceptive. L’accès à la contraception orale jouera, malgré la réprobation de l’Église catholique, un rôle déterminant sur l’évolution des femmes québécoises.
Les autochtones obtiennent le droit de vote au fédéral. Les premiers suffrages exprimés depuis l’obtention du droit de vote le 31 juillet sont ceux des membre de la Première Nation Hiawatha en Ontario lors d’une élection partielle, le 31 octobre 1960. L’ensemble des communautés autochtones exercera ce droit pour la première fois aux élections générales de 1963, quelque soixante ans après l’adoption de l’Acte des élections fédérales.
À l’initiative de Fernande Saint-Martin et de Michelle Lasnier, directrice du Service des émissions féminines de Radio-Canada de 1966 à 1981, parution du premier numéro de la revue Châtelaine qui propose un nouveau concept de revue féminine. Grande théoricienne de l’art, Fernande Saint-Martin dirigera le Musée d’art contemporain de Montréal de 1972 à 1977 pour se consacrer par la suite à l’enseignement et à l’écriture.
Fondation de l’Association de planning des naissances de Montréal avec l’objectif premier de lutter pour les droits à l’avortement et l’accès à la contraception.
L’avocate Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme à siéger à l’Assemblée législative du Québec. Nommée ministre sans portefeuille l’année suivante, elle devient ainsi la première femme à siéger au Conseil des ministres. À titre de ministre, elle occupera plusieurs ministères dans le cours de sa carrière. Sa contribution à la défense des droits des femmes est particulièrement remarquable puisqu’elle est la marraine du projet de loi 16, Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, qui reconnaît les femmes mariées comme des personnes juridiques autonomes, et de la Loi 63, qui propose la création du Conseil du statut de la femme. On lui doit également la création de l’ITHQ, la Loi sur les biens culturels et la création des premières réserves fauniques du Québec accessibles à l’ensemble de la population. Seule femme à siéger à l’assemblée nationale pendant 12 ans, ses réalisations et son engagement pavent la voie à la participation des femmes en politique. Après sa retraite de l’Assemblée nationale en 1973, elle sera la première femme nommée juge à la Cour provinciale. Elle sera aussi la première femme à obtenir des funérailles nationales au Québec.
Soprano colorature, Colette Boky, née Giroux, obtient le Premier Prix de chant avec grande distinction du Conservatoire de musique du Québec et, l’année suivante, le Prix d’Europe 1962. Après des études à Paris, elle fait son entrée au Metropolitan Opera de New York en 1967 où elle interprétera plus de 30 premiers rôles au cours de sa carrière. Sa discographie lui vaudra plusieurs grands prix. En 1981, Colette Boky se joint au corps professoral de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle dirige, à partir de 1997, l’Atelier d’opéra. Elle est intronisée au Panthéon canadien de l’art lyrique en 1998 et, en 1986, elle est honorée par le gouvernement du Québec qui lui décerne le Prix du Québec Denise-Pelletier pour sa contribution exceptionnelle à la culture québécoises.
Premières subventions accordées aux collèges classiques pour filles, alors que ceux des garçons sont subventionnés depuis 1922.
Adoption d’une mesure qui prolonge la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.
Enseignante de philosophie au collège Basile-Moreau, Sœur Ghislaine Roquet est nommée par le gouvernement Lesage commissaire de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, mieux connue sous le nom de Commission Parent. Elle appuie notamment les recommandations du groupe de créer un ministère de l’Éducation et de déconfessionnaliser l’administration scolaire. Fidèle observatrice du milieu de l’éducation, elle occupe par la suite plusieurs responsabilités publiques. En 1970, en reconnaissance de sa contribution à la réforme de l’éducation au Québec, elle reçoit le titre de compagnon de l’Ordre du Canada.
Syndicaliste, activiste sociale, pacifiste et écrivaine féministe, Simone Monet-Chartrand joue un rôle déterminant dans la fondation de la division québécoise de La Voix des femmes, aux côtés de Thérèse Forget-Casgrain. Cet organisme pacifiste et non partisan milite contre la prolifération des armes nucléaires. En 1966, elle figure parmi les fondatrices de la Fédération des femmes du Québec. En 2023, un timbre commémoratif souligne une vie consacrée à la promotion des droits des femmes, à la cause pacifiste ainsi qu’à la défense des travailleurs et des travailleuses.
Nommée à la cour municipale de Saint-Georges, Thérèse Lemay est la première femme nommée juge au Québec.
Entre 1955 et 1961, 580 des 1600 femmes antillaises arrivées au Canada dans le cadre du premier programme d’immigration de travailleuses domestiques s’établissent à Montréal après avoir rempli l’obligation de travailler pendant un an comme domestiques avant d’obtenir leur statut d’immigrante.
Fondatrice et doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, Alice Girard est la première femme à occuper la fonction de doyenne au sein d’une faculté universitaire québécoise, poste qu’elle occupera jusqu’en 1973. Sa contribution au développement de la profession infirmière au Québec a été reconnue par l’attribution de nombreux prix et distinctions à l’échelle locale, nationale et internationale.
La Commission scolaire catholique de Montréal met fin à l’interdiction pour les femmes mariées d’exercer la profession d’institutrice.
La journaliste et écrivaine Evelyn Dumas est la première femme affectée à la couverture des activités parlementaires québécoises. Son affectation, sans être agréée officiellement, par Le Devoir à l’Assemblée nationale, à titre de courriériste parlementaire, marque un tournant dans l’histoire du journalisme au Québec. En 1977, elle sera rédactrice en chef du journal indépendantiste Le Jour. Une salle de l’Assemblée nationale a été nommée en l’honneur de cette pionnière du journalisme québécois.
Le 16 octobre, les infirmières de l’Hôpital Sainte-Justine contreviennent à la Loi des relations ouvrières et débraient illégalement. Elles revendiquent l’amélioration de leurs conditions de travail et l’application de la formule Rand. L’impact de cette grève « illégale » qui durera trente jours a été déterminant sur l’organisation du syndicalisme au sein du réseau de la santé.
Hélène Alarie est la première femme agronome du Québec en 1963. Lorsqu’elle amorce ses études à l’Université Laval en 1958, elle est la seule femme sur les deux cents étudiants en science de l’agronomie. Véritable pionnière, elle est également la première femme commissaire à la protection du territoire et l’une des premières à occuper les fonctions de sous-ministre adjointe au ministère de l’Agriculture. De 1997 à 2000, Hélène Alarie est députée du Bloc québécois. Pendant son mandat, elle marraine un projet de loi exigeant l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).
Michèle Thibodeau-Deguire est la première femme à obtenir un diplôme en génie civil de l’École polytechnique de Montréal. Elle sera déléguée générale du Québec à Boston de 1982 à 1984, première femme à occuper un poste de déléguée générale du Québec à l’étranger. En 2013, elles est nommée principale et présidente du Conseil Polytechnique Montréal.
Défiant la loi, Renée Rowan publie, dans le numéro de septembre de La revue populaire, un article sur le contrôle de la fécondation intitulé « La régulation des naissances : la joie d’avoir un enfant quand nous l’avons voulu ». Ce n’est qu’en 1968 que les articles de la loi interdisant la publicité et la vente de produits contraceptifs ou la diffusion d’informations à ce sujet seront retirés du Code criminel. Renée Rowan aura été la première femme journaliste à Montréal à la fin des années 1940 à être exclusivement attitrée à la section générale d’une grand quotidien.
Les infirmières de l’Alliance de Montréal sont les premières à obtenir un congé de maternité (non rémunéré).
Adoption au Québec d’une Loi contre la discrimination en emploi, L’application de cette loi était laissée aux tribunaux et aucun recours pour les victimes n’y était prévu, se limitant à prévoir des amendes pour les contrevenants.
Le Québec adopte la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée. À l’instigation de Claire Kirkland-Casgrain, la promulgation de la Loi 16, qui modifie les droits civils des femmes, met fin à l’incapacité juridique des femmes mariées et atténue la puissance maritale et l’autorité paternelle. La nouvelle loi donne aux femmes mariées la possibilité « d’agir sans l’autorisation de leur mari », alors que les époux sont dorénavant considérés comme des partenaires dans la direction morale et matérielle de la famille.
Le rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (mieux connu sous le nom de Rapport Parent) démocratise l’éducation, favorisant ainsi l’accès des filles aux études postsecondaires et aux professions. Il recommande les classes mixtes et la gratuité scolaire.
Mise en ondes de l’émission Femme d’aujourd’hui, diffusée à la télévision de Radio-Canada et réalisée par Michelle Lasnier. L’émission quotidienne, en ondes pendant 17 ans, présente des reportages, des enquêtes, des tables rondes et des entrevues sur des sujets d’intérêt féminin, mais en s’éloignant progressivement des sujets convenus. Aline Desjardins est à la barre de l’émission de 1966 à 1979.
L’écrivaine Marie-Claire Blais publie en 1965 le très acclamé roman Une saison dans la vie d’Emmanuel, traduit dans plus d’une dizaine d’autres langues et récompensé, entre autres, du prestigieux prix Médicis en 1965, décerné pour la première fois à une Québécoise. Plus de 2000 livres, thèses, articles, critiques et entrevues ont été rédigés sur ce roman, attestant de la stature internationale de l’auteure et de l’universalité de son propos. L’une des figures les plus importantes et prolifiques de la littérature québécoise, son œuvre se démarque par son style dense, novateur et sa capacité à explorer les profondeurs de la condition humaine ainsi que des thèmes tels que la marginalité, la pauvreté, l’identité, la sexualité, la violence et les inégalités sociales. Le Prix du Québec Anathase-David lui a été décerné en 1982 en reconnaissance de son influence profonde sur la littérature québécoise. En 2016, elle reçoit le prix Molson décerné par le Conseil des arts du Canada afin de souligner sa contribution d’exception au patrimoine culturel et intellectuel canadien.
Résultat de la fusion de l’Union catholique des femmes rurales (25 000 membres) fondée en 1944 et des Cercles d’économie domestique (10 000 membres) fondés en 1952, fondation de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale. L’AFÉAS vise l’acquisition de l’autonomie pour les femmes au moyen de l’éducation et de l’action sociale. La plus connue des actions entreprises par l’AFÉAS est sans doute celle en faveur des femmes collaboratrices de leur mari dans une entreprise lucrative.
Membre fondatrice de l’AFÉAS (l’Association féminine d’éducation et d’action sociale) dont elle assume la présidence de 1970 à 1975, Azilda Marchand est une pionnière de l’engagement social féminin. Elle joue un rôle clé dans la lutte pour la reconnaissance du travail des femmes au sein des entreprises familiales et préside à la création de l’Association des femmes collaboratrices (ADFC) qui deviendra plus tard, l’Association des collaboratrices et partenaires en affaire (ACPA).
Organisation d’un colloque de deux jours à Montréal ayant pour thème : La femme du Québec : Hier et aujourd’hui. Au terme de la rencontre, un bilan de la condition des femmes au Québec est dressé et la fondation de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) est votée à l’unanimité. La FFQ obtient sa charte comme organisation non confessionnelle et multiethnique. Réjane Colas en est la première présidente.
Rétablissement par le gouvernement fédéral de son programme d’aide financière aux services de garde dans le cadre de son Régime d’assistance publique. 70 garderies issues des milieux communautaires bénéficient de ce programme au Québec.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/lutte des garderies populaires
Après avoir manifesté à moult reprises son opposition au travail féminin dans les décennies précédentes, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC -plus tard CSN) reconnait officiellement la légitimité du travail féminin.
Première femme québécoise à réaliser un long métrage, Anne Claire Poirier avec De mère en fille pose un regard féministe et intimiste sur le rapport d’une femme enceinte à son corps, ses émotions et ses angoisses. Son film le plus connu, Mourir à tue-tête, mi-fiction, mi-documentaire, réalisé en 1979, s’attaque pour la première fois au Québec à un sujet considéré comme tabou: le viol.
Fondation du Centre de planning familial du Québec par le Dr Serge Mongeau. Le Centre fermera ses portes en 1972 à la suite d’un conflit syndical.
Création de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, mieux connue sous le nom de Commission Bird. Monique Bégin (1936-2023) en est nommée Secrétaire générale. Pour préparer sa participation, la FFQ envoie un questionnaire à 2000 femmes pour établir un bilan de la situation des femmes au Québec.
Faisant suite aux recommandations du Rapport Parent, la création des cégeps permet aux jeunes femmes d’accéder aux mêmes opportunités éducatives que les garçons, ce qui leur ouvre la voie vers l’éducation post-secondaire et la diversification professionnelle.
Journaliste et animatrice, Lizette Gervais devient la première femme à présenter un bulletin de nouvelles dans un réseau de télévision national. Par son professionnalisme, sa rigueur et son éloquence, Lizette Gervais a contribué à ouvrir la voie aux femmes dans le domaine du journalisme audiovisuel. Son passage à l’antenne a marqué un tournant dans la représentation des femmes dans les médias, encourageant de nombreuses journalistes à suivre ses traces.
Création de la première clinique de planification des naissances à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal.
Le gouvernement du Québec crée son programme d’allocations familiales pour les enfants de moins de 16 ans.
Enseignante et directrice d’école, Thérèse Baron devient la première femme à occuper un poste de haute direction dans l’administration publique au Québec à titre de sous-ministre adjointe du ministère de l’Éducation, poste qu’elle occupe jusqu’en 1980. De 1982 à 1996, elle occupe le poste de directrice de la revue l’Oratoire.
Fondation de l’Association Droits égaux pour femmes indiennes (Equal Rights for Native Women) par la militante mohawk Mary Two-Axe Early de Kahnawake.
Publication du Birth Control Handbook par Donna Cherniak et Allan Feingold du McGill Students’ Society. Ce texte féministe aura un impact important auprès des femmes désireuses d’obtenir des informations sur la régulation des naissances. En 1971, la brochure obtient le record des ventes annuelles de toutes les publications canadiennes.
Création du réseau de l’Université du Québec (UQ). Par leur inscription dans les régions, les diverses constituantes offrent à un plus grand nombre de femmes l’accès à une formation universitaire.
Infirmière et acupunctrice, Geneviève Hotte est l’initiatrice du premier syndicat de l’Association professionnelle des infirmières du Québec. À ce titre, elle joue un rôle important dans la professionnalisation des infirmières. Au cours des années 1960, elle contribue à la transformation du Syndicat professionnel des infirmières catholiques de Québec, qui devient en 1968 le Syndicat professionnel des infirmières de Québec (S.P.I.Q.), organisation syndicale plus revendicatrice et déconfessionnalisée. Sous sa présidence, un fonds de retraite pour les infirmières est établi en 1966.
Adoption par le parlement fédéral de la Loi sur le divorce qui autorise le divorce : l’adultère n’est plus dorénavant le seul motif de divorce autorisé. La Loi reconnait que la cruauté physique ou mentale est un motif suffisant pour demander et obtenir un divorce.
Création de la Maison Elizabeth House, un centre d’accueil pour les jeunes femmes anglophones enceintes.
Militante et aînée kanien’kehá:ka (mohawk), Mary Two-Axe Earley a consacré une grande partie de sa vie à lutter contre les injustices subies par les femmes marginalisées à cause de la Loi sur les Indiens. Figure de proue du mouvement de mobilisation des femmes autochtones, Mary Two-Axe Early est à l’origine du mouvement Droits égaux pour les femmes indiennes (Equal Rights for Native Women) qui résiste au « colonialisme sexuel ». Elle participe à la création de l’Association des femmes autochtones du Canada en 1971, et en 1974, à celle de l’Association des femmes autochtones du Québec, maintenant connue sous la dénomination Femmes autochtones du Québec. Elle est intronisée dans l’Ordre du Québec à titre d’Officier en 1985.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Mary-Two-Axe-Earley.pdf
Capsule vidéo « Les femmes dans l’histoire canadienne: Mary Two-Axe Earley » de Historica Canada
Les dispositions du Code civil du Québec en matière de mariage sont amendées pour reconnaitre la validité du mariage civil célébré par un officier laïc.
Par l’adoption du « Bill omnibus » (S.C. 1968-69, c. 38), le Parlement canadien décriminalise la contraception, l’avortement thérapeutique et l’homosexualité. L’adoption de ce projet de loi est déterminante sur l’évolution de la situation des femmes québécoises et canadiennes.
Clémence DesRochers écrit et présente une toute première revue musicale féministe intitulée Les Girls qui réunit autour d’elle, Louise Latraverse, Diane Dufresne, Paule Bayard (Bobinette) et Chantal Renaud. Elle y dépeint avec un humour caustique la vision traditionnelle du rôle des femmes dans la société. Figure emblématique de la culture québécoise, Clémence DesRochers reçoit, en 2005, le Prix du Québec Denise-Pelletier pour l’ensemble de son œuvre qui a profondément marqué la culture québécoise. Humoriste, actrice, chanteuse, autrice, poète et monologuiste, elle est considérée comme l’une des premières femmes à avoir popularisé le monologue au Québec. Mélangeant humour, tendresse et critique sociale, son œuvre reflète les travers de la vie quotidienne et explore des thèmes comme l’amour, la famille et la condition féminine.
Les Autochtones obtiennent le droit de vote au Québec.
Estelle Lacoursière est la première femme au Québec à obtenir une maîtrise en sciences forestières de l’Université Laval. La même année, elle se joint au corps professoral de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Sœur ursuline et écologiste engagée, sa contribution à la vulgarisation scientifique est considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire du Québec.
Dans la nuit du 29 novembre, manifestation de près de deux cents femmes organisée par le Front commun des Québécoises, pour protester contre le règlement anti-manifestation promulgué par l’administration Drapeau : 134 manifestantes seront arrêtées pour cause d’attroupement illégal et condamnées à payer des amendes.
Fondation du Front de libération des femmes du Québec (FLF) qui se définit comme regroupement autonome de prise de conscience féministe et de lutte contre le patriarcat. Le FLF mènera plusieurs batailles importantes, notamment une campagne nationale pour l’avortement libre et gratuit et la contestation de la discrimination faite aux femmes devant la justice, notamment en leur refusant le droit d’être jurée. Le FLQ disparaîtra en 1971.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/FLFQ.pdf
La nouvelle Loi de l’aide sociale est adoptée. Elle sera mise en application à partir du 1er novembre 1970. Elle met un terme à l’exigence de « bonnes mœurs » qu’exigeait la loi d’assistance aux mères nécessiteuses adoptée en 1937. Dans la foulée du Rapport Bouche, la Loi précise les notions de famille, de «chef de famille» et d’enfant à charge, ce qui constitue une modification importante notamment pour les femmes monoparentales.
Le Montreal Women’s Liberation Movement est fondé par des femmes des universités anglophones, McGill et Concordia.
https://histoire des femmes.quebec/MWL.pdf
Contrevenant à la loi, le docteur Henry Morgentaler ouvre sa première clinique d’avortement.
Implantation du Régime d’assurance maladie du Québec.
