Adoption du Règlement sur les normes de pratique et les conditions d’exercice lors d’accouchements à domicile qui permet aux femmes d’accoucher à domicile sous la supervision de sages-femmes.
Un jugement de la Cour d’appel du Québec permet le mariage entre conjoints et conjointes de même sexe.
Louise Harel devient la première présidente de l’Assemblée nationale et accède, la même année, à la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Figure majeure de la vie politique québécoise, elle occupe, entre 1981 et 2002 au sein des différents gouvernements péquistes, plusieurs postes de ministre. La constance de son engagement en faveur de la souveraineté du Québec, de la démocratie et des droits des femmes a été reconnue par l’attribution de nombreux prix et distinctions.
Francine Ruest-Jutras, mairesse de Drummondville, est la première femme élue à la présidence de l’Union des municipalités du Québec. Élue à la mairie de Drummondville en 1987, elle en occupe de poste jusqu’en 2013. Elle est nommée Chevalière de l’Ordre national du Québec en 2015
Militante et politicienne, Vivian Barbot, est la première femme d’une minorité visible à diriger un regroupement féministe québécois, la Fédération des femmes du Québec de 2001 à 2003. Elle est également la première femme d’origine haïtienne à être élue députée à la Chambre des communes du Canada en 2006, avant d’assumer, en 2011, pour une courte période, la présidence par intérim du Bloc Québécois. Une autre première pour une femme de couleur.
Attribution de la « Mention d’Honneur » du Prix Droits et Libertés de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à Femmes autochtones du Québec (FAQ) pour sa contribution à la promotion des droits et libertés de la personne au Québec.
Beverley McLachlin devient la première femme nommée juge en chef de la Cour suprême du Canada.
Détentrice d’un diplôme en droit de l’Université de Montréal et d’un doctorat d’État de l’Université de Paris, l’avocate Juanita Westmoreland-Traoré devient la première juge noire à la Chambre criminelle et pénale et à la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec. En 2001, l’Université du Québec à Montréal lui décerne un doctorat honorifique au titre de championne des droits et libertés de la personne. De 1976 à 1991, elle est professeure au Département des sciences juridiques de cette même université. En 2008 la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec lui décerne le prix Droits et Liberté.
La Cour suprême du Canada décide unanimement que le consentement à une activité sexuelle doit être volontaire et communiqué, rejetant la présomption d’un consentement implicite à une agression sexuelle. De plus, elle reconfirme les dispositions du code criminel qui limitent l’accès aux dossiers médical et psychiatrique des victimes et présumées victimes d’agression sexuelle.
La Cour fédérale d’appel confirme une décision du Tribunal canadien des droits de la personne donnant raison aux quelque 200 000 fonctionnaires fédéraux qui réclament l’équité salariale.
Adoption du projet de loi 32 par le gouvernement du Québec qui confère aux conjoints de fait de même sexe les mêmes droits et obligations que les conjoints de fait de sexe différent, devenant ainsi le premier législateur nord-américain à abolir dans ses lois toute distinction fondée sur l’orientation sexuelle.
Avocate de profession, Linda Goupil devient la première femme ministre de la Justice au Québec.
Pour la première fois dans l’histoire politique du Québec, les femmes représentent le tiers des effectifs du Conseil des Ministres lorsque Lucien Bouchard annonce la nomination de neuf d’entre elles.
Le Tribunal des droits de la personne rend un jugement concernant deux plaintes logées par l’Alliance de la fonction publique du Canada en 1984 et 1985 en matière de parité salariale. Le Tribunal ordonne au gouvernement fédéral de verser des paiements rétroactifs et des intérêts, sur une période allant jusqu’à 13 ans, aux quelque 200 000 personnes qui ont occupé ou occupent encore des postes occupés majoritairement par des femmes et jugées sous-payées par comparaison à des emplois d’égale valeur. Le jugement est porté en appel par le gouvernement.
Originaire d’Eskimo Point (Arviat), Nancy Karetak-Lindell est la première femme inuite à représenter les Territoires du Nord-Ouest au Parlement fédéral à titre de députée de la circonscription du Nunavit.
Entrée en vigueur du Projet de loi C-46 qui modifie le Code criminel pour inclure des dispositions précises (article 278.1) qui limitent l’accès aux dossiers médical et psychiatrique des victimes d’agression sexuelle.
Avocate de profession, Marlène Jennings est la première Québécoise noire élue à la Chambre des communes. Elle y représente la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine.
Dans l’arrêt Office des services à l’enfant et à la famille c. G (D.F.), la Cour suprême refuse de considérer le fœtus comme une personne, même si la dépendance de la mère à l’égard des vapeurs de la colle pouvait constituer un risque, ne reconnaissant pas à l’enfant à naître la qualité de personne juridique titulaire de droits.
L’Assemblée nationale adopte des règles de fixation des pensions alimentaires et les gouvernements canadien et québécois optent pour des mesures de défiscalisation des pensions alimentaires pour enfants.
Amendement à la Charte canadienne des droits de la personne pour interdire la discrimination relative à l’orientation sexuelle.
Le jugement rendu dans l’affaire Béliveau St-Jacques c. Fédération des employées et employés des services publics Inc. établit « la gravité du phénomène de harcèlement sexuel en milieu de travail contre les femmes » et en reconnait les conséquences néfastes pour elles.
Adoption de la Loi sur l’équité salariale par l’Assemblée nationale. Cette loi exige des entreprises de plus de dix employés de corriger les écarts de salaire entre les hommes et les femmes qui occupent des emplois de même nature.
La Cour suprême du Canada décide que l’État est en plein droit d’imposer la pension alimentaire que reçoit une ancienne conjointe pour subvenir aux besoins de ses enfants, confirmant l’obligation pour les bénéficiaires d’inclure les paiements de pensions alimentaires pour enfants dans leur revenu.
Le gouvernement fédéral abolit le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme. Une partie de ses activités est confiée à Condition féminine Canada.
Le gouvernement du Québec renouvelle sa Politique d’intervention en matière de violence conjugale.
La loi 60 adoptée par l’Assemblée nationale autorise la perception automatique des pensions alimentaires.
Signature par le Québec et le Canada du programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement des Nations Unies qui reconnait notamment les droits en matière de santé reproductive.
De nouvelles dispositions du Code civil du Québec relatives à certaines pratiques de la procréation médicalement assistée sont mises en vigueur. Les contrats de grossesse sont déclarés nuls.
Monique Gagnon-Tremblay devient la première femme ministre des Finances. Elle sera, en 1998, la première cheffe de l’opposition officielle de l’Assemblée nationale.
Diplômée en sciences politiques, Kim Campbell est la première femme à accéder à la fonction de premier ministre au Canada.
Le Canada est le premier pays qui permet aux femmes de revendiquer le statut de réfugiée lorsqu’elles craignent d’être persécutées en raison de leur sexe.
Sheila Copps est la première femme nommée vice-première ministre du Canada.
Adoption de la Politique en matière de condition féminine, Un avenir à partager. Cette politique implique notamment la mise en œuvre de plans d’action triennaux qui définissent les actions prioritaires du gouvernement pour favoriser l’autonomie économique des femmes et la valorisation de leur apport à la collectivité. Le premier programme triennal de 1993-1996 est composé de 135 engagements qui impliquent une trentaine de ministères et d’organismes.
Des amendements au Code criminel introduisent des règles touchant la référence au comportement sexuel antérieur de la plaignante et définissent la notion de consentement afin d’assurer un traitement plus équitable aux victimes d’agression sexuelle.
La Montréalaise Louise Fréchette devient la première ambassadrice canadienne aux Nations Unies puis, en 1998, la première Canadienne à occuper le poste de vice-secrétaire générale, le deuxième poste en importance aux Nations Unies.
Le projet de loi C-43 pour recriminaliser l’avortement, qui avait été adopté par la Chambre des communes en 1990, est défait par le Sénat, l’avortement devient en conséquence un droit protégé par la Charte, mais sans réglementation.
Entrée en vigueur de la Loi sur les régimes complémentaires de retraite (votée en 1989) qui constitue une refonte complète des normes législatives applicables aux régimes privés de retraite. Plusieurs des modifications apportées améliorent la sécurité économique de bon nombre de femmes.
La Loi sur les normes du travail instaure un congé parental de 34 semaines sans solde pour les parents d’un nouveau-né ou les parents adoptifs.
Léa Cousineau est la première femme nommée présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal. Noushig Eloyan lui succédera en 1994.
Audrey McLaughlin devient la première femme à la tête d’un parti politique fédéral, le Nouveau Parti Démocratique (NPD).
La Cour suprême du Canda, dans une cause portant sur le harcèlement sexuel au travail, produit une définition générale de celui-ci comme étant « une conduite de nature sexuelle non sollicitée qui a un effet défavorable sur le milieu de travail ou qui a des conséquences préjudiciables en matière d’emploi pour les victimes de harcèlement ».
Les négociations du secteur public revendiquent la reconnaissance du droit des travailleuses à un salaire égal pour un travail équivalent. Le gouvernement du Québec accepte le principe de relativité salariale pour quelque 19 000 fonctionnaires, en majorité des femmes, ce qui leur vaut des ajustements salariaux. La Coalition en faveur de l’équité salariale, mise sur pied par des centrales syndicales et des groupes de femmes, revendique également une loi proactive en matière d’équité salariale. L’obligation contractuelle imposant aux entreprises qui obtiennent des contrats ou des subventions du gouvernement du Québec d’instaurer des PAE entre en vigueur.
Adhésion des femmes collaboratrices au régime d’assurance-chômage et reconnaissance de leur statut de salariées.
L’Assemblée nationale adopte la Loi du patrimoine familial qui favorise l’égalité économique des époux. Cette loi consacre le mariage comme une association économique et prévoit, à la fin du mariage, un partage égal entre les époux des biens qui composent le patrimoine familial, indépendamment du titre de propriété.
Dans la cause impliquant le Dr Henry Morgentaler, la Cour suprême décriminalise l’avortement en invoquant la Charte canadienne des droits et libertés de la personne. Elle déclare que les conditions pour obtenir un avortement prévues à l’article 251 du Code criminel vont à l’encontre des dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés et enfreignent par conséquent le droit des femmes « à la vie, à la liberté et à la sécurité de leur personne ». Elle précise que « forcer une femme, sous la menace de sanction criminelle, à mener le fœtus à terme (…) est une ingérence profonde à l’égard de son corps ». Néanmoins, la Cour laisse la possibilité au législateur de restreindre ce droit, en vue de protéger le fœtus.
Après avoir été admises comme militaires à part entière en 1965, les femmes accèdent à tous les grades dans les Forces armées canadiennes
Jugement de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Robichaud c. Canada (Conseil du Trésor) qui établit « qu’un employeur doit créer un milieu de travail exempt de tout harcèlement ». La victime de harcèlement sexuel dans cette cause était au service du ministère de la Défense.
Dévoilement d’un jugement en matière de discrimination à l’égard des femmes. Dans l’affaire Action Travail des Femmes contre la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, le concept de discrimination systémique contre les travailleuses est élaboré et le jugement impose à une corporation de la couronne l’obligation de souscrire à un programme d’accès à l’égalité.
Evelyn O’Bomsawin devient la première femme élue au Conseil de bande abénaquis, poursuivant ainsi sa lutte pour l’amélioration des conditions de vie des autochtones au sein de sa communauté. En 2023, le Réseau Dialog lance un Prix hommage Evelyn O’Bomsawin pour souligner la trajectoire politique, sociale et communautaire des femmes autochtones dans le monde contemporain.
Fondation du National Organization of Immigrant and Visible Minority Women of Canada (Organisation nationale des femmes immigrées et des femmes appartenant à des minorités visibles) pour assurer l’équité pour les immigrantes et les femmes des minorités visibles.
Le gouvernement du Québec rend publique sa Politique en matière de violence conjugale.
Suite aux pressions exercées par le Réseau des femmes handicapées du Canada et Action des femmes handicapées (Montréal), Statistique Canada inclut pour la première fois les personnes handicapées dans le recensement.
Pour la première fois de son histoire, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal élit une femme, Nicole Boudreau, à la présidence de l’organisme.
Entrée en vigueur de la réforme de la Loi sur le divorce. L’échec du mariage est considéré comme la seule cause de divorce, éliminant ainsi l’idée de faute. Les époux peuvent demander le divorce conjointement. La loi introduit également de nouvelles règles en matière de soutien alimentaire et de garde d’enfants.
Adoption du plan d’action visant le démarrage de programmes volontaires d’accès à l’égalité au Québec.
Premier plan d’action gouvernemental en matière de condition féminine. Ce plan représente la première étape d’une planification de l’intervention gouvernementale en matière de condition féminine.
La Chambre des communes adopte la Loi sur l’équité en matière d’emploi qui oblige les sociétés d’État fédérales et les entreprises régies par le Code canadien du travail de plus de 100 salarié(e)s à mettre en œuvre l’équité en matière d’emploi.
Le 28 juin 1985, Mary Two-Axe Early voit ses efforts récompensés par la sanction royale du projet de loi C-31 qui permet aux femmes ayant perdu leur statut de le faire rétablir. Elle sera la première femme à voir ses droits restaurés en vertu de la nouvelle loi. Décédée le 21 août 1996, elle est, conformément à ses vœux, enterrée sur la réserve de Kahnawà:ke, ce qui constitue sa « dernière victoire ».
Création du Fonds d’action et d’éducation juridiques pour les femmes (Women’s Legal Education And Action Fund Foundation).
Le projet de loi C-31 modifie la Loi sur les Indiens et répare l’injustice historique faite aux femmes autochtones en permettant à celles qui ont épousé un non autochtone de recouvrer leur statut et de le transmettre à leurs enfants. Selon le Rapport de la Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones de 1996, en raison de cette loi, la population d’Indiens inscrits a augmenté de 19% entre 1985 à 1990.
Lise Bacon devient la première femme nommée vice-première ministre à l’Assemblée nationale du Québec (1985-1994).
Mise en place des premiers programmes d’accès à l’égalité dans le cadre de projets pilotes qui visent des organismes des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation, de même que des organisations municipales et certaines entreprises privées.
Amendement du Code canadien du travail pour interdire le harcèlement sexuel au travail et prévoir des recours pour les victimes.
Louise Beaudoin est la première femme nommée déléguée générale du Québec à Paris. Députée de la circonscription de Chambly pour le Parti québécois à Québec de 1994 à 2003, puis de la circonscription de Rosemont de 2008 à 2012, elle occupe au cours de sa carrière politique plusieurs postes ministériels au sein des gouvernements péquistes, notamment ceux des Relations internationales et de la Culture et des communications.
Adoption d’une première politique familiale par le gouvernement du Québec qui reconnait la responsabilité de l’État à l’égard des familles.
La juge Rosalie Silberman Abella est nommée commissaire de la Commission royale sur l’égalité en matière d’emploi. Elle dépose son rapport en 1984 dans lequel elle propose le concept d’« équité en matière d’emploi ».
Le projet de loi C-127 du gouvernement fédéral modifie le Code criminel en matière d’infractions sexuelles. Le caractère violent de l’agression sexuelle y est affirmé, tout comme est reconnue comme criminelle l’agression sexuelle entre conjoints.
L’avocate Bertha Wilson est la première femme à siéger à la Cour suprême du Canada. En 1988, elle participe à la décision de la Cour suprême d’abolir la loi sur l’avortement.
Modification de la Charte des droits et des libertés de la personne du Québec (LQ, 1982, c. 61) pour introduire un dispositif d’exception autorisant l’application de mesures de redressement pour permettre l’implantation des programmes d’accès à l’égalité (PAÉ).
Adoption de la Charte canadienne des droits et liberté qui garantit l’égalité des hommes et des femmes : « tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination », indépendamment des autres dispositions de la Charte. Le motif de discrimination portant sur la grossesse est nommément ajouté à l’article 10 de la Charte aux fins d’invalider la décision de la Cour suprême (arrêt Bliss) à l’effet que les distinctions basées sur la grossesse ne constituaient pas une discrimination basée sur le sexe.
Judith Erola est la première femme nommée ministre du Statut de la femme au Canada.
La Cour suprême du Canada, dans la cause de Stella Bliss (1.R.C.S. 183), déclare que les femmes ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage au cours des six premières semaines après leur accouchement, stipulant « qu’une distinction fondée sur la grossesse ne constituait pas une discrimination fondée sur le sexe » et que « toute inégalité entre les sexes dans ce domaine n’est pas créée par la législation mais par la nature ».
À la suite d’une plainte déposée en 1979 par Sandra Lovelace, une Indienne non-statuée, concernant le caractère discriminatoire de la Loi sur les Indiens qui lui a retiré son statut d’Indienne, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies déclare que le Canada enfreint l’Accord international sur les droits civiques et politiques.
Les femmes canadiennes exercent des pressions pour inclure les droits des femmes dans la Constitution canadienne. Cette lutte est l’objet de tensions intenses entre le mouvement des femmes canadien et le mouvement des femmes québécois, en raison de l’existence de postures opposées sur la question du rapatriement de la Constitution.
Une loi provinciale donne accès aux femmes à la plupart des tavernes, à l’exception de celles ayant ouverts leurs portes avant 1979. La totalité des tavernes sera accessible aux femmes à partir de 1986.
La FTQ adopte dans le cadre de son Congrès une déclaration politique sur La présence des femmes dans les syndicats.
Andrée P. Boucher devient la première cheffe d’un parti municipal au Québec, Action Sainte-Foy.
La Cour Suprême du Canada juge que Rosa Becker a droit à la moitié de l’exploitation agricole à laquelle elle a contribué avec son conjoint au cours de leur relation de 17 ans. La Cour lui accorde un montant de 68 000$ qui couvre la totalité des frais de son avocat.
Grâce aux démarches entreprises par l’AFEAS (Association féministe d’éducation et d’action sociale), le statut des femmes collaboratrices obtient une reconnaissance sociale, politique et économique. Cela constitue un jalon important dans la reconnaissance du travail invisible ou non rémunéré effectué par les femmes en tant que mères et aidantes. L’épouse qui travaille avec son mari est dorénavant reconnue comme employée de l’entreprise familiale et son salaire peut être comptabilisé comme dépense d’entreprise. S’ensuit la fondation de l’Association des femmes collaboratrices, devenue sous la présidence de Monique Lecours l’Association des collaboratrices et partenaires en affaires (ACPA).
Jeanne Sauvé devient la première présidente de la Chambre des communes.
Entrée en vigueur de la Loi sur les normes du travail sanctionnée le 22 juin 1979. Cette loi, qui remplace la Loi du salaire minimum, donne au travailleur ou à la travailleuse le droit de s’absenter deux jours sans solde à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant et prévoit également un recours pour les femmes congédiées pour cause de grossesse.
Un système de perception des pensions alimentaires est mis en place. La perception n’est cependant pas automatique. Elle ne le sera qu’en 1995.
Fondation du Parti féministe du Canada pour pallier la sous-représentation des femmes en politique, défendre leurs intérêts et corriger les injustices du système. Plus de 500 personnes assistent à l’assemblée de fondation à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario. Le parti ne présentera jamais de candidate aux élections et cesse d’exister en 1982.
Des femmes autochtones de la communauté Tobique au Nouveau-Brunswick organisent une marche de 100 milles de Kanesatake (Oka) à Ottawa pour protester contre les conditions de vie et de logement dans les réserves et dénoncer la Loi sur les Indiens qui leur fait perdre leur statut d’Amérindienne dès lors qu’elles épousent un non-Indien. Cette marche constitue un tournant dans l’histoire de la longue lutte des femmes autochtones vers l’égalité et l’autonomie.
Les femmes peuvent dorénavant s’inscrire sur les listes de nom, dont la liste électorale, en utilisant leur propre nom.
Création du poste de ministre d’État à la Condition féminine et mise sur pied du Secrétariat à la condition féminine. Lise Payette devient la première titulaire de ce ministère, ce qui lui permettra de faire avancer plusieurs dossiers liés aux droits des femmes, y compris la réforme du Code de la famille, l’amélioration des services de garde, les congés de maternité, l’égalité juridique des époux et les pensions alimentaires. Figure marquante du Québec moderne, à la fois journaliste, animatrice, écrivaine, femme politique et militante féministe, son engagement envers l’égalité des sexes et la justice sociale a exercé une influence profonde sur la société québécoise. Récipiendaire de plusieurs distinctions, elle reçoit en 2014 le Prix du Québec Guy-Mauffette pour son apport remarquable à la culture québécoise.
Maria De Koninck (1945) et Claire Denis, à titre de membres du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), sont à l’origine de la création du Comité permanent de la condition féminine du SPGQ, qui deviendra par la suite le Comité des femmes. Celui-ci jouera un rôle important dans la lutte pour l’équité salariale au Québec.
Organisée par la Coordination nationale pour l‘avortement libre et gratuit qui regroupe 26 organismes (dont le Centre de documentation féministe, le Collectif d’auto-santé, le Centre des femmes, la Clinique des jeunes, le CLSC Marigot, le Comité de lutte pour l’avortement, le Comité national de la condition féminine du Parti québécois, le Comité de la condition féminine de Saint-Léonard, l’Alliance des professeurs, la Coop des femmes, les Éditions du remue-ménage, la Ligue ouvrière révolutionnaire, le Comité de la condition féminine de la CSN, la Maison des femmes de Québec, le Groupe des femmes de Sherbrooke et un groupe de professeurs de l’Université du Québec à Montréal), un millier de femmes manifestent à Québec pour réclamer l’avortement libre et gratuit, des congés payés pour les nouvelles mères de même que des garderies gratuites.
À la suite à une vaste consultation, dépôt du rapport Pour les Québécoises : égalité et indépendance, dans lequel plus de 300 recommandations sont formulées au sujet de la condition des femmes. Le document servira durant une décennie de référence au gouvernement du Québec en matière de condition féminine.
Des militantes mettent sur pied un Comité national de la condition féminine au sein du Parti Québécois afin de favoriser l’éducation politique des femmes et de défendre leurs revendications.
Modification de la Loi sur le régime des rentes du Québec pour permettre le retrait des années de faible revenu passées auprès d’un enfant de moins de 7 ans dans le calcul des prestations.
La notion d’autorité parentale remplace celle de puissance paternelle dans le Code civil qui établissait l’autorité des pères en tant que chef de famille. Avant cette date, aucune décision concernant les enfants ne requérait la signature de la mère. Dorénavant, les époux assurent ensemble « la direction morale et matérielle de la famille, exercent l’autorité parentale et assument les tâches qui en découlent » article 394 C.c.Q.
Une enquête menée par Femmes autochtones du Québec (FAQ) révèle que 90% des femmes et des hommes qui vivent sur une réserve – ayant participé à l’enquête – se disent insatisfaits, de la Loi sur les Indiens et de ses articles discriminatoires. À la suite de cette consultation, Femmes autochtones du Québec publie un document intitulé «Réveille-toi Femme Autochtone!» et exige la révocation de l’article de la loi qui prive les femmes indiennes de leur statut lors d’un mariage avec un non-autochtone.
Militante féministe, Monique Bégin devient ministre du Revenu national du Canada et occupera, par la suite jusqu’en 1984, le poste de ministre de la Santé et du Bien-être social. On lui doit le crédit d’impôt pour enfant, qui deviendra éventuellement la prestation fiscale pour enfants.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Deputees.pdf
L’Année Internationale de la Femme est décrétée par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sous le thème, « Égalité entre l’homme et la femme, développement et paix », l’année est dédiée au développement d’actions intensives pour promouvoir les droits des femmes dans le monde. Sur ce même thème aura lieu à Mexico la première Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes. C’est dans le cadre des célébrations de cette année que le 8 mars est proclamé Journée internationale de la femme. Au Québec, l’Année internationale de la Femme donnera lieu à plusieurs manifestations sociales, politiques et culturelles. Le Conseil du statut de la femme, notamment, organise en collaboration avec le Secrétariat fédéral de l’Année internationale de la femme, une série de consultations régionales à travers tout le Québec « permettant d’identifier 14 sujets jugés prioritaires par les Québécoises ». Ces consultations sont suivies d’un forum national à Québec, Carrefour 75, qui se tient à l’Université Laval et réunit plusieurs centaines de femmes. Le Forum donne lieu à l’élaboration d’un programme d’actions « pour corriger les situations injustes ».
À l’occasion de l’Année internationale des femmes, Mary Two-Axe Earley (1911-1993) se rend à la conférence de Mexico, accompagnée de soixante autres femmes de Kahnawà:ke pour présenter un mémoire sur la discrimination envers les femmes autochtones. Pendant la conférence, elle reçoit un appel l’informant que le conseil de bande de Kahnawà:ke a émis un ordre d’expulsion contre elle et plusieurs femmes qui participent à la conférence. Sous les pressions de l’opinion publique que son intervention à la conférence déclenche, le conseil de bande sera amené à retirer son ordre d’expulsion.
Création d’Au bas de l’échelle, un organisme d’éducation populaire et de défense des droits des personnes non syndiquées.
Bertha Wilson est la première femme nommée juge à une cour d’appel au Canada (en Ontario). Elle sera également, en 1982, la première femme à être nommée à la Cour suprême du Canada. Parmi les décisions importantes de la Cour suprême auxquelles elle participe, la plus importante est sans contredit l’abolition de la loi sur l’avortement en 1988.
Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne par le gouvernement du Québec. La Charte interdit toute forme de discrimination fondée sur le sexe, dont la discrimination en emploi, et introduit le principe du «salaire égal pour un travail équivalent ». L’article 47 établit également que les époux ont les mêmes droits, obligations et responsabilités.
La sénatrice Renaude Lapointe est la première femme francophone à être nommée présidente du Sénat au Parlement.
