Gabrielle Vallée est la première femme élue bâtonnière du Barreau de Québec. En 1976, elle est aussi la première femme à accéder aux fonctions de juge en chef associée à la Cour supérieure du Canada.
La Cour Suprême du Canada refuse d’accorder à Irene Murdoch une part financière de l’exploitation agricole à laquelle elle avait contribué avec son mari pendant 25 ans. Dans les années subséquentes, l’injustice de cette décision amènera des groupes, partout à travers le Canada, et notamment l’AFÉAS au Québec, à militer en faveur des droits des femmes collaboratrices de leur mari.
Le gouvernement fédéral met sur pied le Conseil consultatif de la situation de la femme à la suite des recommandations de la Commission Bird pour favoriser la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale et démocratique du Canada.
Claire L’Heureux-Dubé est la première femme nommée juge à la Cour supérieure. Elle sera la première à être nommée à la Cour d’appel du Québec en 1979 et à la Cour Suprême du Canada en 1987. Elle est nommée Compagnon de l’Ordre du Canada en 2003.
Monique Bégin est la première Québécoise à prononcer un discours à la Chambre des communes.
Députée de la circonscription d’Ahuntsic à Montréal, Jeanne Sauvé est la première femme venant du Québec à occuper un poste ministériel au Canada.
La Loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels reconnait aux victimes le droit d’être indemnisées.
Robert Knight Andras, ministre sans portefeuille, est nommé responsable de la situation de la femme au Canada. Il faudra attendre 1986 pour qu’une femme, Jean Barbara McDougall, occupe cette fonction à titre de ministre déléguée.
Le 1er mars, sept femmes, membres du Front de libération des femmes du Québec (FLF), mènent une action choc au Palais de justice pour obtenir le droit d’occuper la fonction de jurée. Elles sont condamnées sur le champ à un ou deux mois de prison pour outrage au tribunal, mais la Loi des jurés sera modifiée le 18 juin de la même année.
Modification du Code civil, chapitre 62, pour reconnaitre certains droits à l’enfant « dit » naturel, soit né de « père inconnu. Il s’agit d’un premier jalon vers l’égalité des enfants, quelles que soient les circonstances de la naissance et la reconnaissance de la filiation maternelle.
L’adoption du projet de loi 10, plus précisément l’entrée en vigueur de la Loi concernant les régimes matrimoniaux, entraîne une réforme en profondeur des régimes matrimoniaux. La Société d’acquêts remplace le régime légal de la communauté des biens. Elle rend possible pour les époux de modifier leur régime ou leur contrat de mariage pendant le mariage et élimine les inégalités entre époux au regard de l’autorisation pour accepter une succession, une donation entre vifs ou encore la charge d’exécutrice testamentaire.
Publication du Rapport de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, mieux connu sous le nom de Rapport Bird. La Commission a reçu 468 mémoires et près de 1000 lettres en plus de commander, sous l’initiative de sa secrétaire générale, Monique Bégin, 34 études, dont près d’une dizaine sont réalisées au Québec. Le rapport contient 167 recommandations qui visent notamment le rôle des femmes dans la famille et la vie publique, tout comme l’amélioration des conditions de leur participation, et celle des mères de famille en particulier, au marché du travail.
Par l’adoption du « Bill omnibus » (S.C. 1968-69, c. 38), le Parlement canadien décriminalise la contraception, l’avortement thérapeutique et l’homosexualité. L’adoption de ce projet de loi est déterminante sur l’évolution de la situation des femmes québécoises et canadiennes.
Thérèse Lavoie-Roux est la première femme commissaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) dont elle devient la présidente l’année suivante, poste qu’elle occupe jusqu’en 1976. Élue députée libérale dans l’Acadie en 1976, elle est ministre de la Santé et des Services sociaux dans le cabinet Bourassa de décembre 1985 à octobre 1989. L’artère principale du campus MIL de l’Université de Montréal porte son nom.
La Cour supérieure du Québec accueille Réjane Laberge-Colas, une première femme qui se démarque par ses positions sociales et féministes. En 1966, elle participe à la fondation de la Fédération des femmes du Québec dont elle devient la présidente.
La nouvelle Loi de l’aide sociale est adoptée. Elle sera mise en application à partir du 1er novembre 1970. Elle met un terme à l’exigence de « bonnes mœurs » qu’exigeait la loi d’assistance aux mères nécessiteuses adoptée en 1937. Dans la foulée du Rapport Bouche, la Loi précise les notions de famille, de «chef de famille» et d’enfant à charge, ce qui constitue une modification importante notamment pour les femmes monoparentales.
Militante et aînée kanien’kehá:ka (mohawk), Mary Two-Axe Earley a consacré une grande partie de sa vie à lutter contre les injustices subies par les femmes marginalisées à cause de la Loi sur les Indiens. Figure de proue du mouvement de mobilisation des femmes autochtones, Mary Two-Axe Early est à l’origine du mouvement Droits égaux pour les femmes indiennes (Equal Rights for Native Women) qui résiste au « colonialisme sexuel ». Elle participe à la création de l’Association des femmes autochtones du Canada en 1971, et en 1974, à celle de l’Association des femmes autochtones du Québec, maintenant connue sous la dénomination Femmes autochtones du Québec. Elle est intronisée dans l’Ordre du Québec à titre d’Officier en 1985.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Mary-Two-Axe-Earley.pdf
Capsule vidéo « Les femmes dans l’histoire canadienne: Mary Two-Axe Earley » de Historica Canada
Les dispositions du Code civil du Québec en matière de mariage sont amendées pour reconnaitre la validité du mariage civil célébré par un officier laïc.
Adoption par le parlement fédéral de la Loi sur le divorce qui autorise le divorce : l’adultère n’est plus dorénavant le seul motif de divorce autorisé. La Loi reconnait que la cruauté physique ou mentale est un motif suffisant pour demander et obtenir un divorce.
Création de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, mieux connue sous le nom de Commission Bird. Monique Bégin (1936-2023) en est nommée Secrétaire générale. Pour préparer sa participation, la FFQ envoie un questionnaire à 2000 femmes pour établir un bilan de la situation des femmes au Québec.
Adoption au Québec d’une Loi contre la discrimination en emploi, L’application de cette loi était laissée aux tribunaux et aucun recours pour les victimes n’y était prévu, se limitant à prévoir des amendes pour les contrevenants.
Le Québec adopte la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée. À l’instigation de Claire Kirkland-Casgrain, la promulgation de la Loi 16, qui modifie les droits civils des femmes, met fin à l’incapacité juridique des femmes mariées et atténue la puissance maritale et l’autorité paternelle. La nouvelle loi donne aux femmes mariées la possibilité « d’agir sans l’autorisation de leur mari », alors que les époux sont dorénavant considérés comme des partenaires dans la direction morale et matérielle de la famille.
Hélène Alarie est la première femme agronome du Québec en 1963. Lorsqu’elle amorce ses études à l’Université Laval en 1958, elle est la seule femme sur les deux cents étudiants en science de l’agronomie. Véritable pionnière, elle est également la première femme commissaire à la protection du territoire et l’une des premières à occuper les fonctions de sous-ministre adjointe au ministère de l’Agriculture. De 1997 à 2000, Hélène Alarie est députée du Bloc québécois. Pendant son mandat, elle marraine un projet de loi exigeant l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).
La Commission scolaire catholique de Montréal met fin à l’interdiction pour les femmes mariées d’exercer la profession d’institutrice.
Nommée à la cour municipale de Saint-Georges, Thérèse Lemay est la première femme nommée juge au Québec.
L’avocate Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme à siéger à l’Assemblée législative du Québec. Nommée ministre sans portefeuille l’année suivante, elle devient ainsi la première femme à siéger au Conseil des ministres. À titre de ministre, elle occupera plusieurs ministères dans le cours de sa carrière. Sa contribution à la défense des droits des femmes est particulièrement remarquable puisqu’elle est la marraine du projet de loi 16, Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, qui reconnaît les femmes mariées comme des personnes juridiques autonomes, et de la Loi 63, qui propose la création du Conseil du statut de la femme. On lui doit également la création de l’ITHQ, la Loi sur les biens culturels et la création des premières réserves fauniques du Québec accessibles à l’ensemble de la population. Seule femme à siéger à l’assemblée nationale pendant 12 ans, ses réalisations et son engagement pavent la voie à la participation des femmes en politique. Après sa retraite de l’Assemblée nationale en 1973, elle sera la première femme nommée juge à la Cour provinciale. Elle sera aussi la première femme à obtenir des funérailles nationales au Québec.
Les autochtones obtiennent le droit de vote au fédéral. Les premiers suffrages exprimés depuis l’obtention du droit de vote le 31 juillet sont ceux des membre de la Première Nation Hiawatha en Ontario lors d’une élection partielle, le 31 octobre 1960. L’ensemble des communautés autochtones exercera ce droit pour la première fois aux élections générales de 1963, quelque soixante ans après l’adoption de l’Acte des élections fédérales.
Louise-Marguerite-Renaude Lapointe est la première femme journaliste à être engagée au journal La Presse au reportage général. Elle en sera également la première femme éditorialiste en 1965. D’abord correspondante à Québec de 1953 à 1957 pour Time Life, Variety et au Service international de Radio-Canada, elle devient la première francophone à présider le Sénat en 1974.
Ellen Louks Fairclough devient la première femme membre d’un cabinet ministériel canadien. L’année suivante, elle sera la première femme à assumer les fonctions de premier ministre par intérim du Canada du 19 au 20 février 1958.
Suppression de restrictions touchant les femmes mariées à la Loi de l’assurance-chômage, ces dernières devaient, depuis 1944, démontrer leur « attachement permanent » au marché du travail pour pouvoir bénéficier de l’assurance-chômage.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1950
Source : Musée McCord, VIEW-26566
© Musée McCord, Montréal
Les restrictions concernant le droit au travail des femmes mariées sont supprimées dans la fonction publique fédérale. Les femmes ne sont plus congédiées si elles se marient ou deviennent enceintes.
Elsie May Gibbons devient la première mairesse de l’histoire du Québec. Élue par acclamation par ses concitoyens de la municipalité de Portage-du-Fort le 13 mai 1953, elle occupe cette fonction sans interruption jusqu’en 1971. La contribution pionnière de cette femme à la démocratie municipale est reconnue par la Fédération québécoise des municipalités qui crée, en 2017, le prix Elsie-Gibbons pour reconnaitre l’engagement des femmes en politique municipale.
Abolition au Code civil de la règle du double standard en cas de séparation des époux. Pour obtenir une séparation, en cas d’adultère de leur mari, les femmes ne sont donc plus obligées de prouver que celui-ci « entretient » une autre femme (une concubine) au domicile conjugal, alors que dans le passé le mari pouvait obtenir une séparation pour cause d’adultère en tout temps.
Création d’un comité de condition féminine au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1960. Le Comité sera dissout en 1966 lorsque la CSN intégrera les revendications des travailleuses dans son action globale.
Marianna Beauchamp Jodoin devient la première Canadienne-française nommée au Sénat. Elle y demeurera jusqu’en 1966.
Thérèse Forget Casgrain est élue à la direction de la branche québécoise du CCF (Co-operative Commonwealth Federation), devenant ainsi la première femme cheffe d’un parti au Canada. Membre du CCF depuis 1946, elle est candidate à quatre élections fédérales consécutives de 1952 à 1958 pour ce parti, ainsi qu’en 1962 et 1963 en tant que candidate du NPD. Elle ne sera jamais élue.
Ellen Louks Fairclough devient députée à la Chambre des communes et dépose la même année un premier projet de loi qui exige une rémunération égale pour un travail de valeur égale dans les secteurs régis par l’administration fédérale. En 1958, elle est la première femme nommée à un poste de ministre fédéral au Canada.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre l’égalité en droits de tous les êtres humains, est ratifiée aux Nations Unies. Le Canada figure parmi les signataires.
Mae Leehy O’Connor, sous le nom de son mari Mrs Dennis James O’Connor, est la première femme candidate à une élection au Québec. Elle n’est cependant pas élue.
Mise en vigueur le 1er janvier, la Loi sur la citoyenneté canadienne, accorde aux femmes mariées canadiennes les pleins pouvoirs relativement à leur nationalité, autrement dit les femmes canadiennes qui épousent des non-Canadiens ne perdent plus leur citoyenneté.
Les Québécoises votent pour une première fois aux élections provinciales.
La Commission des prix et du commerce du Canada réglemente la longueur des robes et interdit l’ajout de parures inutiles pour réserver le tissu à la fabrication d’uniformes militaires.
Les femmes peuvent devenir commissaires scolaires au Québec.
Congrès de la Ligue pour les droits de la femme ayant pour titre « Le rôle de la femme dans la démocratie et ses futures responsabilités ».
Adoption le 22 juin de la Loi du salaire minimum qui s’applique à toutes personnes salariées au Québec, incluant les domestiques qui travaillent au domicile de leur employeur. En raison de l’inscription de diverses exceptions dans la loi, il existe une seule norme à laquelle, sans exception, sont assujettis tous les employeurs, soit l’obligation de remettre le salaire dans une enveloppe dédiée à cet usage.
Après 14 années d’efforts au cours desquelles des féministes se sont rendues annuellement à Québec pour l’exiger, les Québécoises obtiennent le droit de vote et le droit d’éligibilité au provincial. Le projet de loi 18 présenté par Adélard Godbout, dans la foulée de son engagement électoral, est adopté le 18 avril, à 67 voix contre 9 à l’Assemblée législative. Le projet est adopté le 25 avril par le Conseil législatif.
À l’instigation de la Ligue des droits de la femme, les femmes participent pour la première fois au congrès d’un parti politique au Québec, le Parti libéral. À ce congrès, Thérèse Forget Casgrain, alors vice-présidente du Club des femmes libérales fait inscrire à l’ordre du jour du programme électoral le droit de vote féminin qui est adopté en assemblée générale et devient une promesse électorale. En retour, elles s’engagent à œuvrer pour faire élire le parti aux élections de 1939.
Promulgation de la Loi instituant l’assistance aux mères nécessiteuses. Pour en bénéficier, les femmes doivent se plier à des démarches souvent humiliantes en fournissant notamment des garanties morales quant à leur habileté à donner à leurs enfants les soins d’une bonne mère et être mariées. Si plusieurs mères se voient ainsi exclues, cette loi représente néanmoins une avancée car elle introduit une prise en charge par l’État de responsabilités qui étaient traditionnellement assumées par des institutions religieuses (orphelinats, œuvres de bienfaisance, etc.).
Mise sur pied de la Commission royale d’enquête sur le textile aussi connue sous le nom de Commission Turgeon. La Commission rendra son rapport en 1938 et fera état des conditions de travail difficiles des ouvriers et des ouvrières des manufactures.
Entrée en vigueur de la Loi des pensions de vieillesse.
Dorothea Palmer est arrêtée et accusée en vertu du Code criminel qui interdit toute promotion et vente de matériel contraceptif. À Eastview (aujourd’hui Vanier), banlieue canadienne-française de la région d’Ottawa, l’infirmière offrait l’accès à du matériel contraceptif et une brochure d’information sur les méthodes contraceptives.
Mise en ondes de l’émission Femina qui sera animée à ses débuts par Thérèse Forget-Casgrain. L’émission proposera aux femmes des chroniques sur leurs droits et des informations sociales et culturelles.
Suite au rapport de la Commission royale d’enquête sur le système bancaire au Québec, les femmes mariées peuvent désormais ouvrir, à leur nom, un compte de banque.
Thaïs Lacoste-Frémont fait de la promotion des droits des femmes la cause de sa vie. Avec sa sœur, Marie-Gérin Lacoste-Lajoie, elle est une des figures de proue de la lutte des femmes pour l’obtention du droit de vote au Québec. En 1932, elle est la première déléguée féminine du gouvernement canadien à la 13e assemblée de la Société des Nations qui se tient à Genève. En 1947, elle dirige une commission d’étude sur le statut légal de la femme mariée dans la vie civile et politique à la suite de laquelle elle donnera une série de cours sur le sujet, à la demande du Barreau québécois et, une autre, au Cercle de l’Amicale de Jésus-Marie, à Sillery (Québec).
L’adoption de l’article 6 du « bill de Montréal » par le Conseil législatif permet aux femmes mariées sous le régime de la séparation de biens et répondant aux critères d’éligibilité, soit être propriétaires, de voter aux élections municipales.
À la suite du dépôt du rapport de la Commission d’enquête sur les droits civiques des femmes au Québec, dénommée Commission Dorion, mise sur pied en 1929, quelques modifications au Code civil sont apportées. Dorénavant, une femme mariée sous le régime de la communauté de biens peut disposer de son salaire et des biens acquis avec celui-ci. L’incapacité juridique de la femme mariée est cependant maintenue.
Originaire de Montréal, Cairine-Rhea Mackay Wilson devient la première femme à accéder au Sénat canadien. En 1949, elle est aussi la première femme à être nommée déléguée canadienne à l’Assemblée générale des Nations Unies.
Idola Saint-Jean est la première Québécoise à se présenter à des élections fédérales. Elle obtient 3000 voix dans le comté de Dorion-Saint-Denis.
Dépôt du rapport de la Commission des droits civils de la femme. Le Rapport Dorion maintient une vision traditionnelle de la place des femmes dans la société en affirmant que « plus que l’égalité, c’est le respect de la tradition qui compte ». Il propose 16 modifications au Code civil concernant le statut juridique des femmes; seules quelques modifications seront adoptées.
Obtention du droit de vote pour les Montréalaises mariées sous le régime de la communauté de biens ou de la séparation de biens qui paient des taxes municipales.
Tenue de la Commission d’enquête sur les droits civiques de la femme, aussi appelée Commission Dorion. Au nom de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, Marie Gérin-Lajoie, en compagnie de Thérèse Casgrain et d’Idola Saint-Jean, y présente des recommandations pour la refonte du Code civil. Avec l’appui de Thaïs Lacoste-Frémont, sœur de Marie Gérin-Lajoie, l’Association des femmes propriétaires réclame l’abolition de la contrainte que constitue la sujétion à l’autorisation maritale.
Le Comité provincial pour le suffrage féminin devient La Ligue des droits de la femme à l’instigation de Thérèse Casgrain.
En 1929, le Conseil privé de Londres, alors plus haute instance judiciaire du Canada, annule une décision de la Cour suprême du Canada et met fin à un long débat juridique connu sous le nom de l’Affaire personne. Il reconnaît que les femmes sont des « personnes » au sens de la loi et doivent jouir, au même titre que les hommes, de pleins droits civils. Jusqu’alors, une interprétation restrictive de la Loi constitutionnelle de 1867 excluait les femmes de cette définition, notamment en matière d’éligibilité au Sénat. La controverse remonte à 1918, lorsqu’un avocat ayant comparu devant la juge albertaine Emily Murphy avait contesté la légalité de ses jugements, soutenant qu’elle n’était pas une « personne » au sens du droit coutumier britannique. En renversant cette interprétation, le Conseil privé reconnaît officiellement le statut juridique des femmes et ouvre la voie à leur nomination au Sénat. Cette décision marque un tournant majeur dans l’évolution du droit constitutionnel canadien et constitue une avancée fondamentale dans la reconnaissance de l’égalité juridique des femmes.
Nouveau dépôt par le député libéral Victor Marchand d’un projet de loi pour l’obtention du droit de vote des femmes au Québec. Il est rejeté par 80 % des voix. Entre 1922 et 1940, il sera présenté et rejeté onze autres fois avant d’être adopté en 1940.
Figure marquante du féminisme de la première moitié du XXe siècle au Québec, notamment pour son rôle déterminant dans l’obtention du droit de vote et d’éligibilité pour les femmes québécoises, Idola Saint-Jean quitte le Comité provincial pour le suffrage féminin et fonde l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec pour mieux rejoindre les femmes de la classe ouvrière et celles des quartiers populaires. Journaliste, éducatrice et militante, tout au cours de sa vie, elle prend position dans divers éditoriaux, émissions radiophoniques et conférences en faveur des droits des femmes et critique les conditions sociopolitiques qui perpétuent la dépendance économique et l’infériorité juridique des femmes.
Thérèse Casgrain fonde la Ligue de la jeunesse féminine avec l’ambition de favoriser l’implication de jeunes filles de la « bonne société » dans des activités productives. Elle refuse d’y associer un aumônier catholique comme le prescrit l’usage des organisations de bienfaisance. La Ligue est surtout connue pour l’organisation du Bal des Petits souliers, événement mondain caritatif au cours duquel, jusqu’aux débuts des années 1960, les jeunes filles de familles aisées faisaient leur « entrée » dans le monde.
Fondation du club Wilfrid-Laurier par Marianna Beauchamp-Jodoin pour rejoindre les femmes libérales socialement actives. Marianna Beauchamp-Jodoin sera la première canadienne-française nommée au Sénat en 1953
Fondation par Irène Joly de la Ligue des femmes propriétaires de Montréal afin de lutter pour l’obtention du droit de vote pour les femmes mariées propriétaires à Montréal.
Création du Comité Provincial pour le Suffrage Féminin (CPSF) conjointement présidé par Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, et Anna Marks Lyman, présidente de la section montréalaise du National Council of Women of Canada. Sont présentes à l’assemblée de fondation Idola Saint-Jean, Lady Drummond, Carrie Matilda Derick et Thérèse Forget Casgrain en sont également membres de même que le Montreal Women’s Club et le Club libéral des femmes de Montréal. Le 2 février de la même année, 400 femmes se rendent à Québec pour réclamer le suffrage féminin. Le premier projet de loi sur le suffrage féminin est déposé, le 8 mars, à l’Assemblée législative du Québec par Henry Miles, député libéral, déclenchant des protestations virulentes de la part des représentants du clergé et un refus catégorique du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau.
Adoption de la Loi sur l’assistance publique par l’Assemblée législative.
Après avoir obtenu le droit de vote en 1919, les femmes canadiennes votent pour la première fois au fédéral et peuvent se porter candidates.
Henry Miles dépose un projet de loi pour demander l’admission des femmes à la profession d’avocate au Québec. Le projet est défait.
Adoption de la Loi du salaire minimum pour les femmes au Québec. La loi ne sera appliquée qu’à partir de 1928.
Adoption d’un décret permettant aux femmes et aux filles de travailler la nuit dans les manufactures, justifié par la pénurie de main-d’œuvre durant la guerre. Le décret sera annulé en janvier 1919.
Toutes les Canadiennes âgées de 21 ans et plus « qui possèdent les qualités qui donneraient à une personne du sexe masculin le droit de voter » obtiennent le droit de vote au fédéral, en reconnaissance de leur participation à l’effort de guerre, en vertu de la Loi ayant pour objet de conférer le droit de suffrage aux femmes, S.C., 1918, ch. 20. Après 1925, seules les Québécoises seront privées du droit de vote au provincial.
Les Canadiennes ayant un lien de parenté avec une personne servant ou ayant servi dans la marine ou les Forces armées canadiennes (épouse, veuve, mère, sœur ou fille) obtiennent le droit de vote aux élections fédérales. La même année, l’Ontario et la Colombie-Britannique accordent aux femmes le droit de voter aux élections provinciales.
L’écrivaine et militante en faveur des droits des femmes, Emily Murphy, devient la première femme juge municipale de l’Empire britannique. Elle sera, en 1928, à l’origine de l’affaire Personnes.
Modification du Code civil concernant la succession du mari : la femme devient héritière régulière pouvant partager la succession avec la famille du défunt. Loi amendant le Code civil relativement aux successions Statuts de la province de Québec, 1915, chapitre 74.
Arrestation de 223 suffragettes qui tentent de s’introduire au Parlement à Ottawa afin de manifester pour l’obtention du droit de vote des femmes.
Le Code criminel est modifié afin d’interdire l’enlèvement des femmes. Antérieurement, l’enlèvement d’une femme de plus 16 ans qui n’était pas héritière n’était pas sanctionné par la loi.
L’Association professionnelle des demoiselles de magasin, s’affilie à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, tout comme l’Association professionnelle des employées de bureau, l’Association professionnelle des employées de manufactures, l’Association des femmes d’affaires et l’Association des aides-maternelles. Ces nouvelles associations réunissent les employées des divers secteurs économiques qui emploient des femmes dans l’intention d’améliorer leurs conditions de travail et de défendre leurs intérêts. Elles bénéficient au sein de la Fédération d’un bureau de placement qui offre gratuitement ses services à leurs membres et aux employeurs.
Modification de l’article 1301 du Code civil qui donne à l’épouse la possibilité d’établir certains contrats.
Eva Circé-Côté est chargée d’établir la Bibliothèque technique de Montréal qui deviendra, en 1917, la Bibliothèque municipale dont elle sera la bibliothécaire adjointe jusqu’à sa mise à la retraite forcée en 1932. Elle fonde, en 1908, un lycée laïc pour jeunes filles qui devra fermer deux ans plus tard en raison de l’opposition du clergé. Sous divers pseudonymes, dont ceux de Colombine, Arthur Maheu, Fantasio ou encore Julien Saint-Michel, elle publie de 1916 à 1938 de très nombreuses chroniques dans une dizaine de journaux dans lesquelles, libre-penseure, progressiste et laïque, elle revendique le droit de vote pour les femmes, l’éducation obligatoire et l’amélioration des conditions de vie des travailleuses.
Amendement de la Loi de l’instruction publique pour interdire aux femmes de voter aux élections scolaires et de se présenter à un poste de commissaire. Cette loi est votée en réaction à la tentative d’un groupe de féministes de faire élire une femme au Protestant Board of School Commissioners. Les femmes devront attendre jusqu’en 1942 pour retrouver leurs droits.
La Chambre des communes rejette une pétition en faveur du suffrage des femmes présentée par la Women’s Christian Temperance Union (Ligue des femmes chrétiennes pour la tempérance).
Fondation du Montreal Local Council of Women, sous la présidence de Lady Julia Parker Drummond (1860-1942). Il s’agit de la première organisation féministe fondée au Québec qui se donne pour objectif la conquête des droits civils et politiques des femmes. Elle regroupe une majorité de femmes protestantes, mais Marie Lacoste-Gérin Lajoie, Joséphine Marchand-Dandurand, Caroline Béïque et Marie Thibaudeau en feront partie, à titre individuel, pendant un certain temps.
Fondation du Conseil national des femmes du Canada, première association féministe pan-canadienne. Elmire Jane Pangman Casault (1840-1911), en sera la première présidente au Québec.
Fondation du Montreal Women’s Club par Eliza Ann McIntosh Reid. Un des premiers groupes féministes au Canada, le Club visait à faire entendre la voix des femmes dans l’espace public et soutenir leur développement culturel, scientifique et social.
Une modification du Code municipal par le Gouvernement du Québec accorde le droit de vote aux femmes propriétaires et célibataires. En 1892, cette éligibilité est également accordée aux veuves et aux femmes célibataires locataires. Les femmes mariées demeurent toutefois exclues de cette première réforme.
Première intervention de l’État en matière de travail : adoption de l’Acte des manufactures ou Acte pour protéger la vie et la santé des personnes employées dans les manufactures. La loi interdit l’embauche de filles de moins de 14 ans et de garçons de moins de 12 ans. Elle fixe également le nombre maximum d’heures de travail par semaine à 60 pour les femmes et les enfants et à 72,5 pour les hommes.
La Loi des terres fédérales qui vise à assurer la préservation de la propriété familiale est promulguée. Calquée sur la loi américaine sur le peuplement des terres (Homestead Acts), elle accorde certaines protections aux femmes dans les régions isolées. Cette loi empêche le mari d’aliéner, sans le consentement de sa femme, les biens faisant partie du patrimoine familial, généralement constitué de la maison et d’une partie de la terre. Cependant, la loi est modifiée en 1909 et fait perdre aux femmes cette protection.
Promulgation de la loi permettant à un homme d’épouser la sœur de sa défunte épouse; les femmes demeurent privées d’un droit analogue. Les légistes de l’époque justifient ce double standard en affirmant que la sœur d’une femme décédée est souvent appelée à prendre soin des enfants de cette dernière. Il est donc considéré souhaitable que le beau-frère puisse épouser cette « seconde mère ».
Promulgation de la Loi sur les infractions contre la personne qui, en toutes circonstances, alourdit les sanctions contre l’avortement. Dans le cas d’un avortement avant le cinquième mois, la sentence est l’emprisonnement à perpétuité pour la femme et pour l’avorteuse. Une femme qui tente de s’avorter elle-même est passible de sept ans de prison.
L’article 6 de l’Acte pourvoyant à l’émancipation graduelle des Sauvages, à la meilleure administration des affaires des Sauvages et à l’extension des dispositions de l’acte trente-et-un Victoria, chapitre quarante-deux voté au Parlement du Canada confirme la préséance paternelle dans la transmission du statut d’Indien. Non seulement les Indiennes qui épousent des non-Indiens se voient-elles privées de leur statut d’Indiennes et retirer leur droit de résider au sein de la réserve, mais le même sort est dorénavant réservé à leurs enfants.
Capsule vidéo « Les femmes dans l’histoire canadienne: Mary Two-Axe Earley » produite par Historica Canada
Inspiré du Code civil français édicté par Napoléon en 1804, le Code civil du Bas-Canada confirme la déchéance légale des femmes mariées et entérine le principe de leur incapacité juridique. Celles-ci sont légalement assimilées aux enfants et aux aliénés. Le Code leur interdit d’être tutrice, de disposer de leur salaire, d’intenter une action et de se défendre en justice. Il abolit toutefois le droit de correction des hommes envers leur épouse.
Le Gouvernement du Canada définit de manière restrictive le statut d’Indien au Bas-Canada en donnant la préséance à la patrilinéarité dans la transmission du statut indien. Cette règle, qui retire à chacune des Premières Nations le droit de définir elle-même les conditions d’appartenance à sa communauté, exclut toute Indienne qui épouse un non-Indien, mais non ses enfants. Au contraire, un Indien qui épouse une non-Indienne, non seulement ne perd pas son statut, mais il le transmet à son épouse ainsi qu’à leur descendance.
Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine retirent le droit de vote aux femmes du Haut et du Bas-Canada, peu importe leur statut. Dès 1834, les parlementaires du Bas-Canada ainsi que les Patriotes, sous la gouverne de Louis-Joseph Papineau, avaient fait connaître leur intention en ce sens pour corriger, disaient-ils, une « anomalie historique ».
Il est désormais interdit à quiconque n’est pas médecin diplômé d’une université ou ne détient pas une autorisation à cet effet du gouverneur de pratiquer des accouchements dans les villes de Québec et de Montréal. Deux ans plus tard, la formation des sages-femmes tombe sous le contrôle du nouveau Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada.
À l’initiative de Marie-Louise Félix, épouse du patriote Jean-Joseph Girouard, création de l’Association des dames patriotes du comté de Deux-Montagnes.
Fondation du Club des femmes patriotes dont les réunions se tiennent rue Bonsecours. Julie Bruneau (1795-1862), l’épouse de Louis-Joseph Papineau, en est une membre assidue.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Patriotes.pdf
