Manifestation de 10 000 personnes dans les rues de Montréal pour protester contre les jugements des cours supérieure et d’appel qui reconnaissent les droits du père et du fœtus revendiqués par Jean-Guy Tremblay sur le fœtus porté par Chantal Daigle. La Cour suprême du Canada invalide le jugement de la Cour d’appel et statue qu’une tierce personne, même s’il s’agit du père présumé, ne peut s’opposer à la décision d’une femme d’avorter.
Demande de reconnaissance des sages-femmes du Québec par quatre associations de femmes : la Fédération des femmes du Québec, l’AFÉAS, le Cercle des fermières et le groupe Naissance-Renaissance.
La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) réalise une tournée de sensibilisation sur les nouvelles technologies de la reproduction à travers le Québec.
Dans la cause impliquant le Dr Henry Morgentaler, la Cour suprême décriminalise l’avortement en invoquant la Charte canadienne des droits et libertés de la personne. Elle déclare que les conditions pour obtenir un avortement prévues à l’article 251 du Code criminel vont à l’encontre des dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés et enfreignent par conséquent le droit des femmes « à la vie, à la liberté et à la sécurité de leur personne ». Elle précise que « forcer une femme, sous la menace de sanction criminelle, à mener le fœtus à terme (…) est une ingérence profonde à l’égard de son corps ». Néanmoins, la Cour laisse la possibilité au législateur de restreindre ce droit, en vue de protéger le fœtus.
Le Conseil du statut de la femme organise le Forum international sur les nouvelles technologies de la reproduction pour discuter des droits des femmes en matière de biotechnologies de la reproduction. Plus de 500 personnes assistent aux trois journées de réflexion. Sous le titre Sortir la maternité du laboratoire, les actes du Forum seront publiés à l’hiver 1988. Suite à la rencontre, le ministère de la Santé et des Services sociaux met en place un comité sur les nouvelles technologies de la reproduction.
L’organisme féministe Action des femmes handicapées (Montréal) voit le jour dans le sillage du Réseau des femmes handicapées du Canada (1985), afin d’offrir de l’entraide et du soutien aux femmes handicapées et favoriser leur autonomie.
En guise de protestation contre les positions de l’Église, le Collectif pour la liberté des femmes invite celles-ci, lors du passage du pape Jean-Paul II à Montréal, à apostasier publiquement et à refuser de cautionner les préceptes sociaux édictés par le Pape. 1 265 femmes (Le Devoir, 7 septembre 1984) signent la pétition Les femmes ne sont pas nées pour se soumettre dans laquelle elles déclarent que rien ne leur fait espérer que l’Église leur permettra de réaliser leurs aspirations ou qu’elle les reconnaitra « à part entière en toute justice » alors que 1 140 femmes rendent public leur retrait de l’Église.
Sylvie Bernier est la première Québécoise à gagner une médaille d’or aux Jeux olympiques tenus à Los Angeles.
La pratique d’avortements, sans l’approbation des Comités d’avortement thérapeutique prévue par la loi, par dix CLSC et quatre centres de santé des femmes est rendue publique dans les médias. Le gouvernement évoque une « zone grise » sur le plan juridique, pour ne pas intervenir ni intenter de poursuite.
Publication de Va te faire soigner, t’es malade, un ouvrage qui aura un impact majeur dans le milieu de la santé mentale et des services sociaux. Écrit en collaboration par l’anthropologue Louise Guyon et les psychologues Roxanne Simard et Louise Nadeau, l’ouvrage dénonce la façon dont le système de santé perçoit les femmes en tant qu’être naturellement malades et les traite en conséquence.
Pionnière du droit à l’avortement, la docteure Jeanne Saint-Amour (1949-2018), alors associée au CLSC du Marigot, pratique en mars 1981 un premier avortement au Centre de santé des femmes de Montréal, malgré le refus du ministre Lazure d’autoriser les CLSC à offrir des services d’avortement.
Les évêques du Québec tiennent une conférence de presse. Ils y dénoncent l’avortement comme un meurtre et lancent un « appel à la vie », condamnant toute pratique gouvernementale susceptible de faciliter l’accès à l’avortement ainsi que tout discours féministe qui associe avortement et libération des femmes. Immédiatement, le collectif des femmes chrétiennes, L’autre Parole, organise une réplique pour signifier son opposition à la position de l’épiscopat et signe avec la Coordination pour l’avortement libre et gratuit et le Centre de santé des femmes du quartier, le collectif, la revue La Vie en Rose et la Fédération du Québec pour le planning des naissances, une déclaration commune, La vie des femmes n’est pas un principe, publiée dans Le Devoir, vendredi le 11 décembre.
La Loi sur la santé et la sécurité au travail accorde à la travailleuse enceinte ou qui allaite le droit d’être affectée à d’autres tâches si ses conditions de travail sont jugées dangereuses pour sa santé ou celle de son enfant. En dernier recours, elle peut bénéficier d’un retrait du milieu de travail, avec compensation de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
Entrée en vigueur de la loi 89 qui constitue une étape décisive dans la révision du Code civil et la réforme du droit de la famille. La loi établit l’égalité totale des époux dans la gestion des biens de la famille et pour l’éducation des enfants : « les époux ont, en mariage, les mêmes droits et les mêmes obligations ». Les femmes gardent leur nom au mariage, peuvent choisir leur lieu de résidence, sont conjointement responsables des dettes durant le mariage. La loi permet dorénavant la transmission du nom de la mère aux enfants. La notion d’enfant illégitime – qui signifiait, en somme, « ne pas avoir de père connu » – est également abolie.
Née à Port-au-Prince en Haïti, Yvette Bonny s’installe à Montréal au terme de ses études médicales. Pédiatre-hématologue, elle pratique à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à partir de 1970 et enseigne la clinique à l’Université de Montréal à partir de 1972. Le 2 avril 1980, elle réalise la première greffe de moelle osseuse chez un enfant, une fillette de treize ans. C’est une première au Québec. De 1980 à 1998, Yvette Bonny est responsable de l’unité provinciale de transplantation médullaire pédiatrique de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et réalise toutes les greffes de moelle osseuse des enfants québécois. Sa contribution exceptionnelle est reconnue par de très nombreux prix et distinctions.
L’Association de la santé publique du Québec (ASPQ), en collaboration avec le ministère des Affaires sociales (MAS), organise une série de colloques sur le thème « Accoucher ou se faire accoucher ». Ce sera l’occasion pour plus de 10 000 personnes de toutes les régions du Québec de s’interroger sur le pouvoir médical sur le corps des femmes, la médicalisation de la grossesse et de l’accouchement.
Publication aux éditions du remue-ménage des résultats d’une enquête menée par la Coordination nationale pour l’avortement libre et gratuit : L’avortement: résistance tranquille des pouvoirs hospitaliers.
Mise sur pied des Centres de santé des femmes de Québec, de l’Estrie, de l’Outaouais et de la Mauricie entre 1978 et 1980.
Organisée par la Coordination nationale pour l‘avortement libre et gratuit qui regroupe 26 organismes (dont le Centre de documentation féministe, le Collectif d’auto-santé, le Centre des femmes, la Clinique des jeunes, le CLSC Marigot, le Comité de lutte pour l’avortement, le Comité national de la condition féminine du Parti québécois, le Comité de la condition féminine de Saint-Léonard, l’Alliance des professeurs, la Coop des femmes, les Éditions du remue-ménage, la Ligue ouvrière révolutionnaire, le Comité de la condition féminine de la CSN, la Maison des femmes de Québec, le Groupe des femmes de Sherbrooke et un groupe de professeurs de l’Université du Québec à Montréal), un millier de femmes manifestent à Québec pour réclamer l’avortement libre et gratuit, des congés payés pour les nouvelles mères de même que des garderies gratuites.
Dépôt du rapport du Comité sur l’application des dispositions législatives sur l’avortement (Comité Badgley) en janvier. Le rapport conclut que « le recours prévu par la Loi sur l’avortement n’est pas appliqué de façon équitable à travers le Canada ». Cette constatation reposait en grande partie sur le fait que l’intention de la loi n’était ni précise ni généralement acceptée, bien que les procédures énoncées dans la loi fussent précises. La controverse sur l’avortement n’avait pas été résolue; elle s’était plutôt, dans une certaine mesure, déplacée depuis le droit pénal vers les collectivités locales et la médecine.
Fondation de l’organisme de sensibilisation et d’information sur la périnatalité, NaissanceRenaissance. L’organisme sera dissolu l’année suivante, puis renaîtra en 1980.
Le ministre québécois Denis Lazure, introduit une nouvelle politique en matière de planification familiale qui dote les centres hospitaliers de cliniques de planification des naissances, familièrement appelées les «cliniques Lazure », dont 21 d’entre elles offrent des services d’avortement encadrés par des comités d’avortement thérapeutique.
À l’initiative du Comité de lutte pour l’avortement libre et gratuit (CLALG), plus de 20 groupes de femmes s’associent pour déposer, le 8 mars, auprès du gouvernement québécois un manifeste intitulé: Nous aurons les enfants que nous voulons. Ce dépôt sera suivi, le 2 avril, d’une manifestation pour l’avortement libre et gratuit qui réunit, à Montréal, plus de 2 000 personnes.
Le docteur Henry Morgentaler est libéré des accusations portées contre lui et le gouvernement québécois décide d’abandonner toute autre poursuite contre des médecins pratiquant des avortements hors des centres hospitaliers agréés.
Grâce aux pressions exercées par la Fédération québécoise pour le planning des naissances et différents groupes de femmes, le gouvernement s’engage à financer la mise sur pied de services de planning familial dans les CLSC.
Ouverture du Centre de santé des femmes du Plateau-Mont-Royal.
Le premier Comité de lutte pour l’avortement et la contraception libres et gratuits, formé de représentantes de la CEQ, de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) et du Centre des femmes, publie le manifeste Nous aurons les enfants que nous voulons, puis en 1975 un Dossier spécial sur l’avortement et la contraception libre et gratuit : On est de 10,000 à 25,000 à avorter chaque année.
Création de l’Association canadienne pour l’abrogation de la loi sur l’avortement Canadian Association for the Repeal of the Abortion Law qui deviendra la Canadian Abortion Rights Action League en 1980.
Après avoir été acquitté par un tribunal de première instance et sans qu’il y ait eu ordonnance d’un nouveau procès, la Cour d’appel du Québec renverse unanimement le verdict de non-culpabilité du Dr Henry Morgentaler pour pratique illégale d’avortements et le condamne à 18 mois d’emprisonnement. Le jugement de culpabilité est maintenu par la Cour suprême en 1975. Le docteur Morgentaler purgera 10 mois de sa peine à la prison de Bordeaux avant d’être acquitté lors de deux autres procès en 1975 et 1976. Les procès du Dr Morgentaler seront l’occasion d’un ralliement des groupes féministes dans leur lutte pour obtenir la pleine autonomie juridique des femmes sur les questions relatives à leur corps.
Fondation à Québec de l’organisme SOS grossesse, un service d’écoute, d’accueil et d’information, neutre et anonyme, pour les femmes et les adolescentes qui vivent une situation liée à la grossesse ou à l’avortement. Mary Schaefer Lamontagne, première femme à recevoir un diplôme de baccalauréat ès sciences de l’Université Laval en 1948, participe à sa fondation.
Fondation de Grossesse-Secours par Suzanne Parenteau (1934-2020),
Fondation du Théâtre des Cuisines par six militantes féministes dont Solange Collin, Carole Fréchette et Véronique O’Leary. Le collectif regroupe des militantes féministes, des travailleuses, des chômeuses et quelques comédiennes. Nous aurons les enfants que nous voulons, sa première création collective sera jouée le 8 mars 1974 devant 3000 personnes à Montréal, rompant le silence longtemps entretenu sur la question de l’avortement.
La Fédération du Québec pour le planning des naissances organise un congrès à Québec en septembre afin de rassembler les groupes qui travaillent dans le domaine et de mieux identifier leurs besoins.
Création de la Fédération québécoise du planning des naissances (FQPN).
Adoption de la Politique québécoise en matière de planification des naissances.
Le Centre de planning familial du Québec publie un manifeste 100 femmes devant l’avortement.
À l’occasion du 8 mars, le Front de libération des femmes du Québec (FLF) lance une campagne nationale en faveur du droit à l’avortement libre et gratuit.
Le Front de libération des femmes du Québec publie une traduction du Birth Control Handbook publié en 1968 par des étudiantes de l’Université McGill, à plus de 50 000 copies, sous le titre Pour un contrôle des naissances.
Le docteur Henri Morgentaler est arrêté pour la première fois et accusé d’avoir pratiqué un avortement illégal. Son procès ne débutera qu’en 1973, après avoir volontairement déclaré qu’il avait pratiqué plus de 5000 avortements illégaux. Lors de ce premier procès, il sera acquitté en plaidant non coupable pour « défense de nécessité », c’est-à-dire après avoir plaidé que les actes dits criminels qu’il avait commis avaient pour but de protéger « autrui » d’un danger imminent.
Implantation du Régime d’assurance maladie du Québec.
Contrevenant à la loi, le docteur Henry Morgentaler ouvre sa première clinique d’avortement.
Publication du Birth Control Handbook par Donna Cherniak et Allan Feingold du McGill Students’ Society. Ce texte féministe aura un impact important auprès des femmes désireuses d’obtenir des informations sur la régulation des naissances. En 1971, la brochure obtient le record des ventes annuelles de toutes les publications canadiennes.
Fondation du Centre de planning familial du Québec par le Dr Serge Mongeau. Le Centre fermera ses portes en 1972 à la suite d’un conflit syndical.
Création de la première clinique de planification des naissances à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal.
Les infirmières de l’Alliance de Montréal sont les premières à obtenir un congé de maternité (non rémunéré).
Défiant la loi, Renée Rowan publie, dans le numéro de septembre de La revue populaire, un article sur le contrôle de la fécondation intitulé « La régulation des naissances : la joie d’avoir un enfant quand nous l’avons voulu ». Ce n’est qu’en 1968 que les articles de la loi interdisant la publicité et la vente de produits contraceptifs ou la diffusion d’informations à ce sujet seront retirés du Code criminel. Renée Rowan aura été la première femme journaliste à Montréal à la fin des années 1940 à être exclusivement attitrée à la section générale d’une grand quotidien.
Fondation de l’Association de planning des naissances de Montréal avec l’objectif premier de lutter pour les droits à l’avortement et l’accès à la contraception.
Le gouvernement fédéral autorise la commercialisation de la pilule contraceptive. L’accès à la contraception orale jouera, malgré la réprobation de l’Église catholique, un rôle déterminant sur l’évolution des femmes québécoises.
La méthode de contraception sympto-thermique fait son apparition. L’association de contraception Serena, fondée à Lachine par Rita Henry-Breault (1928-2016) et son mari, en fait la promotion.
Après avoir participé à la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine, Lucie-Lamoureux-Bruneau fera de l’intégration sociale des personnes vivant avec un handicap la cause de sa vie. Ayant déjà à son actif la création de plusieurs institutions pour leur venir en aide, elle fonde, une année à peine avant sa mort, une résidence pour personnes handicapées qui deviendra le Centre de réadaptation Lucie-Bruneau en 1979. En 1940, avec Elizabeth Monk et Jessie Kathleeen Fisher, Lucie Lamoureux-Bruneau est l’une des trois premières femmes élues au conseil municipal de Montréal et la première francophone.
Fondation de l’Alliance des infirmières de Montréal.
L’athlète québécoise Gabrielle Pleau remporte des compétitions nationales et nord-américaines dans plusieurs disciplines dont le championnat canadien de ski alpin.
Pour faire face aux difficultés financières rencontrées par le Sanatorium Prévost, l’infirmière Charlotte Tassé, qui travaille au sein de l’établissement depuis sa fondation, et sa consœur, Bernadette Lépine, font l’acquisition de l’établissement. Elles le transforment en corporation à but non lucratif afin d’en accroître l’accessibilité et d’en faire un centre neuropsychiatrique d’importance. En ouvrant en 1950 la toute première école de gardes-malades auxiliaires du Québec au sein du sanatorium, Charlotte Tassé crée de toute pièce la profession des gardes-malades auxiliaires. Cette première initiative est suivie en 1953 par le développement d’un cours de perfectionnement en nursing psychiatrique pour les infirmières professionnelles. Ce cours est reconnu par l’Université de Montréal.
Dorothea Palmer est arrêtée et accusée en vertu du Code criminel qui interdit toute promotion et vente de matériel contraceptif. À Eastview (aujourd’hui Vanier), banlieue canadienne-française de la région d’Ottawa, l’infirmière offrait l’accès à du matériel contraceptif et une brochure d’information sur les méthodes contraceptives.
Création de l’Institut Marguerite d’Youville, école supérieure pour infirmières, par les Sœurs Grises. L’école offre un programme de baccalauréat en nursing pour les infirmières diplômées et est officiellement affiliée à l’Université de Montréal en 1936.
Pour la première fois, les femmes sont admises aux Jeux olympiques d’été. Des athlètes canadiennes participent aux épreuves d’athlétisme. Les sept Canadiennes de la délégation, six sprinteuses et une nageuse, récoltent 4 médailles dont 2 d’or, une d’argent et une autre de bronze.
Création de l’Association des garde-malades catholiques licenciées de la province de Québec par les Sœurs de la Charité.
Admission d’une première femme, Marthe Pelland, à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Elle recevra son diplôme en 1930 et termine en tête de sa promotion avec la mention Très grande distinction, seule mention Summa cum laude accordée aux diplômés de sa promotion. Spécialisée en neurologie, elle est l’une des premières Québécoises francophones à opter pour un autre domaine que la pédiatrie.
Pionnière de la formation universitaire en nursing et sœur de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal, Mathilde Toupin-Fafard devient la directrice des premiers cours d’enseignement supérieur en français pour garde-malades inaugurés à l’Université de Montréal. Ces cours sont à l’origine de la fondation en 1934 de l’Institut Marguerite d’Youville, première école francophone à offrir un programme d’études supérieures en sciences infirmières.
Fondation de l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec par Irma Levasseur et deux de ses collègues.
La Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill ouvre ses portes aux femmes. Florence Johnston est la première étudiante admise. Elle obtient son diplôme en 1926. Après avoir exercé la médecine dentaire générale pendant plusieurs années, elle se spécialisera en médecine dentaire pédiatrique.
Ouverture de la première école d’enseignement supérieur de sciences infirmières à Montréal par l’Université McGill.
La Faculté de médecine de l’Université McGill ouvre ses portes aux femmes. Une des cinq premières diplômées de la Faculté, Jessie Boyd Scriver, termine deuxième au classement général de la promotion de 1922 et remporte la médaille d’or Wood pour l’excellence en médecine clinique. Première femme pédiatre à Montréal, elle est aussi la première femme à accéder à la présidence de la Société canadienne de pédiatrie en 1952.
Création de l’Association des garde-malades enregistrées de la province de Québec (AGMEPQ). Cette association deviendra l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) en 1973.
Fondation de la Ligue des dames de l’Est qui regroupe les meilleures patineuses de Montréal. La Ligue connaît un succès commercial sans précédent, largement dû aux difficultés que rencontrent les clubs de hockey masculins durement touchés par l’absence de plusieurs de leurs joueurs et partisans en raison de la Grande Guerre. La Québécoise Agnès Vautier s’illustre tout particulièrement comme joueuse étoile de la meilleure équipe de hockey féminin de l’époque, le Western de Montréal. Elle est considérée comme la meilleure joueuse de hockey québécoise de la décennie 1910. Mené par elle, le Western remporte les championnats de 1916, 1917 et 1918, mais disparaît comme la plupart des équipes féminines avec la fin de la guerre et la dissolution de la Ligue en 1920.
Fondation de l’Association québécoise de la Goutte de lait par Frances Mathilde Barnard-Tessier afin de promouvoir l’éducation à l’hygiène et à l’alimentation pour lutter contre le taux élevé de mortalité infantile.
Création de l’Assistance maternelle par Caroline Leclerc-Hamilton dont l’objectif est de combattre la pauvreté des jeunes familles et la mortalité infantile. Caroline Leclerc-Hamilton a également fondé à Montréal la première goutte de lait francophone en 1901 et participé à la création, en 1907, de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.
Pionnière de la chirurgie cardiaque moderne, Maude Abbott obtient son diplôme de médecine de l’Université Bishop en 1894. Elle est l’une des premières femmes diplômées en médecine au Québec. Après un séjour de perfectionnement en Europe, elle occupe à partir de l’été 1898 le poste de curatrice adjointe du musée de médecine de McGill, avant d’en devenir la curatrice en 1901. À ce titre, elle innove en faisant appel au musée pour l’enseignement de la pathologie. En reconnaissance des travaux exceptionnels et internationalement connus qu’elle mène au sein du musée, l’Université McGill lui décerne en 1910 un doctorat honoris causa en médecine et lui octroie un poste de maître de conférences en pathologie, alors que la faculté de médecine n’accepte pas encore les femmes, Ce n’est qu’en 1925 qu’elle sera promue professeure adjointe. Elle est la première femme à enseigner la médecine à Montréal et sera l’auteure de plusieurs articles sur la pathologie ainsi que sur l’histoire de la médecine.
Ouverture des premières Gouttes de lait à Montréal dans différents quartiers de la ville pour favoriser l’éducation à l’hygiène et freiner le taux élevé de mortalité infantile.
Pendant près de quarante ans, plus d’une centaine d’infirmières spécialisées en hygiène publique, mieux connues sous le nom de gardes de la Métropolitaine (1909-1953), du nom de la compagnie d’assurance vie qui les embauchait pour réduire le taux de mortalité chez ses assuré·e·s, sillonnent le Québec, plus particulièrement les rues de Montréal, et dispensent gratuitement des soins à domicile à la clientèle ouvrière de la Compagnie.
L’Association canadienne nationale des infirmières diplômée, la Canadian National Association of Trained Nurses est créée, sous l’égide de Mary Agnes Snively, infirmière en chef du Toronto General Hospital, par les représentantes de 16 associations d’infirmières avec l’intention d’obtenir un statut professionnel et d’améliorer les programmes de formation.
Pour contrer la mortalité infantile qui représente un véritable fléau à l’époque, Justine Lacoste-Beaubien, inspirée et appuyée par Irma Levasseur, fonde l’Hôpital Sainte-Justine dont elle sera la présidente du conseil d’administration pendant près de 60 ans. Les premiers locaux de l’hôpital seront installés dans une maison privée de la rue Saint-Denis. Incorporé en 1908, l’hôpital occupe son site actuel depuis 1957. Pour être en mesure de gérer efficacement l’hôpital, elle doit demander à l’Assemblée nationale que les femmes mariées, membres du comité de l’hôpital, soient relevées de leur incapacité juridique.
Une première Gouttes de lait est fondée à Québec à l’initiative des Sœurs du Bon-Pasteur et du Dr René Fortier, premier professeur de pédiatrie à la Faculté de médecine de l’Université Laval. L’organisme distribue du lait de vache salubre et prodigue des conseils aux nouvelles mères concernant l’allaitement maternel et l’allaitement artificiel pour prévenir les maladies et la mortalité infantiles.
Adeline Ashini est née à Moisie (aujourd’hui un secteur de Sept-Îles, sur la Côte-Nord). Sage-femme innue, elle aidait les femmes à accoucher sur le territoire ancestral, souvent dans des camps ou en forêt. Reconnue par les familles uashaunnuats, elle est aujourd’hui considérée comme une figure importante de la mémoire communautaire innue de la Côte-Nord. Elle a contribué à la transmission des us et coutumes de sa nation, notamment autour de la grossesse, de l’accouchement et du rôle de la famille élargie, au sein des communautés de Uashat (Grande Baie) et Mani‑Utenam.
Diplômée de l’Université Saint-Paul au Minnesota, Irma Levasseur obtient, grâce à un projet de loi privé, son admission au Collège des médecins et chirurgiens du Québec. Première femme à pratiquer la médecine au Québec, après des études de perfectionnement à Paris, elle se consacre à la pédiatrie qui n’est pas alors une spécialisation reconnue au Québec. Elle est à l’origine de la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal en 1908 et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec en 1923.
Diplômée du Collège des dentistes du Québec, Emma Gaudreau Casgrain est considérée comme la première femme à exercer la profession de dentiste au Canada.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1894
Source : Musée McCord, II-105877
© Musée McCord, Montréal
Une première école d’infirmière francophone laïque est fondée par Élodie Mailloux des Sœurs de la Charité (Sœurs grises) à l’Hôpital Notre Dame de Montréal. Grâce à cette école, qui accueille ses premières étudiantes l’année suivante, les Sœurs Grises amorcent la professionnalisation des soins infirmiers.
Fondation par Lady Aberdeen du Victorian Order of Nurses de Montréal qui offre des soins à domicile et communautaires pour les personnes en situation de précarité ou n’ayant pas accès à des établissements de santé.
Fondation de l’hôpital des Incurables qui deviendra l’Hôpital du Sacré-Cœur par Georgiane et Léontine Généreux et Aglaée Laberge.
Mme E.A. Whitehead fonde le Ladies Montreal Curling Club, le premier club de curling féminin au monde. À l’époque, ses membres louaient la glace du Montreal Curling Club, alors exclusivement masculin. En 1924, ce dernier reçoit un mandat royal et devient le Royal Montreal Curling Club. Pour refléter ce changement, le club féminin adopte le nom de Ladies Branch of the Royal Montreal Curling Club, tout en conservant son autonomie administrative.
La distribution d’information sur la régulation des naissances et la vente de produits contraceptifs ou abortifs deviennent illégales et passibles de deux ans d’emprisonnement, jusqu’à la réforme du Code criminel de 1969. « Est coupable d’un acte criminel et passible de deux ans d’emprisonnement celui qui (…) offre en vente, annonce pour les vendre ou en disposer, quelque médecine, drogue ou article destiné ou représenté comme servant à prévenir la conception ou à causer l’avortement ou une fausse couche, ou publie une annonce de cette médecine drogue ou article. » [63-64 V. c 46 art. 3].
Octavia Grace Ritchie est la première femme à recevoir un diplôme de l’École de médecine du Collège Bishop de Lennoxville. Avec Maude Abbott, également étudiante à l’École de médecine de Bishop, elle crée l’Association for the Professional Education of Women, pour militer en faveur de l’accès des femmes aux études universitaires.
L’École de médecine du Collège Bishop de Montréal ouvre ses portes aux étudiantes. Dix femmes y termineront leurs études avant la fusion de cette école avec celle de McGill en 1905. Cette fusion éliminera la possibilité pour les femmes de faire des études de médecine au Québec jusqu’en 1918.
Ouverture d’une première école d’infirmières par Gertrude Elizabeth (Nora) Livingston, garde-malade diplômée de la Training School for Nurses du New York Hospital et administratrice de l’hôpital Montreal General Hospital. En insistant pour distinguer le travail infirmier des tâches domestiques et en réorganisant progressivement le travail des infirmières, Gertrude Elizabeth Livingston a joué un rôle déterminant dans la professionnalisation du métier d’infirmière.
Cycliste, pédestrienne (marcheuse athlétique d’endurance) et femme forte, Louise Armaindo, née Brisebois, s’illustre dans les années 1880 comme la cycliste dominant son époque. Nommée « Lady Bicyclist of the World », l’athlète originaire de Sainte-Anne-de-Bellevue devient l’une des toutes premières athlètes professionnelles du Canada.
Tenue à Montréal du premier tournoi de tennis féminin au Canada.
L’histoire d’Emily F. De Witt est intimement liée à celle du Dispensaire diététique de Montréal (DDM), organisme qu’elle fonde en 1879 pour venir en aide aux personnes pauvres ou malades qui souffrent de carences alimentaires ou de malnutrition. Elle en demeure l’âme dirigeante pendant près de trente-cinq années, durant lesquelles le territoire desservi par le Dispensaire s’élargit et offre des services de plus en plus diversifiés.
Au recensement de 1871, une quarantaine de femmes sont inscrites à titre de sages-femmes. Toutefois, il est estimé qu’elles étaient beaucoup plus nombreuses à l’époque. À partir de 1891, elles ne sont plus mentionnées dans les recensements, ce qui présage le déclin du métier de sage-femme au bénéfice des médecins-accoucheurs.
Promulgation de la Loi sur les infractions contre la personne qui, en toutes circonstances, alourdit les sanctions contre l’avortement. Dans le cas d’un avortement avant le cinquième mois, la sentence est l’emprisonnement à perpétuité pour la femme et pour l’avorteuse. Une femme qui tente de s’avorter elle-même est passible de sept ans de prison.
Née à La Pocatière, Marie-Louise Sirois-Cloutier est considérée comme la femme la plus forte du monde, à une époque où la mode est aux hommes « forts » et à la célébration de leurs exploits, et où médecins et clergé condamnent la pratique de sports dits « virils » pour les femmes. Marie-Louise Sirois-Cloutier accumule de nombreux records au cours de sa carrière.
Après plus d’une vingtaine d’années d’existence, le Ladies’ Prince of Wales Club of Montreal ouvre ses portes aux femmes de la bourgeoisie anglophone de Montréal qui a adopté la pratique de la raquette comme divertissement.
Fondation à Montréal du premier club sportif pour dames au Canada : le Montreal Ladies Archery Club.
Marie Métivier fonde le premier refuge pour femmes enceintes non mariées de la ville de Québec, l’Hospice Saint-Joseph de la maternité de Québec.
Ca 1864
Restauration : Micheline Lecler
© Archives des Sœurs de Miséricorde
Avec une largeur de vue peu commune pour l’époque, Rosalie Cadron-Jetté ouvre l’hospice Sainte-Pélagie à Montréal pour accueillir les célibataires enceintes sans ressources. En 1848, elle fonde la communauté des Sœurs de Miséricorde qui continue son œuvre sous le nom de l’Institut des sœurs de Miséricorde. Pour venir en aide, en toute discrétion, à celles que l’on appelait « filles mères », Rosalie Cadron-Jetté et sept religieuses de sa jeune Communauté obtiennent leur certificat de compétence pour pratiquer comme sage-femme en 1849.
Il est désormais interdit à quiconque n’est pas médecin diplômé d’une université ou ne détient pas une autorisation à cet effet du gouverneur de pratiquer des accouchements dans les villes de Québec et de Montréal. Deux ans plus tard, la formation des sages-femmes tombe sous le contrôle du nouveau Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada.
La Female Compassionate Society, une des premières sociétés de bienfaisance laïque, est organisée par des dames de la bourgeoisie de Québec « afin d’assister lors de l’accouchement les épouses légitimes, protestantes ou catholiques ».
Les pays du Commonwealth promulguent une première loi contre l’avortement. Celui-ci constitue une offense mineure avant le cinquième mois de la grossesse; après ce délai, la peine capitale s’applique pour la femme et pour l’avorteuse.
Marguerite d’Youville (Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais) fonde la Congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal. Il s’agit de la première communauté religieuse fondée par une Canadienne. Connues sous le nom des Sœurs Grises, les religieuses prennent en charge l’administration de l’Hôpital Général de Montréal et s’occupent des personnes âgées, pauvres, malades, infirmes, orphelines, mères célibataires et « aliénées ». Les Sœurs de la Charité s’établiront à Québec en 1849. En 1990, Marie-Marguerite d’Youville est canonisée par le pape Jean-Paul II. Elle est la première personne catholique, née au Canada, à devenir sainte.
Catherine Jérémie-Aubuchon, une des premières sages-femmes à exercer le métier à Montréal, est aussi connue comme herborisatrice. Par ses récoltes de plantes expédiées en France avec annotations, elle contribue à faire connaître la flore du Québec auprès des naturalistes français qui en cherchent les propriétés médicinales et utilitaires.
Nièce de Marguerite Langlois et héritière de son savoir, Hélène Desportes, réputée être la première fille née en Nouvelle-France autour de 1620, est inscrite aux registres de Notre-Dame de Québec au titre de sage-femme. Mère de 15 enfants, elle initiera à son tour deux de ses filles, Françoise Hébert et Louise Morin, à la sage-femmerie.
