Publication des études effectuées par des chercheures québécoises pour le compte de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme en 1970. Ces études constituent les premiers jalons d’une riche tradition de recherche qui se développera au fil des ans dans plusieurs universités québécoises. À l’instigation de Monique Bégin, secrétaire générale de la Commission, Marie-Andrée Bertrand, Colette Carisse, Francine Dépatie, Bérengère Gaudet, Alice Parizeau, Micheline Dumont-Johnson, Renée-Geoffroy et Paul Sainte-Marie y présentent, chacune du point de vue de leur discipline respective, des études qui offrent une première documentation sur les conditions de vie des femmes québécoises.
Greta Nemiroff et Christine Hope Allen (connue sous le nom de Sœur Mary Prudence Allen R.S.M) donnent le premier cours en études sur les femmes à l’Université Sir George William à Montréal, devenue depuis .
Estelle Lacoursière est la première femme au Québec à obtenir une maîtrise en sciences forestières de l’Université Laval. La même année, elle se joint au corps professoral de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Sœur ursuline et écologiste engagée, sa contribution à la vulgarisation scientifique est considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire du Québec.
Création du réseau de l’Université du Québec (UQ). Par leur inscription dans les régions, les diverses constituantes offrent à un plus grand nombre de femmes l’accès à une formation universitaire.
Faisant suite aux recommandations du Rapport Parent, la création des cégeps permet aux jeunes femmes d’accéder aux mêmes opportunités éducatives que les garçons, ce qui leur ouvre la voie vers l’éducation post-secondaire et la diversification professionnelle.
Le rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (mieux connu sous le nom de Rapport Parent) démocratise l’éducation, favorisant ainsi l’accès des filles aux études postsecondaires et aux professions. Il recommande les classes mixtes et la gratuité scolaire.
Michèle Thibodeau-Deguire est la première femme à obtenir un diplôme en génie civil de l’École polytechnique de Montréal. Elle sera déléguée générale du Québec à Boston de 1982 à 1984, première femme à occuper un poste de déléguée générale du Québec à l’étranger. En 2013, elles est nommée principale et présidente du Conseil Polytechnique Montréal.
Fondatrice et doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, Alice Girard est la première femme à occuper la fonction de doyenne au sein d’une faculté universitaire québécoise, poste qu’elle occupera jusqu’en 1973. Sa contribution au développement de la profession infirmière au Québec a été reconnue par l’attribution de nombreux prix et distinctions à l’échelle locale, nationale et internationale.
Enseignante de philosophie au collège Basile-Moreau, Sœur Ghislaine Roquet est nommée par le gouvernement Lesage commissaire de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, mieux connue sous le nom de Commission Parent. Elle appuie notamment les recommandations du groupe de créer un ministère de l’Éducation et de déconfessionnaliser l’administration scolaire. Fidèle observatrice du milieu de l’éducation, elle occupe par la suite plusieurs responsabilités publiques. En 1970, en reconnaissance de sa contribution à la réforme de l’éducation au Québec, elle reçoit le titre de compagnon de l’Ordre du Canada.
Adoption d’une mesure qui prolonge la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.
Premières subventions accordées aux collèges classiques pour filles, alors que ceux des garçons sont subventionnés depuis 1922.
Ouverture des écoles normales masculines aux jeunes femmes dans la région de Montréal.
Thérèse Sicard est la première femme à recevoir un diplôme en génie forestier de l’Université Laval et la seule femme membre de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec jusqu’en 1968.
Les Écoles supérieures d’enseignement ménager prennent le nom d’Instituts familiaux. Depuis 1941, deux années de scolarité ont été ajoutées à ces écoles qualifiées « d’Écoles de bonheur« , faisant passer la formation de 11 à 13 ans.
Pionnière de la haute couture au Québec, Laurette Cotnoir-Capponi ouvre une école à Montréal, où elle forme des professionnelles de la coupe, de la couture et du dessin de mode. Première école du genre au Canada, les techniques de haute couture y sont enseignées jusqu’à sa fermeture en 1989.
L’Américaine Ida Rowland est la première femme noire à obtenir un doctorat en sciences sociales de l’Université Laval. Elle est aussi l’une des seules femmes noires américaines à avoir obtenu un doctorat à cette époque. À sa retraite en tant que professeure à l’Université de l’Arkansas-Pine Bluff, elle crée une maison d’édition pour promouvoir la publication de livres sur les Afro-Américains destinés à un jeune public.
Classée première aux examens du Barreau, Jeanne d’Arc Lemay Warren est la première femme à être admise au Barreau de Québec, l’une des 15 sections du Barreau du Québec. En 1966, elle sera la seule femme parmi les neufs membres de la commission d’enquête Castonguay-Nepveu sur la santé et le bien-être social. Nommée juge à la Cour du bien-être social, affectée à la division de Verdun, en 1970, elle est, par la suite, nommée à la Cour supérieure du Québec où elle siègera jusqu’à sa retraite en 1993.
Une première femme, Mary B. Jackson-Fowler reçoit un diplôme d’ingénieur de la Faculté de génie de l’Université McGill.
Alors qu’elle termine ses études en sciences sociales, Louise Dumais crée à l’Université Laval le premier programme de formation des moniteurs en loisirs en milieu universitaire. Dans un environnement essentiellement masculin et clérical, elle réussit en 1948 à obtenir la création d’une Section éducation physique et récréative rattachée à l’École de pédagogie et d’orientation, qui devient en 1952 le Département d’éducation physique et récréation dont elle est la première directrice. Quelques années plus tard, elle obtient la mise sur pied d’une section francophone de l’Association canadienne pour l’éducation physique, la santé et la récréation.
La Commission des prix et du commerce du Canada réglemente la longueur des robes et interdit l’ajout de parures inutiles pour réserver le tissu à la fabrication d’uniformes militaires.
Après des études en service social à New York et à Montréal, la journaliste Hayda Denault devient la première travailleuse sociale professionnelle de la ville de Québec, où elle fonde le Service familial de Québec. En 1943, elle participe à la création de l’École de service social de l’Université Laval et y enseigne pendant vingt ans. L’Ordre du Canada lui a été décerné en 1975 pour sa contribution à la formation des travailleuses et travailleurs sociaux.
Pauline Roy-Rouillard devient la première femme diplômée en architecture au Québec. En mars 1962, elles sera la première femme à être nommée au Conseil Canadien de l’Habitation.
Jeanne Lapointe a été l’une des premières femmes à intervenir dans l’espace public en tant qu’experte. Première étudiante à recevoir une licence en lettres de l’Université Laval en 1940, Jeanne Lapointe est aussi la première diplômée aux cycles supérieurs à l’Université Laval et la premières femme professeure de littérature au sein de l’institution. Influente penseuse du Québec moderne, sa contribution intellectuelle, méthodologique et rédactionnelle à la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec (1961-1966), qui a donné naissance au rapport Parent, a été qualifiée de déterminante par Guy Rocher (2013) qui considère qu’elle a apporté à la Commission « l’essentielle contribution d’une attitude critique et d’une certaine philosophie radicale qu’on peut appeler de gauche. […]. Elle était dotée d’un flair particulier pour ce qui sortait des sentiers battus, du conventionnel […]. Et ce sont ces vents de changements qu’elle introduisait dans nos délibérations ». Professeure au département des littératures de l’Université Laval de 1944 à 1987, Jeanne Lapointe joue également un rôle de pionnière dans le développement des études féministes, particulièrement après sa participation à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, officieusement appelée Commission Bird (1967-1970). Pour commémorer son parcours pionnier, l’Université Laval annonce, le 8 mars 2024, que le pavillon des sciences de l’éducation portera désormais le nom de pavillon Jeanne-Lapointe.
Scientifique et botaniste, Marcelle Gauvreau est la première femme à recevoir le prix de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS). Elle est la première francophone à obtenir un diplôme de maîtrise en sciences naturelles en 1939.
Agathe Lacourcière-Lacerte devient la première femme admise dans un corps professoral universitaire francophone, celui de l’Université Laval. Détentrice de plusieurs diplômes, dont un doctorat en lettres de l’Université de Madrid, elle est embauchée en 1937 dans la nouvelle Faculté des lettres de l’Université Laval, mais n’accédera au poste de professeure titulaire qu’en 1948.
Yvette Brissette est la première femme admise à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Elle obtient son diplôme en 1941, devenant ainsi la première diplômée en médecine de cette université.
Création de l’Institut Marguerite d’Youville, école supérieure pour infirmières, par les Sœurs Grises. L’école offre un programme de baccalauréat en nursing pour les infirmières diplômées et est officiellement affiliée à l’Université de Montréal en 1936.
Connue dans le milieu théâtral québécois sous le nom de Madame Jean-Louis Audet, Yvonne Duckett est une pionnière et figure de proue de l’enseignement de la phonétique et de l’art dramatique au Québec. Elle ouvre dans le sous-sol de sa maison, rue Saint-Hubert, l’École supérieure de phonétique et de diction où elle initie, pendant près de trente ans, les jeunes Québécois·e·s au « bon parler français ». Plusieurs des enfants qui ont fréquenté son école deviendront des artistes renommés de la scène et du cinéma et auront une influence déterminante sur l’évolution du milieu culturel québécois. Parmi ces artistes, se retrouvent plusieurs comédiennes bien connues du grand public dont Yvette Brind’Amour, Gisèle Schmidt, Marjolaine Hébert, Béatrice Picard, Monique Miller, Dominique Michel, Geneviève Bujold, Lise Lasalle, Andrée Champagne, Louise Rémy, Andrée Boucher et Marie Josée Longchamps.
Marie-Thérèse Archambault est la première laïque en Amérique du Nord à obtenir un doctorat en philosophie scolastique de l’université d’Ottawa, La composition substantielle des corps naturels d’après Aristote et Saint Tomas d’Aquin. Elle est l’auteure de plusieurs brochures sur le rôle social de la femme. Alors qu’elle avait tout juste treize ans, Marie-Thérèse Archambault avait déjà acquis une certaine notoriété au Québec en exigeant d’être servie en français par la compagnie de tramways d’Ottawa.
Le YWCA met sur pied une série de cours pour domestiques sans emploi et décerne une certification de compétences à près de 200 aides domestiques.
Fondation de l’École des arts paysans, qui deviendra l’École des arts domestiques. L’école offre une formation en tissage et techniques liées à la transformation des fibres textiles.
Premier prix de piano du Conservatoire de Lille en 1906 et de celui du Conservatoire de Paris en 1911, Yvonne Hubert s’établit à Montréal en 1926, après une brillante carrière européenne de concertiste. Elle y fonde en 1929 l’École de piano Alfred-Cortot (1929) et fait partie du premier corps enseignant du Conservatoire de musique du Québec. À partir de 1952, Yvonne Hubert enseigne aussi à l’École Vincent-d’Indy. Son apport à la formation de plusieurs générations de pianistes est considérable.
Pionnière de la formation universitaire en nursing et sœur de la Charité de l’Hôpital Général de Montréal, Mathilde Toupin-Fafard devient la directrice des premiers cours d’enseignement supérieur en français pour garde-malades inaugurés à l’Université de Montréal. Ces cours sont à l’origine de la fondation en 1934 de l’Institut Marguerite d’Youville, première école francophone à offrir un programme d’études supérieures en sciences infirmières.
Création d’une section « ménagère » au Département de l’Instruction publique.
La Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill ouvre ses portes aux femmes. Florence Johnston est la première étudiante admise. Elle obtient son diplôme en 1926. Après avoir exercé la médecine dentaire générale pendant plusieurs années, elle se spécialisera en médecine dentaire pédiatrique.
Flora Abergson est la première femme à obtenir un diplôme aux cycles supérieurs de la Faculté de chirurgie dentaire de l’Université de Montréal.
Sœur Marie-Stéphane ouvre un département d’études musicales au pensionnat d’Hochelaga. Déménagé sur un flanc du Mont-Royal en 1925, il devient l’École supérieure de musique d’Outremont en 1933. Cette dernière est affiliée à l’Université de Montréal en 1951 et devient l’École Vincent-d’Indy.
Ouverture de la première école d’enseignement supérieur de sciences infirmières à Montréal par l’Université McGill.
Léa Drolet (Mère Ste-Agnès-1889-1986) et Adelcie Kirouac (Mère Marie-des-Anges-1883-1967) sont les premières femmes à obtenir un baccalauréat ès arts à l’Université Laval de Québec. Religieuses de Jésus-Marie, elles sont cofondatrices, en 1925, du premier collège classique pour filles dans la région de Québec, le Collège Jésus-Marie de Sillery.
Fondation de l’École d’art lyrique par Jeanne Maubourg et Albert Roberval.
Germaine Malépart reçoit le, Prix d’Europe. Elle sera la première récipiendaire de ce prix à poursuivre une carrière musicale qui durera toute sa vie. Après une carrière de concertiste qui la mène tant en France que dans plusieurs grandes villes canadiennes et américaines, elle se tourne, au début des années 1940, vers l’enseignement et devient professeure de piano à l’École Vincent-d’Indy et au Conservatoire de la Province de Québec.
Pour la première fois, à l’Université McGill, plus d’étudiantes que d’étudiants sont inscrites à la faculté des Arts.
Les jeunes filles qui terminent leur cours lettres-sciences, au terme de quatre années d’études de niveau secondaire, se voient dorénavant décerner un certificat officiel de fin d’études de la part de l’Université Laval à Montréal. Dispensé dans les pensionnats pour jeunes filles jusque dans les années 1960, le cours lettres-sciences représente, pour la plupart d’entre elles, le niveau d’études le plus élevé qui leur est accessible.
Un programme de formation commerciale est offert par l’Association des femmes d’affaires de Montréal. Édouard Montpetit, professeur de droit à l’Université de Montréal, y donnera trois des seize leçons, soit les leçons 1, 8 et 15.
Annie MacDonald Langstaff devient la première diplômée de la Faculté de droit de l’Université McGill et la pionnière d’une longue lutte pour que les femmes obtiennent le droit d’exercer à titre d’avocate. Lutte qui ne se terminera qu’en 1942. Malgré le succès de son combat, Annie Langstaff ne sera jamais admise au Barreau, mais restera néanmoins active dans le domaine juridique tout au long de sa vie.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1922
Source : Musée McCord, II-246720
© Musée McCord, Montréal
Carrie Derick (1862-1941), pionnière en génétique végétale à l’Université McGill, devient la première professeure titulaire d’une université canadienne en 1912. La même année, elle fonde la Montreal Suffrage Association avec l’objectif d’organiser la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes au fédéral. Carrie Derick est reconnue pour sa contribution au développement des études en génétique à l’Université McGill et comme militante féministe.
Elizabeth Ann Beach fonde à Dunham (Montérégie) le premier Women’s Institute au Québec. Organisation féminine affiliée à la Federated Women’s Institutes of Canada dont les activités se déroulent principalement en milieu rural. Il s’agit du pendant anglophone des Cercles des fermières.
La chimiste Annie Macleod est la première femme à obtenir un Ph.D. de l’Université McGill.
Pionnière de la chirurgie cardiaque moderne, Maude Abbott obtient son diplôme de médecine de l’Université Bishop en 1894. Elle est l’une des premières femmes diplômées en médecine au Québec. Après un séjour de perfectionnement en Europe, elle occupe à partir de l’été 1898 le poste de curatrice adjointe du musée de médecine de McGill, avant d’en devenir la curatrice en 1901. À ce titre, elle innove en faisant appel au musée pour l’enseignement de la pathologie. En reconnaissance des travaux exceptionnels et internationalement connus qu’elle mène au sein du musée, l’Université McGill lui décerne en 1910 un doctorat honoris causa en médecine et lui octroie un poste de maître de conférences en pathologie, alors que la faculté de médecine n’accepte pas encore les femmes, Ce n’est qu’en 1925 qu’elle sera promue professeure adjointe. Elle est la première femme à enseigner la médecine à Montréal et sera l’auteure de plusieurs articles sur la pathologie ainsi que sur l’histoire de la médecine.
L’Association canadienne nationale des infirmières diplômée, la Canadian National Association of Trained Nurses est créée, sous l’égide de Mary Agnes Snively, infirmière en chef du Toronto General Hospital, par les représentantes de 16 associations d’infirmières avec l’intention d’obtenir un statut professionnel et d’améliorer les programmes de formation.
Mère Sainte-Anne-Marie, née Marie-Aveline Bengle, obtient finalement l’accord des autorités religieuses pour ouvrir un premier collège classique féminin, l’École d’enseignement supérieur pour jeunes filles. La première diplômée sera la fille de Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie Gérin-Lajoie en 1911. Il faudra attendre 1952 pour que le Collège reçoive une première subvention publique. À partir de 1926, l’École est connue sous le nom de Collège Marguerite-Bourgeoys.
Fondation de la School of Household Science sur le campus MacDonald de l’Université McGill.
Wm. Notman & Son, Lac-Saint-Jean, vers 1906
Source : Musée McCord, VIEW-4037
© Musée McCord, Montréal
Fondation de l’École ménagère provinciale de Montréal par Jeanne Anctil et Marie Lacoste-Gérin-Lajoie de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.
Marie Sirois est la première femme diplômée d’une université francophone au Québec. L’Université Laval refuse cependant qu’elle assiste à la collation des grades pour y recevoir son certificat en littérature.
Harriet Brooks devient la première femme à obtenir un diplôme d’études supérieures d’une université canadienne (Université McGill) en électromagnétisme. Première physicienne nucléaire du Canada, elle travaille dans le laboratoire d’Ernest Rutherford à l’Université McGill à partir de 1903. Sa contribution est jugée essentielle à l’élaboration de la théorie de la radioactivité pour laquelle Rutherford recevra le prix Nobel. Dans son hommage posthume, Rutherford qualifie Harriet Brooks de « femme physicienne la plus éminente du département de radioactivité », aux côtés de Marie Curie.
Florence Hendry, employée de Bell Téléphone, organise la première formation dispensée à des téléphonistes en Amérique du Nord.
Amendement de la Loi de l’instruction publique pour interdire aux femmes de voter aux élections scolaires et de se présenter à un poste de commissaire. Cette loi est votée en réaction à la tentative d’un groupe de féministes de faire élire une femme au Protestant Board of School Commissioners. Les femmes devront attendre jusqu’en 1942 pour retrouver leurs droits.
Ouverture du Royal Victoria College à Montréal, un collège réservé aux femmes. Elles y suivent les cours de première et de deuxième année universitaires.
L’école normale Jacques-Cartier, fondée à Montréal en 1857, accueille un premier groupe d’étudiantes.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1894
Source : Musée McCord, II-105877
© Musée McCord, Montréal
Une première école d’infirmière francophone laïque est fondée par Élodie Mailloux des Sœurs de la Charité (Sœurs grises) à l’Hôpital Notre Dame de Montréal. Grâce à cette école, qui accueille ses premières étudiantes l’année suivante, les Sœurs Grises amorcent la professionnalisation des soins infirmiers.
Après avoir été parmi la cohorte des huit premières étudiantes admises à l’Université McGill en 1884, Carrie Derick est la première femme à y obtenir un diplôme en botanique. Elle sera également la première femme à enseigner dans cette université en 1912. À la présidence du Montreal Local Council of Women de 1907 à 1911, puis comme première présidente de la Montreal Suffrage Association, créée en 1912, Carrie Derick milite activement pour le droit de vote des femmes au fédéral.
L’École de médecine du Collège Bishop de Montréal ouvre ses portes aux étudiantes. Dix femmes y termineront leurs études avant la fusion de cette école avec celle de McGill en 1905. Cette fusion éliminera la possibilité pour les femmes de faire des études de médecine au Québec jusqu’en 1918.
Ouverture d’une première école d’infirmières par Gertrude Elizabeth (Nora) Livingston, garde-malade diplômée de la Training School for Nurses du New York Hospital et administratrice de l’hôpital Montreal General Hospital. En insistant pour distinguer le travail infirmier des tâches domestiques et en réorganisant progressivement le travail des infirmières, Gertrude Elizabeth Livingston a joué un rôle déterminant dans la professionnalisation du métier d’infirmière.
L’Université McGill décerne les premiers diplômes de baccalauréat ès arts à des femmes. Eliza Cross, Martha Murphy, Blanche Evans, Grace Ritchie, Jane Palmer, Alice Murray, Georgina Hunter et Donalda McFee en sont les premières récipiendaires. L’École normale et la Faculté des arts sont cependant les seules à admettre des femmes, les autres facultés de l’institution leur étant toujours interdites. Dans le milieu francophone, l’Université Laval refuse carrément les femmes. Elles ne sont autorisées qu’à venir écouter des conférences.
Des cours de phonographie, de dactylographie et de sténographie sont offerts dans les YWCA de Montréal, Toronto et Hamilton afin de préparer des jeunes femmes à occuper ces métiers, qui, à l’époque, étaient traditionnellement exercés par des hommes, car considérés trop exigeants pour des femmes.
Huit étudiantes sont admises à la Faculté des arts de l’Université McGill pour y poursuivre des études postsecondaires. Elles obtiennent toutes un baccalauréat ès arts en 1888. Ce ne sera qu’en 1932 que les femmes pourront se joindre au McGill’s Students’ Society, société créée en 1902.
Charles Howard Millar, Drummondville, vers 1900
Source : Musée McCord, MP-1974.133.185
© Musée McCord, Montréal
La première école ménagère est fondée à Roberval par Mère Saint-Raphaël. Elle sera suivie de plusieurs autres, surtout à partir de 1904 avec la création de l’École ménagère provinciale par la section féminine de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Elles prendront le nom d’instituts familiaux en 1951.
Le corps enseignant au niveau primaire se féminise, mais ce sont les hommes qui enseignent dans les classes supérieures et qui occupent les postes de direction. En éducation, à travail égal, les femmes ne touchent que 40 % du salaire des hommes.
Création d’une première école publique secondaire de langue anglaise pour jeunes filles à Montréal. Les premières années, les classes pour les filles étaient accueillies dans des maisons privées. En 1874, lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment du High School of Montreal, les filles y ont été admises dans une division séparée. La pratique des classes non mixtes a été abolie en 1965.
Avec le soutien financier d’Anne Molson et de son mari, création de la Montreal Ladies Educational Association qui offre, pour la première fois, à des jeunes femmes des cours de niveau universitaire enseignés par des professeurs de l’Université McGill. Anne Molson en sera la première présidente.
L’école normale de McGill, aujourd’hui la Faculté des sciences de l’éducation, ouvre ses portes et accepte des élèves des deux sexes : trente-cinq jeunes femmes et 5 garçons s’y inscrivent la première année.
Après s’être familiarisée avec le langage signé, Albine Gadbois, sœur Marie de Bonsecours fonde l’Institut des sourdes-muettes de Montréal. Initialement à Longue-Pointe, l’Institution s’installe en 1864 dans des locaux plus adéquats, rue Saint-Denis. La responsabilité de l’Institut sera assumée, après le décès de la fondatrice, de manière intermittente, par trois de ses quatre soeurs, Azilda, Malvina et Philomèneet, jusqu’en 1905.
Esther Blondin, mieux connue sous le nom de Mère Marie-Anne, fonde la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne à Vaudreuil. Elle-même analphabète jusqu’à l’âge de 20 ans, elle fonde sa communauté pour remédier à la situation déplorable des écoles rurales avec vocation de s’occuper de l’éducation des enfants pauvres et d’ouvrir des écoles mixtes, projet jugé subversif pour l’époque. Après l’installation de la communauté à Lachine en 1864, celle-ci prend une expansion rapide et ouvre plusieurs écoles et pensionnats dans les campagnes environnantes et dans la région montréalaise.
Fondation de la Home and School of Industry par Eliza Hervey, une laïque protestante récemment immigrée d’Écosse, pour éduquer les jeunes filles au travail ménager et héberger des enfants de familles pauvres. La même année, elle installe un atelier de couture qui emploie des veuves sans ressources qui deviendra les Protestant Industrial Rooms en 1861. Le Protestant Infants’ Home (1870) et le Murray Bay Convalescent Home (1874) sont deux autres œuvres initiées par elle.
Première Montréalaise à entrer dans la Congrégation Notre-Dame de Montréal, Marie Barbier succède à Marguerite Bourgeoys comme supérieure de la Congrégation.
Marguerite Bourgeoys ouvre le premier pensionnat de Ville-Marie (Montréal) pour les filles des officiers français et des familles plus fortunées.
Marguerite Bourgeoys ouvre la première école ménagère de la Nouvelle-France, l’ouvroir de la Providence à la Pointe Saint-Charles. Les Filles du Roy y sont accueillies et formées à leur arrivée.
Marie Raisin, une compagne de Marguerite Bourgeoys, ouvre une école à Trois-Rivières.
Marguerite Bourgeoys ouvre au printemps une première école à Ville-Marie dans une étable abandonnée. Pour assurer la permanence de son œuvre, elle fonde la première communauté de religieuses non cloîtrées, les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame de Montréal.
À l’instigation de Marie-Madeleine Chauvigny de la Peltrie, les Ursulines, dont Marie de l’Incarnation (Marie Guyart) fondent le premier couvent pour jeunes filles et ouvrent les premières classes pour filles françaises et amérindiennes en Amérique du Nord.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/LaPeltrie.pdf
