À la suite du décès de son mari en 1965, Jeannine Guillevin Wood assume la direction de l’entreprise familiale qui deviendra, au fil des transactions, Guillevin International Inc. Elle la dirigera jusqu’en 1995. Véritable pionnière, elle est la première femme à occuper la présidence du conseil d’administration du Conseil du patronat du Québec.
Après avoir dirigé l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal de 1985 à 1988, Lorraine Pagé est élue à la présidence de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ). Elle devient la première femme à présider une centrale syndicale.
Introduction dans le régime d’assurance-chômage de prestations de paternité. L’année suivante, celles-ci seront transformées en prestations parentales.
Des statistiques révèlent que la violence conjugale touche un foyer sur dix. Une vaste campagne d’information et de sensibilisation sous le thème La violence conjugale, c’est inacceptable est lancée.
Le gouvernement du Québec introduit une allocation universelle à la naissance d’un enfant de 500 $ pour le premier et de 3 000 $ pour le deuxième enfant et pour chaque enfant suivant.
Après avoir été admises comme militaires à part entière en 1965, les femmes accèdent à tous les grades dans les Forces armées canadiennes
Trois postes de vice-présidentes sont réservés pour les femmes à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Lauraine Vaillancourt (Union internationale des ouvriers du vêtement pour dame – UIOVD-FTQ), Diane Bissonnette (Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale – AIMTA-FTQ) et Claude Grenier, Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau – SEPB-CTC-FTQ) accèdent à l’équipe de direction de la FTQ.
Lilly Tronche est la première femme à diriger un établissement pénitencier, le Centre fédéral de formation, l’ancien pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.
Claire L’Heureux-Dubé devient la première Québécoise à accéder à la Cour suprême du Canada.
L’article 590 du Code civil du Québec instaure l’indexation automatique des pensions alimentaires, le 1er janvier de chaque année.
Le premier syndicat féminin d’agriculture est fondé, la Fédération des agricultrices du Québec en remplacement du comité provincial des femmes en agriculture.
Dévoilement d’un jugement en matière de discrimination à l’égard des femmes. Dans l’affaire Action Travail des Femmes contre la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, le concept de discrimination systémique contre les travailleuses est élaboré et le jugement impose à une corporation de la couronne l’obligation de souscrire à un programme d’accès à l’égalité.
L’avocate Manon Vennat devient la première femme à accéder à la présidence du conseil d’administration d’une chambre de commerce. En 1993, elle devient gouverneure de la Bourse de Montréal.
Entrée en vigueur de la réforme de la Loi sur le divorce. L’échec du mariage est considéré comme la seule cause de divorce, éliminant ainsi l’idée de faute. Les époux peuvent demander le divorce conjointement. La loi introduit également de nouvelles règles en matière de soutien alimentaire et de garde d’enfants.
La Chambre des communes adopte la Loi sur l’équité en matière d’emploi qui oblige les sociétés d’État fédérales et les entreprises régies par le Code canadien du travail de plus de 100 salarié(e)s à mettre en œuvre l’équité en matière d’emploi.
Colloque de la FTQ sur l’accès à l’égalité en emploi pour les femmes, intitulé L’égalité : source de changements.
Adoption d’une première politique familiale par le gouvernement du Québec qui reconnait la responsabilité de l’État à l’égard des familles.
La juge Rosalie Silberman Abella est nommée commissaire de la Commission royale sur l’égalité en matière d’emploi. Elle dépose son rapport en 1984 dans lequel elle propose le concept d’« équité en matière d’emploi ».
Le Carrefour des associations de familles monoparentales du Québec devient la Fédération des associations de familles monoparentales du Québec.
Dédié à la défense des droits des travailleuses québécoises, le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) voit le jour.
Un Service de la condition féminine est inauguré à la FTQ.
La Cour suprême du Canada, dans la cause de Stella Bliss (1.R.C.S. 183), déclare que les femmes ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage au cours des six premières semaines après leur accouchement, stipulant « qu’une distinction fondée sur la grossesse ne constituait pas une discrimination fondée sur le sexe » et que « toute inégalité entre les sexes dans ce domaine n’est pas créée par la législation mais par la nature ».
La FTQ adopte dans le cadre de son Congrès une déclaration politique sur La présence des femmes dans les syndicats.
La Loi sur la santé et la sécurité au travail accorde à la travailleuse enceinte ou qui allaite le droit d’être affectée à d’autres tâches si ses conditions de travail sont jugées dangereuses pour sa santé ou celle de son enfant. En dernier recours, elle peut bénéficier d’un retrait du milieu de travail, avec compensation de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
Grâce aux démarches entreprises par l’AFEAS (Association féministe d’éducation et d’action sociale), le statut des femmes collaboratrices obtient une reconnaissance sociale, politique et économique. Cela constitue un jalon important dans la reconnaissance du travail invisible ou non rémunéré effectué par les femmes en tant que mères et aidantes. L’épouse qui travaille avec son mari est dorénavant reconnue comme employée de l’entreprise familiale et son salaire peut être comptabilisé comme dépense d’entreprise. S’ensuit la fondation de l’Association des femmes collaboratrices, devenue sous la présidence de Monique Lecours l’Association des collaboratrices et partenaires en affaires (ACPA).
Création de l’Office des services de garde dont le mandat vise l’implantation et le financement de services de garde en milieu familial, en milieu scolaire et en garderie.
Entrée en vigueur de la Loi sur les normes du travail sanctionnée le 22 juin 1979. Cette loi, qui remplace la Loi du salaire minimum, donne au travailleur ou à la travailleuse le droit de s’absenter deux jours sans solde à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant et prévoit également un recours pour les femmes congédiées pour cause de grossesse.
Enseignante, féministe et syndicaliste, Marie Gagnon est étroitement associée aux luttes syndicales qui mènent à l’entrée en vigueur, le ler janvier 1979, de la politique familiale. Celle-ci consacre l’octroi du congé payé de maternité (dix-huit semaines) pour les Québécoises, revendication défendue par Marie Gagnon au fil de la décennie 1970 dans le cadre de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), devenue en 2000 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Il faudra attendre 2006 pour voir implanter le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) tel qu’on le connaît aujourd’hui.
« Une double exploitation… une seule lutte », premier colloque de la FTQ sur la situation des femmes au travail : avec invitée la nouvelle ministre du Parti Québécois à la condition féminine, Lise Payette.
Les téléphonistes de Bell Canada obtiennent leur accréditation auprès du Syndicat des travailleurs et des travailleuses en communication du Canada (STCC). Leur première convention collective est signée l’année suivante.
Le bureau exécutif de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) accueille sa première vice-présidente, Marie Lallo-Pinsonneault. Au cours de ses quatre mandats à ce poste, elle assume la responsabilité politique du comité de la condition féminine et milite pour aider les femmes à conquérir une plus grande place au sein des structures syndicales. Elle est à l’initiative de la féminisation du nom de la centrale qui devient la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec au congrès de 1985.
États généraux des travailleuses salariées québécoises à l’initiative conjointe de la CSN et de la CEQ sous le thème « La lutte des femmes une lutte collective, une lutte permanente: si on est ensemble ». Face au constat des faibles progrès réalisés par les femmes en matière d’emploi et des contraintes inhérentes à l’articulation famille travail, le droit à un salaire égal pour un travail de valeur équivalente est inscrit dans le cahier de revendications.
Adoption de la Loi sur les services de garde à l’enfance avec l’objectif d’améliorer l’offre de services de garde et de promouvoir la qualité des services de garde éducatifs.
Maria De Koninck (1945) et Claire Denis, à titre de membres du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), sont à l’origine de la création du Comité permanent de la condition féminine du SPGQ, qui deviendra par la suite le Comité des femmes. Celui-ci jouera un rôle important dans la lutte pour l’équité salariale au Québec.
L’Assemblée nationale modifie la Loi sur le salaire minimum et institue un congé de maternité de 18 semaines. De plus, un programme d’allocations de maternité est instauré pour combler le délai de carence de deux semaines de l’assurance-chômage. Les travailleuses des secteurs public et parapublic obtiennent des congés de maternité comparables à ceux offerts en Europe. Il s’agit d’une première en Amérique du Nord.
A l’initiative de Monica Matte, le Y des femmes de Montréal (YWCA) crée le programme Nouveau Départ, destiné à soutenir les femmes dans la trentaine désireuses de retourner sur le marché du travail.
La notion d’autorité parentale remplace celle de puissance paternelle dans le Code civil qui établissait l’autorité des pères en tant que chef de famille. Avant cette date, aucune décision concernant les enfants ne requérait la signature de la mère. Dorénavant, les époux assurent ensemble « la direction morale et matérielle de la famille, exercent l’autorité parentale et assument les tâches qui en découlent » article 394 C.c.Q.
Francine Lalonde est la première femme élue vice-présidente et la première femme à accéder au bureau exécutif de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Militante féministe, Monique Bégin devient ministre du Revenu national du Canada et occupera, par la suite jusqu’en 1984, le poste de ministre de la Santé et du Bien-être social. On lui doit le crédit d’impôt pour enfant, qui deviendra éventuellement la prestation fiscale pour enfants.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Deputees.pdf
Le Comité de la condition féminine de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), présente un rapport intitulé «La lutte des femmes, combat de tous les travailleurs», lors du congrès annuel.
Fondation de l’Association pour la défense des droits du personnel domestique (ADDPD/Association des aides familiales du Québec). Organisme communautaire fondé en réaction à l’exploitation de la main-d’œuvre de services à bas coût, sa mission est de défendre les droits fondamentaux du personnel domestique de maison et de ferme, et d’améliorer ses conditions de vie.
Embauchée par la Sureté du Québec à Shawinigan, Nicole Juteau devient, à dix-neuf ans, la première femme policière au Québec. Pour permettre son assermentation, le règlement 7 qui interdisait jusque-là la profession aux femmes a dû être modifié par l’Assemblée nationale du Québec. Après six ans de patrouille, Nicole Juteau devient d’abord enquêtrice, puis agente double pour infiltrer le crime organisé. Elle prend sa retraite en 1999, à l’âge de 46 ans.
Création d’Au bas de l’échelle, un organisme d’éducation populaire et de défense des droits des personnes non syndiquées.
Dans le cadre de son congrès la FTQ diffuse un document, Le Combat syndical et les femmes, lequel demande notamment de négocier dans chaque convention collective des clauses anti discrimination et de protection maximale de la maternité et d’abroger les lois interdisant l’avortement de même que de favoriser la diffusion de l’information sur la contraception.
À l’initiative d’Aline Guay, le Carrefour des associations de familles monoparentales du Québec est créé. Il deviendra en 1982 la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/federation_associations_familles_monoparentales.pdf
La Gendarmerie royale du Canada accepte dorénavant les candidatures de femmes pour des fonctions policières. Trente-deux recrues sont admises au sein de la Troupe 17 au sein de l’école de formation de Regina.
Sous le thème, Travailleuses et ménagères : un même combat, ou Ménagères et travailleuses, un même combat, selon les sources, organisation de la première célébration intersyndicale au Québec à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Cette première initiative sera suivie en 1977 par la fondation de l’Intersyndicale des femmes.
La Cour Suprême du Canada refuse d’accorder à Irene Murdoch une part financière de l’exploitation agricole à laquelle elle avait contribué avec son mari pendant 25 ans. Dans les années subséquentes, l’injustice de cette décision amènera des groupes, partout à travers le Canada, et notamment l’AFÉAS au Québec, à militer en faveur des droits des femmes collaboratrices de leur mari.
Création du Comité de la condition féminine à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Création du Comité Laure Gaudreault au sein de la Centrale des syndicats du Québec (CEQ). Ce comité deviendra le Comité de la condition des femmes.
Mise sur pied du Comité de la condition féminine de la FTQ créé en 1972. Adoption des premières résolutions féministes au congrès de 1973.
Publication de l’Analyse socio-économique de la ménagère québécoise par le Centre de recherche sur la femme.
Instauration d’un programme de prestations de maternité au sein du régime fédéral d’assurance-chômage. La travailleuse n’est cependant pas assurée de retrouver son emploi. La durée du congé est de 17 semaines, dont 15 sont rémunérées dans une proportion de 60 % du salaire.
Le nombre de femmes sur le marché du travail croît significativement : 33,9 % des femmes participent à la main-d’œuvre active comparativement à 70,4 % des hommes.
Fondation de Ano-Sep (Anonymes séparées) par un groupe de femmes séparées et cheffes de famille monoparentale.
Francine Lalonde devient la première femme à occuper le poste de présidente de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEQ).
Infirmière et acupunctrice, Geneviève Hotte est l’initiatrice du premier syndicat de l’Association professionnelle des infirmières du Québec. À ce titre, elle joue un rôle important dans la professionnalisation des infirmières. Au cours des années 1960, elle contribue à la transformation du Syndicat professionnel des infirmières catholiques de Québec, qui devient en 1968 le Syndicat professionnel des infirmières de Québec (S.P.I.Q.), organisation syndicale plus revendicatrice et déconfessionnalisée. Sous sa présidence, un fonds de retraite pour les infirmières est établi en 1966.
Les dispositions du Code civil du Québec en matière de mariage sont amendées pour reconnaitre la validité du mariage civil célébré par un officier laïc.
Adoption par le parlement fédéral de la Loi sur le divorce qui autorise le divorce : l’adultère n’est plus dorénavant le seul motif de divorce autorisé. La Loi reconnait que la cruauté physique ou mentale est un motif suffisant pour demander et obtenir un divorce.
Enseignante et directrice d’école, Thérèse Baron devient la première femme à occuper un poste de haute direction dans l’administration publique au Québec à titre de sous-ministre adjointe du ministère de l’Éducation, poste qu’elle occupe jusqu’en 1980. De 1982 à 1996, elle occupe le poste de directrice de la revue l’Oratoire.
Le gouvernement du Québec crée son programme d’allocations familiales pour les enfants de moins de 16 ans.
Rétablissement par le gouvernement fédéral de son programme d’aide financière aux services de garde dans le cadre de son Régime d’assistance publique. 70 garderies issues des milieux communautaires bénéficient de ce programme au Québec.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/lutte des garderies populaires
Après avoir manifesté à moult reprises son opposition au travail féminin dans les décennies précédentes, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC -plus tard CSN) reconnait officiellement la légitimité du travail féminin.
Les infirmières de l’Alliance de Montréal sont les premières à obtenir un congé de maternité (non rémunéré).
Hélène Alarie est la première femme agronome du Québec en 1963. Lorsqu’elle amorce ses études à l’Université Laval en 1958, elle est la seule femme sur les deux cents étudiants en science de l’agronomie. Véritable pionnière, elle est également la première femme commissaire à la protection du territoire et l’une des premières à occuper les fonctions de sous-ministre adjointe au ministère de l’Agriculture. De 1997 à 2000, Hélène Alarie est députée du Bloc québécois. Pendant son mandat, elle marraine un projet de loi exigeant l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).
Le 16 octobre, les infirmières de l’Hôpital Sainte-Justine contreviennent à la Loi des relations ouvrières et débraient illégalement. Elles revendiquent l’amélioration de leurs conditions de travail et l’application de la formule Rand. L’impact de cette grève « illégale » qui durera trente jours a été déterminant sur l’organisation du syndicalisme au sein du réseau de la santé.
La Commission scolaire catholique de Montréal met fin à l’interdiction pour les femmes mariées d’exercer la profession d’institutrice.
Entre 1955 et 1961, 580 des 1600 femmes antillaises arrivées au Canada dans le cadre du premier programme d’immigration de travailleuses domestiques s’établissent à Montréal après avoir rempli l’obligation de travailler pendant un an comme domestiques avant d’obtenir leur statut d’immigrante.
Le gouvernement fédéral autorise la commercialisation de la pilule contraceptive. L’accès à la contraception orale jouera, malgré la réprobation de l’Église catholique, un rôle déterminant sur l’évolution des femmes québécoises.
Les femmes accèdent à la Chambre des notaires du Québec. Louise Dumoulin devient la première femme notaire du Québec en 1958.
La syndicaliste Huguette Plamondon est élue présidente du Conseil du travail de Montréal. Première femme à la tête d’une importante organisation syndicale québécoise, elle est élue l’année suivante, en 1956, à la vice-présidence du tout nouveau Congrès du travail du Canada. Elle devient ainsi la première femme à occuper un poste de dirigeante syndicale à l’échelle nationale, poste qu’elle occupera pendant trente-deux ans.
Angélina Berthiaume-Du Tremblay succède à son père, Trefflé Berthiaume, comme présidente et directrice générale de La Presse En 1961, elle en quitte la direction et fonde, avec Jean-Louis Gagnon, l’ancien rédacteur en chef de La Presse et d’autres journalistes, un nouveau quotidien : Le Nouveau Journal, dont la parution malgré la qualité de son équipe journalistique, cessera à l’été 1962. À partir de ce moment, elle consacre ses énergies à la Fondation Berthiaume-Du Tremblay qu’elle avait mise sur pied l’année précédente et dont la première réalisation sera, en mai 1972, l’inauguration de 68 unités de logement pour personnes âgées à Rivière des Prairies.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1950
Source : Musée McCord, VIEW-26566
© Musée McCord, Montréal
Les restrictions concernant le droit au travail des femmes mariées sont supprimées dans la fonction publique fédérale. Les femmes ne sont plus congédiées si elles se marient ou deviennent enceintes.
Création d’un comité de condition féminine au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1960. Le Comité sera dissout en 1966 lorsque la CSN intégrera les revendications des travailleuses dans son action globale.
Premier arrêt de travail organisé contre un employeur Canadien-français par la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC). Les employés et employées du magasin Dupuis Frères dont la plupart sont des femmes, entrent en grève le 1er mai pour obtenir la reconnaissance syndicale et des augmentations salariales. Après trois mois de grève, ponctués par de sérieux affrontements, les revendications des travailleuses et travailleurs seront rencontrées : obtention de la formule Rand, hausses salariales de plus de 4$ par semaine, semaine de 40 heure et congés payés.
Le taux d’activité des femmes québécoises au sein de la main-d’œuvre active se situe à 25 %, comparativement à 85 % chez les hommes.
Jeanne Duval est élue à la vice-présidente de la CTCC-CSN (Confédération des travailleurs catholiques du Canada) dont elle conteste la position sur le travail des femmes et son manque d’ardeur à défendre leurs droits. De 1956 à 1962, elle occupe également le poste de septième vice-présidente de la CSN. Elle est alors la première femme — et la seule — à faire partie de l’exécutif de la CSN et joue un rôle de premier plan au sein du Comité féminin de la Centrale. En 1966, Jeanne Duval fait partie des signataires de la charte de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).
Grève de l’Alliance des professeurs de Montréal qui réclame une révision de l’échelle salariale. Le syndicat perd son accréditation qu’il ne retrouvera qu’en 1959.
Les 6 000 travailleurs et travailleuses des usines de Montmorency, Sherbrooke, Drummondville et Magog de la Dominion Textile obtiennent, après une dizaine de jours de grève, une augmentation salariale qui porte leur salaire à 80 cents l’heure pour les ouvriers et à 60 cents pour les ouvrières.
Après une grève de cinq mois, les travailleurs et les travailleuses de la laine de la Compagnie Ayers à Lachute rentrent au travail sans avoir fait de gains significatifs.
Au terme d’une grève de 100 jours déclarée illégale par Maurice Duplessis, les travailleurs et les travailleuses de la Dominion Textile de Valleyfield obtiennent gain de cause. La compagnie accepte de signer une première convention qui accorde une augmentation salariale de 25 cents l’heure, la réduction de la semaine de travail à 40 heures et la reconnaissance syndicale. Madeleine Parent est parmi les leaders syndicaux qui seront arrêtés au cours de cette grève,
Création de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec.
À la fin de la guerre, le gouvernement du Québec, les élites cléricales et les syndicats orchestrent une campagne pour encourager les femmes, surtout les femmes mariées, à regagner leur foyer, « leur vraie place » pour en assurer le « bonheur ». Les tenants du retour des femmes au foyer prétendent que le travail des femmes mariées constitue une menace contre la morale chrétienne et l’équilibre familial et sociétal. Le travail des femmes y est associé à la maltraitance des enfants et à la délinquance juvénile, lorsque ce n’est pas à l’augmentation du chômage des hommes, de l’alcoolisme et de la prostitution.
Grâce à la campagne dirigée par Thérèse Casgrain, les allocations familiales seront versées aux mères, alors que la décision initiale, dans le cas du Québec prévoyait, à l’insistance du clergé et d’une partie de l’élite nationaliste, que celles-ci soient versées aux pères afin de ne pas enfreindre ses droits à titre de « chef de famille » au sein des couples mariés en communauté de biens. Pour casser cette décision déjà entérinée par le gouvernement fédéral, il sera évoqué que, selon le Code civil en vigueur, la femme mariée a le mandat tacite d’acheter les biens courants nécessaires au bien-être de la famille. C’est sur la base de cet argument que la décision initiale sera annulée et que les plaques d’imprimerie déjà moulées au nom du père seront modifiées avant le premier versement.
Création de l’Union catholique des fermières (UCC) à l’insistance du clergé qui aurait souhaité voir les Cercles de Fermières s’intégrer dans le giron des structures diocésaines catholiques. Les évêques exerceront de fortes pressions pour que les femmes adhèrent à cette nouvelle organisation féminine catholique. Plus de 10 000 fermières leur obéiront.
Un programme d’allocations familiales est mis en place par le gouvernement fédéral de Mackenzie King. Parallèlement, le programme de financement des garderies mis en place en 1940 pour soutenir l’effort de guerre est aboli et l’accès des femmes mariées au programme d’assurance-chômage, instauré la même année, est restreint.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, 28,2 % des Québécoises occupent un emploi salarié rapporte La Gazette du travail de janvier 1945, comparativement à 19,8 % en 1941, selon L’Annuaire du Québec.
En 1941, 80% des femmes noires de Montréal sont des domestiques, l’un des seuls métiers qu’elles ont la possibilité d’exercer.
Après des études en service social à New York et à Montréal, la journaliste Hayda Denault devient la première travailleuse sociale professionnelle de la ville de Québec, où elle fonde le Service familial de Québec. En 1943, elle participe à la création de l’École de service social de l’Université Laval et y enseigne pendant vingt ans. L’Ordre du Canada lui a été décerné en 1975 pour sa contribution à la formation des travailleuses et travailleurs sociaux.
Cécile Rouleau , diplômée de la faculté des sciences sociales de l’université Laval, devient la première femme cadre au gouvernement du Québec. Elle est à l’origine du Syndicat professionnel des institutrices de la ville de Québec.
L’effort de guerre entraîne une mobilisation importante des femmes au sein de la population active. Elles y exercent des métiers traditionnellement réservés aux hommes, tout particulièrement dans les usines de munitions. Plusieurs autres Québécoises s’enrôlent dans les forces armées à titre d’infirmières, mécaniciennes, sténographes, etc., et plusieurs d’entre elles seront affectées outre-mer. À Montréal, six garderies, dont deux seulement sont destinées aux francophones, sont créées par le gouvernement fédéral pour accueillir les enfants dont les mères sont engagées dans un travail reconnu comme essentiel à « l’effort de guerre ». Les autorités religieuses québécoises continueront de s’opposer au travail des femmes pendant toute la durée de la guerre et les garderies seront fermées dès la fin de celle-ci.
Inspiré du programme britannique, mise en place du régime d’assurance-chômage par le gouvernement canadien afin de compenser, si certaines conditions sont réunies, les pertes de salaire des personnes involontairement privées d’emploi.
Adoption le 22 juin de la Loi du salaire minimum qui s’applique à toutes personnes salariées au Québec, incluant les domestiques qui travaillent au domicile de leur employeur. En raison de l’inscription de diverses exceptions dans la loi, il existe une seule norme à laquelle, sans exception, sont assujettis tous les employeurs, soit l’obligation de remettre le salaire dans une enveloppe dédiée à cet usage.
Adoption de la Loi des salaires raisonnables au Québec qui introduit la notion de « à travail égal, salaire minimum égal ». La loi préconise la création d’une Commission du salaire minimum des femmes.
Première organisation syndicale dans l’industrie du vêtement à l’instigation de l’Américaine Rose Pesotta qui avait été dépêchée par l’Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames pour organiser les midinettes. En avril, la grève, dont Léa Roback et Yvette Charpentier seront des figures de proue, implique plus de 5 000 ouvrières et dure vingt-cinq jours. La reconnaissance du syndicat est finalement obtenue et un premier contrat de travail est signé, octroyant aux ouvrières une semaine de 44 heures et un salaire moyen de 16,00 $.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Pesotta.pdf
Fondation de l’Association catholique des infirmières canadiennes.
Cadette de la famille dont sont issues les féministes Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Justine Lacoste-Beaubien et Thaïs Lacoste-Frémont, Berthe-Lacoste-Dansereau devient la première femme à offrir un service de traiteur au Québec. L’enseigne «Dansereau traiteur», est aujourd’hui la plus ancienne entreprise de traiteur en activité.
Mise sur pied de la Commission royale d’enquête sur le textile aussi connue sous le nom de Commission Turgeon. La Commission rendra son rapport en 1938 et fera état des conditions de travail difficiles des ouvriers et des ouvrières des manufactures.
Fondation par Laure Gaudreault de la Fédération catholique des institutrices rurales. Elle dénonce l’exploitation des institutrices rurales dont les salaires se situent autour de 250$ par année. Elle pose les base du mouvement syndical dans le milieu de l’éducation au Québec.
Laure Cabana Pelletier (1910-1998) est à l’origine d’un nouveau métier au croisement du théâtre et de la mode, celui de costumier·ère, ou plus précisément celui de concepteur·rice de costumes pour les arts de la scène et le cinéma.
