A l’initiative de Monica Matte, le Y des femmes de Montréal (YWCA) crée le programme Nouveau Départ, destiné à soutenir les femmes dans la trentaine désireuses de retourner sur le marché du travail.
Des militantes mettent sur pied un Comité national de la condition féminine au sein du Parti Québécois afin de favoriser l’éducation politique des femmes et de défendre leurs revendications.
À l’initiative du Comité de lutte pour l’avortement libre et gratuit (CLALG), plus de 20 groupes de femmes s’associent pour déposer, le 8 mars, auprès du gouvernement québécois un manifeste intitulé: Nous aurons les enfants que nous voulons. Ce dépôt sera suivi, le 2 avril, d’une manifestation pour l’avortement libre et gratuit qui réunit, à Montréal, plus de 2 000 personnes.
Mise sur pied d’un réseau subventionné de maisons d’hébergement pour venir en aide aux femmes violentées et victimes d’agression sexuelle.
Parution d’un nouveau périodique féministe, Plurielles, auquel succédera de 1978 à 1981 Des luttes et des rires de femmes dont le slogan était: « C’est pas des luttes pour rire, c’est Des luttes et des rires de femmes! »
Une enquête menée par Femmes autochtones du Québec (FAQ) révèle que 90% des femmes et des hommes qui vivent sur une réserve – ayant participé à l’enquête – se disent insatisfaits, de la Loi sur les Indiens et de ses articles discriminatoires. À la suite de cette consultation, Femmes autochtones du Québec publie un document intitulé «Réveille-toi Femme Autochtone!» et exige la révocation de l’article de la loi qui prive les femmes indiennes de leur statut lors d’un mariage avec un non-autochtone.
Écrivaine, militante et cheffe de bande innue née dans le Grand Nord, An Antane Kapesh apprend à lire et à écrire l’innu à l’âge adulte afin de défendre les territoires, la culture et la langue des Innus. À cinquante ans, en 1976, elle écrit son premier livre Je suis une maudite Sauvagesse? / ?Eukuan nin matshi-manitu innushkueu, suivi en 1979 de Qu’as-tu fait de mon pays ??? / ?Tanite nene etutamin nitassi. Elle écrit en innu et en français pour s’assurer que son message est entendu par les Blancs. Elle dénonce, à travers le prisme de son expérience personnelle, la dépossession des Autochtones. Soucieuse d’assurer une transmission, « pour que les Montagnais qui naîtront sachent que leur peuple a déjà vécu autrement que dans une réserve », elle choisit d’écrire par la suite des livres pour enfants en innu.
Fondation par Marjorie Villefranche du programme d’intégration pour enfants immigrants Ti Pyé Zoranj Monté.
Mise sur pied de la Coop Femmes, un regroupement de féministes lesbiennes. La Coop fermera en 1980.
Création de l’organisme Action travail des femmes pour soutenir les femmes dans leur recherche d’emplois décents.
Présentation du premier spectacle du théâtre expérimental des femmes, Essai en Trois mouvements pour trois voix de femmes avec Luce Guilbeault, Nicole Lecavalier et Pol Pelletier.
Publication par le Conseil du statut de la femme (CSF) de l’étude de Lise Dunnigan intitulée l’Analyse des stéréotypes masculins et féminins dans les manuels scolaires au Québec.
Le Comité de la condition féminine de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), présente un rapport intitulé «La lutte des femmes, combat de tous les travailleurs», lors du congrès annuel.
L’Année Internationale de la Femme est décrétée par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sous le thème, « Égalité entre l’homme et la femme, développement et paix », l’année est dédiée au développement d’actions intensives pour promouvoir les droits des femmes dans le monde. Sur ce même thème aura lieu à Mexico la première Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes. C’est dans le cadre des célébrations de cette année que le 8 mars est proclamé Journée internationale de la femme. Au Québec, l’Année internationale de la Femme donnera lieu à plusieurs manifestations sociales, politiques et culturelles. Le Conseil du statut de la femme, notamment, organise en collaboration avec le Secrétariat fédéral de l’Année internationale de la femme, une série de consultations régionales à travers tout le Québec « permettant d’identifier 14 sujets jugés prioritaires par les Québécoises ». Ces consultations sont suivies d’un forum national à Québec, Carrefour 75, qui se tient à l’Université Laval et réunit plusieurs centaines de femmes. Le Forum donne lieu à l’élaboration d’un programme d’actions « pour corriger les situations injustes ».
Fondation de l’Association pour la défense des droits du personnel domestique (ADDPD/Association des aides familiales du Québec). Organisme communautaire fondé en réaction à l’exploitation de la main-d’œuvre de services à bas coût, sa mission est de défendre les droits fondamentaux du personnel domestique de maison et de ferme, et d’améliorer ses conditions de vie.
À l’occasion de l’Année internationale des femmes, Mary Two-Axe Earley (1911-1993) se rend à la conférence de Mexico, accompagnée de soixante autres femmes de Kahnawà:ke pour présenter un mémoire sur la discrimination envers les femmes autochtones. Pendant la conférence, elle reçoit un appel l’informant que le conseil de bande de Kahnawà:ke a émis un ordre d’expulsion contre elle et plusieurs femmes qui participent à la conférence. Sous les pressions de l’opinion publique que son intervention à la conférence déclenche, le conseil de bande sera amené à retirer son ordre d’expulsion.
Pour soutenir leurs actions et imposer la perspective féministe dans un climat souvent hostile, le Comité de lutte pour l’avortement et la contraception libres et gratuits, les éditions du remue-ménage, le Centre de santé des femmes du Plateau Mont-Royal et le Théâtre des cuisines forment l’Intergroupe.
Dans le cadre de son congrès la FTQ diffuse un document, Le Combat syndical et les femmes, lequel demande notamment de négocier dans chaque convention collective des clauses anti discrimination et de protection maximale de la maternité et d’abroger les lois interdisant l’avortement de même que de favoriser la diffusion de l’information sur la contraception.
Le Centre d’information et de référence pour femmes (CIRF) reçoit une subvention de Centraide qui lui permet d’ouvrir un Centre d’aide aux victimes de viol (CAVV) en janvier 1975.
Mise sur pied d’un Centre de documentation féministe par des membres du Centre des femmes de Montréal.
Les premières maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale voient le jour grâce à l’initiative de femmes issues de différents milieux et de groupes de femmes : Transition de Montréal et Carrefour pour Elle de Longueuil. Avant cette date, seules les communautés religieuses offraient des refuges pour les femmes qui devaient quitter le domicile conjugal.
Documentariste et réalisatrice, Margaret Horn est originaire de la communauté mohawk de Kahnawàke. Elle a été la première présidente de l’Association Femmes autochtones du Québec. D’abord membre de l’Alliance laurentienne des Métis et des Indiens sans statut, elle se joint à Shirley Tooly de Maniwaki et Sylvia Watso de la nation abénaquise d’Odanak, qui lui succédera à la présidence, pour convoquer l’assemblée de fondation de l’association Femmes autochtones du Québec.
Après un premier Congrès des femmes noires du Canada, tenu à Toronto du 6 au 8 avril 1973, une seconde rencontre se tient à Montréal sur le thème « La femme noire et sa famille ».
Le premier Comité de lutte pour l’avortement et la contraception libres et gratuits, formé de représentantes de la CEQ, de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) et du Centre des femmes, publie le manifeste Nous aurons les enfants que nous voulons, puis en 1975 un Dossier spécial sur l’avortement et la contraception libre et gratuit : On est de 10,000 à 25,000 à avorter chaque année.
Création de l’Association canadienne pour l’abrogation de la loi sur l’avortement Canadian Association for the Repeal of the Abortion Law qui deviendra la Canadian Abortion Rights Action League en 1980.
Après avoir été acquitté par un tribunal de première instance et sans qu’il y ait eu ordonnance d’un nouveau procès, la Cour d’appel du Québec renverse unanimement le verdict de non-culpabilité du Dr Henry Morgentaler pour pratique illégale d’avortements et le condamne à 18 mois d’emprisonnement. Le jugement de culpabilité est maintenu par la Cour suprême en 1975. Le docteur Morgentaler purgera 10 mois de sa peine à la prison de Bordeaux avant d’être acquitté lors de deux autres procès en 1975 et 1976. Les procès du Dr Morgentaler seront l’occasion d’un ralliement des groupes féministes dans leur lutte pour obtenir la pleine autonomie juridique des femmes sur les questions relatives à leur corps.
Fondation à Québec de l’organisme SOS grossesse, un service d’écoute, d’accueil et d’information, neutre et anonyme, pour les femmes et les adolescentes qui vivent une situation liée à la grossesse ou à l’avortement. Mary Schaefer Lamontagne, première femme à recevoir un diplôme de baccalauréat ès sciences de l’Université Laval en 1948, participe à sa fondation.
Création de Femmes autochtones du Québec Inc. (FAQ). Aujourd’hui, la FAQ rejoint 10 des 11 nations autochtones du Québec : les Abénakis, les Algonquins, les Atikameks, les Hurons-Wendats, les Innus, les Eeyous, les Malécites, les Mig’maqs, les Mohawks et les Naskapis.
Native de Port-of-Spain en Jamaïque, Maisie Millan Dickinson-Dash immigre à Montréal en 1927 à l’âge de dix-neuf ans pour rejoindre son fiancé. Mère de cinq enfants, elle s’implique auprès de nombreux organismes de la communauté noire en tant que bénévole afin d’améliorer la situation socioéconomique des Noir·e·s de Montréal et briser leur solitude. À partir de 1942, elle est très active au sein du Club des femmes de couleur de Montréal (Coloured Women’s Club) et du Negro Community Centre. Élue présidente du Coloured Women’s Club en 1973, elle accueille le Congrès national des femmes noires (CNFN) l’année suivante à Montréal. Elle demeure à la présidence du Club jusqu’en 1981.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/maisie_dickinson_dash.pdf
Kay Livingstone (1919-1975) fonde le Canadian Negro Women’s Association et organise à Toronto la première conférence nationale pour femmes noires, la première en sol canadien. Le second congrès se tiendra à Montréal. L’organisme deviendra plus tard le Congress of Black Women of Canada.
La première National Lesbian Conference a lieu à Toronto. La discussion porte sur les stratégies de luttes lesbiennes à adopter, à savoir : s’organiser de manière autonome en tant que lesbiennes ou au sein des mouvements des droits des homosexuels et des femmes. Les conférences subséquentes ont lieu à Montréal en 1974 et à Ottawa en 1976.
Le gouvernement fédéral met sur pied le Conseil consultatif de la situation de la femme à la suite des recommandations de la Commission Bird pour favoriser la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale et démocratique du Canada.
Fondation de Grossesse-Secours par Suzanne Parenteau (1934-2020),
Helen Doyle, Nicole Giguère et Hélène Roy fondent Vidéo Femmes, première maison de production consacrée aux fictions et aux documentaires féministes réalisés par et pour les femmes. Au fil des ans, la production de l’organisme fait émerger la parole des femmes, témoigne de leurs expériences et met en lumière des réalités souvent passées sous silence. Véritable tremplin professionnel pour de nombreuses réalisatrices québécoises, Vidéo Femmes s’impose comme une référence incontournable de la scène artistique féministe au Québec. La maison de production joue également un rôle majeur dans le secteur de la diffusion, notamment grâce à son festival international Des filles, des vues.
Création du Comité de la condition féminine à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Création du Comité Laure Gaudreault au sein de la Centrale des syndicats du Québec (CEQ). Ce comité deviendra le Comité de la condition des femmes.
Mise sur pied du Comité de la condition féminine de la FTQ créé en 1972. Adoption des premières résolutions féministes au congrès de 1973.
Le Réseau d’action et d’information pour les femmes (R.A.I.F) voit le jour dans la région de Québec à l’initiative de Marcelle Dolment (1927-2018) avec l’objectif de soutenir les femmes dans la défense de leurs droits et intérêts.
Mise sur pied du Centre des femmes de Montréal, d’abord nommé Centre d’information et de référence pour femmes (CIRF), qui organise une clinique d’avortement et pilote la publication d’un manifeste pour une politique de planification des naissances.
Création du Conseil du statut de la femme par le gouvernement du Québec pour répondre aux pressions du mouvement des femmes. Laurette Champigny Robillard en est la première présidente. Le Conseil a le double mandat d’aviser le gouvernement et de faire la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes.
La Maison d’Haïti est un organisme communautaire et culturel dédié aux services d’accueil et d’accompagnement des Québécois·e·s d’origine haïtienne. Depuis sa création, elle s’intéresse aux dossiers des femmes immigrantes et des sans-papiers, ainsi qu’au racisme et au sexisme combinés que subissent les femmes haïtiennes.
Présidente de l’association Femmes autochtones du Québec (AFAQ) de 1977 à 1983, Evelyn O’Bomsawin est née sur la réserve abénaquise d’Odanak en 1920. En raison de son mariage avec Henri-Paul Joseph Lamirande en 1944, elle perd son statut d’Indienne et ses sept enfants se voient également priver du droit d’inscription au Registre des « Indiens ». Personnellement confrontée aux iniquités de la Loi sur les Indiens, et tout particulièrement de l’article 12 (1)b, elle s’engage en 1972 auprès de l’Alliance laurentienne des Indiens et Inuits sans statut (aujourd’hui l’Alliance autochtone du Québec), dont elle assume la présidence pendant six ans. Jusqu’à sa mort en 2008, elle poursuivra sa lutte contre les dispositions discriminatoires de la Loi sur les Indiens et contre le processus d’assimilation culturelle des autochtones.
Fondation de l’organisme Service aux familles, un groupe populaire qui vient en aide aux familles défavorisées du quartier Centre-sud de Montréal. L’organisme est rebaptisé Centre d’éducation et d’action des femmes (CEAF) en 1982.
Après avoir perdu son statut d’indienne en raison de son mariage avec un non-Indien et subi un revers en cours de première instance, Jeannette Corbiere Lavell porte sa cause devant la Cour d’appel fédérale. Elle obtient gain de cause, le tribunal jugeant que la Loi sur les Indiens est discriminatoire puisque seules les femmes sont visées et affirme que Jeannette Corbiere Lavelll peut conserver son statut d’Indienne. Cependant, la cause sera portée en appel devant la Cour suprême du Canada qui annulera, en 1973, la décision prise en faveur de la plaignante, évoquant que la Déclaration canadienne des droits de 1960, qui garantit l’égalité devant la loi, ne s’applique pas à l’article 12 de la Loi sur les Indiens de 1869. Par conséquent, les femmes autochtones qui ont marié des non-autochtones ne peuvent retrouver leur statut d’Indienne. C’est la première fois que les tribunaux jugent un cas de discrimination fondée sur le sexe. En 2017, l’Ordre du Canada lui est décerné en reconnaissance d’une vie consacrée à l’avancement de la situation des femmes autochtones.
Sociologue et juriste, Yolène Jumelle est une figure marquante de la communauté haïtienne montréalaise. Arrivée au Québec en 1971 après avoir fui le régime des Duvalier, elle s’implique rapidement au sein de sa communauté. La Maison d’Haïti, le Centre de Recherche-action sur les relations raciales et la Maison des jeunes l’Ouverture (1981-1993), alors seule maison à caractère ethnique au Québec, sont parmi les nombreux organismes qu’elle participe à fonder et auxquels elle contribue afin d’améliorer le sort des Haïtien·ne·s et de contrer le racisme. Entre 1988 et 1989, elle assume la présidence du Congrès des femmes noires du Canada.
Fondation à Ottawa du Comité canadien d’action sur le statut de la femme (NAC), organisme pancanadien réunissant au départ 30 groupes de femmes, afin de militer en faveur de l’implantation des recommandations de la Commission Bird. La syndicaliste Madeleine Parent en est membre fondatrice et y représentera le Québec jusqu’en 1983.
Création de l’Association des femmes autochtones du Canada.
Publication du Manifeste des femmes québécoises dans lequel le Front de libération des femmes du Québec (FLF) associe la lutte pour la libération des femmes à la question nationale.
Le 1er mars, sept femmes, membres du Front de libération des femmes du Québec (FLF), mènent une action choc au Palais de justice pour obtenir le droit d’occuper la fonction de jurée. Elles sont condamnées sur le champ à un ou deux mois de prison pour outrage au tribunal, mais la Loi des jurés sera modifiée le 18 juin de la même année.
Pauline Julien, surnommée « La Passionaria du Québec » reçoit le Grand Prix 70 de l’Académie Charles Cros pour son disque Suite québécoise, un album consacré aux auteurs-compositeurs de sa génération. Elle est de nouveau honorée par l’Académie en 1985 pour l’album Où peut-on vous toucher ? Artiste profondément engagée, elle fait de la chanson un espace de militance pour l’indépendance du Québec, la défense de la langue française et l’émancipation des femmes, faisant d’elle une des premières grandes figures féministes du milieu culturel québécois. Interprète incontournable, Pauline Julien contribue avec force et sensibilité à faire rayonner les textes des plus grands paroliers québécois et à inscrire durablement la culture québécoise dans la modernité.
Fondation de Ano-Sep (Anonymes séparées) par un groupe de femmes séparées et cheffes de famille monoparentale.
Le Centre de planning familial du Québec publie un manifeste 100 femmes devant l’avortement.
À l’occasion du 8 mars, le Front de libération des femmes du Québec (FLF) lance une campagne nationale en faveur du droit à l’avortement libre et gratuit.
Le Front de libération des femmes du Québec publie une traduction du Birth Control Handbook publié en 1968 par des étudiantes de l’Université McGill, à plus de 50 000 copies, sous le titre Pour un contrôle des naissances.
Création d’un service de référence des femmes du Front de libération des femmes et du Montreal Women’s Liberation Movement.
A initiative de Monique Dumais, professeure de théologie et d’éthique à l’Université du Québec à Rimouski, en collaboration avec Louise Melançon et Marie-Andrée Roy, fondation de L’autre parole, une collective féministe et chrétienne. La collective vise à « désexiser les pratiques et les discours religieux et à assurer l’affirmation d’une présence et d’un parole femme ».
Dans la nuit du 29 novembre, manifestation de près de deux cents femmes organisée par le Front commun des Québécoises, pour protester contre le règlement anti-manifestation promulgué par l’administration Drapeau : 134 manifestantes seront arrêtées pour cause d’attroupement illégal et condamnées à payer des amendes.
Le Montreal Women’s Liberation Movement est fondé par des femmes des universités anglophones, McGill et Concordia.
https://histoire des femmes.quebec/MWL.pdf
Fondation du Front de libération des femmes du Québec (FLF) qui se définit comme regroupement autonome de prise de conscience féministe et de lutte contre le patriarcat. Le FLF mènera plusieurs batailles importantes, notamment une campagne nationale pour l’avortement libre et gratuit et la contestation de la discrimination faite aux femmes devant la justice, notamment en leur refusant le droit d’être jurée. Le FLQ disparaîtra en 1971.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/FLFQ.pdf
Les Autochtones obtiennent le droit de vote au Québec.
Militante et aînée kanien’kehá:ka (mohawk), Mary Two-Axe Earley a consacré une grande partie de sa vie à lutter contre les injustices subies par les femmes marginalisées à cause de la Loi sur les Indiens. Figure de proue du mouvement de mobilisation des femmes autochtones, Mary Two-Axe Early est à l’origine du mouvement Droits égaux pour les femmes indiennes (Equal Rights for Native Women) qui résiste au « colonialisme sexuel ». Elle participe à la création de l’Association des femmes autochtones du Canada en 1971, et en 1974, à celle de l’Association des femmes autochtones du Québec, maintenant connue sous la dénomination Femmes autochtones du Québec. Elle est intronisée dans l’Ordre du Québec à titre d’Officier en 1985.
https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Mary-Two-Axe-Earley.pdf
Capsule vidéo « Les femmes dans l’histoire canadienne: Mary Two-Axe Earley » de Historica Canada
Création de la Maison Elizabeth House, un centre d’accueil pour les jeunes femmes anglophones enceintes.
Publication du Birth Control Handbook par Donna Cherniak et Allan Feingold du McGill Students’ Society. Ce texte féministe aura un impact important auprès des femmes désireuses d’obtenir des informations sur la régulation des naissances. En 1971, la brochure obtient le record des ventes annuelles de toutes les publications canadiennes.
Fondation de l’Association Droits égaux pour femmes indiennes (Equal Rights for Native Women) par la militante mohawk Mary Two-Axe Early de Kahnawake.
Membre fondatrice de l’AFÉAS (l’Association féminine d’éducation et d’action sociale) dont elle assume la présidence de 1970 à 1975, Azilda Marchand est une pionnière de l’engagement social féminin. Elle joue un rôle clé dans la lutte pour la reconnaissance du travail des femmes au sein des entreprises familiales et préside à la création de l’Association des femmes collaboratrices (ADFC) qui deviendra plus tard, l’Association des collaboratrices et partenaires en affaire (ACPA).
Résultat de la fusion de l’Union catholique des femmes rurales (25 000 membres) fondée en 1944 et des Cercles d’économie domestique (10 000 membres) fondés en 1952, fondation de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale. L’AFÉAS vise l’acquisition de l’autonomie pour les femmes au moyen de l’éducation et de l’action sociale. La plus connue des actions entreprises par l’AFÉAS est sans doute celle en faveur des femmes collaboratrices de leur mari dans une entreprise lucrative.
Organisation d’un colloque de deux jours à Montréal ayant pour thème : La femme du Québec : Hier et aujourd’hui. Au terme de la rencontre, un bilan de la condition des femmes au Québec est dressé et la fondation de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) est votée à l’unanimité. La FFQ obtient sa charte comme organisation non confessionnelle et multiethnique. Réjane Colas en est la première présidente.
Syndicaliste, activiste sociale, pacifiste et écrivaine féministe, Simone Monet-Chartrand joue un rôle déterminant dans la fondation de la division québécoise de La Voix des femmes, aux côtés de Thérèse Forget-Casgrain. Cet organisme pacifiste et non partisan milite contre la prolifération des armes nucléaires. En 1966, elle figure parmi les fondatrices de la Fédération des femmes du Québec. En 2023, un timbre commémoratif souligne une vie consacrée à la promotion des droits des femmes, à la cause pacifiste ainsi qu’à la défense des travailleurs et des travailleuses.
Fondation de la Ligue des femmes du Québec par Laurette Chrétien-Sloane (1926-2009). Le collectif est, à cette époque, la seule organisation féministe vouée à la promotion et à la défense des droits des femmes.
Création d’un comité de condition féminine au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1960. Le Comité sera dissout en 1966 lorsque la CSN intégrera les revendications des travailleuses dans son action globale.
Nouvelle initiative pour contrer l’expansion des Cercles de Fermières, des Cercles d’économie domestique voient le jour sous l’égide des évêques. L’Union catholique des femmes rurales, créée en 1957, aura le même dessein et les mêmes initiateurs. Les Cercles de Fermières connaîtront d’ailleurs une baisse de leur effectif.
Grande communicatrice et auteure prolifique, Janette Bertrand débute sa carrière comme journaliste au Petit Journal. Elle se voit confier une chronique Opinions de femmes, puis le Courrier du cœur qu’elle tient pendant 17 ans. Féministe avant la lettre, éducatrice populaire exceptionnelle, elle aborde sans censure des questions délicates comme la sexualité, la contraception, l’inceste et la violence à une période où ces sujets sont tabous. Sujets, qu’elle n’hésitera pas à revisiter dans les nombreuses émissions, dramatiques et téléséries à caractère éducatif et social écrites au fil des ans. Au cours de sa carrière, elle aura signé plus de 800 textes pour la radio et la télévision et près de 30 romans et pièces de théâtre. Janette Bertrand a reçu de nombreux prix et distinctions soulignant son engagement social et son exceptionnelle contribution à l’évolution de la société québécoise et, tout particulièrement, à la cause des femmes. Elle a notamment été la première récipiendaire du Prix du Québec Guy-Mauffette en 2011, distinction qui honore un parcours exceptionnel dans le domaine de la radio et de la télévision. En 2025, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) lui décerne un doctorat honoris causa pour avoir profondément influencé les valeurs sociales liées à la sexualité et à l’intimité au Québec par son travail exceptionnel de communication et de sensibilisation.
https://histoire des femmes.quebec/pdf/BertrandJ.pdf
1949Association des femmes universitaires de Québec et Société des femmes universitaires de Montréal
L’Association des femmes universitaires de Québec voit le jour à Québec suite à l’initiative de Lydia Lagloire, puis à Montréal l’année suivante sous le nom de Société des femmes universitaires de Montréal (SFUM) sous la présidence de Florence Fernet-Martel, deuxième Canadienne-française a obtenir un baccalauréat ès arts en 1912.
Fondation de l’Alliance des infirmières de Montréal.
Création de l’Union catholique des fermières (UCC) à l’insistance du clergé qui aurait souhaité voir les Cercles de Fermières s’intégrer dans le giron des structures diocésaines catholiques. Les évêques exerceront de fortes pressions pour que les femmes adhèrent à cette nouvelle organisation féminine catholique. Plus de 10 000 fermières leur obéiront.
La Ligue des droits de la femme et l’Alliance pour le vote des femmes appuient publiquement le Parti libéral d’Adélard Godbout, bien qu’elles ne puissent pas encore voter.
À l’instigation de la Ligue des droits de la femme, les femmes participent pour la première fois au congrès d’un parti politique au Québec, le Parti libéral. À ce congrès, Thérèse Forget Casgrain, alors vice-présidente du Club des femmes libérales fait inscrire à l’ordre du jour du programme électoral le droit de vote féminin qui est adopté en assemblée générale et devient une promesse électorale. En retour, elles s’engagent à œuvrer pour faire élire le parti aux élections de 1939.
Fondation de l’Association catholique des infirmières canadiennes.
Fondation par Laure Gaudreault de la Fédération catholique des institutrices rurales. Elle dénonce l’exploitation des institutrices rurales dont les salaires se situent autour de 250$ par année. Elle pose les base du mouvement syndical dans le milieu de l’éducation au Québec.
Née à Montréal de parents immigrants juifs polonais, Léa Roback tient la première librairie marxiste de la ville, le Modern Bookshop, fréquemment la cible de perquisitions policières. Militante syndicale active dans plusieurs industries montréalaises, elle consacre sa vie à la lutte contre toutes les formes d’injustice sociale, d’exclusion, de violence, de racisme et d’intolérance. Féministe infatigable, elle s’engage dès la lutte pour le droit de vote des femmes québécoises dans les années 1930 et poursuit, tout au long de sa vie, son combat pour le droit à la contraception et à l’avortement, l’amélioration des conditions de travail des ouvrières, l’accès à une éducation de qualité et l’équité salariale. En 2023, Postes Canada lui rend hommage en émettant un timbre à son effigie, soulignant la portée durable de son engagement et de ses réalisations.
Odette Lebrun fonde la Société d’étude et de conférences (SEC) avec le soutien de la Faculté de philosophie de l’Université de Montréal. Encore aujourd’hui, dans trois régions du Québec (Montréal, Centre du Québec-Mauricie et Ottawa-Hull), la SEC permet à des femmes, regroupées en cercles d’études d’accéder à diverses activités culturelles : conférences, concerts, thé-causerie, concours littéraires, voyages, etc.
Pour en savoir plus : Société d’étude et de conférences
Le YWCA met sur pied une série de cours pour domestiques sans emploi et décerne une certification de compétences à près de 200 aides domestiques.
L’Association Solidarité féminine est fondée par des femmes communistes afin de défendre les droits des travailleuses et des familles ouvrières.
Fondation du mouvement de la Jeunesse ouvrière catholique féminine (JOC).
Yvonne Maisonneuve crée dans un appartement, au 366 de la rue Fairmont à Montréal, un lieu d’accueil et de dépannage pour des femmes sans ressources. Connue aujourd’hui sous le nom Le Chaînon, l’œuvre ne cessera de grandir au fil des décennies et d’élargir l’offre de ses services.
Tenue de la Commission d’enquête sur les droits civiques de la femme, aussi appelée Commission Dorion. Au nom de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, Marie Gérin-Lajoie, en compagnie de Thérèse Casgrain et d’Idola Saint-Jean, y présente des recommandations pour la refonte du Code civil. Avec l’appui de Thaïs Lacoste-Frémont, sœur de Marie Gérin-Lajoie, l’Association des femmes propriétaires réclame l’abolition de la contrainte que constitue la sujétion à l’autorisation maritale.
Le Comité provincial pour le suffrage féminin devient La Ligue des droits de la femme à l’instigation de Thérèse Casgrain.
Figure marquante du féminisme de la première moitié du XXe siècle au Québec, notamment pour son rôle déterminant dans l’obtention du droit de vote et d’éligibilité pour les femmes québécoises, Idola Saint-Jean quitte le Comité provincial pour le suffrage féminin et fonde l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec pour mieux rejoindre les femmes de la classe ouvrière et celles des quartiers populaires. Journaliste, éducatrice et militante, tout au cours de sa vie, elle prend position dans divers éditoriaux, émissions radiophoniques et conférences en faveur des droits des femmes et critique les conditions sociopolitiques qui perpétuent la dépendance économique et l’infériorité juridique des femmes.
Fondation par Irène Joly de la Ligue des femmes propriétaires de Montréal afin de lutter pour l’obtention du droit de vote pour les femmes mariées propriétaires à Montréal.
Création du Comité Provincial pour le Suffrage Féminin (CPSF) conjointement présidé par Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, et Anna Marks Lyman, présidente de la section montréalaise du National Council of Women of Canada. Sont présentes à l’assemblée de fondation Idola Saint-Jean, Lady Drummond, Carrie Matilda Derick et Thérèse Forget Casgrain en sont également membres de même que le Montreal Women’s Club et le Club libéral des femmes de Montréal. Le 2 février de la même année, 400 femmes se rendent à Québec pour réclamer le suffrage féminin. Le premier projet de loi sur le suffrage féminin est déposé, le 8 mars, à l’Assemblée législative du Québec par Henry Miles, député libéral, déclenchant des protestations virulentes de la part des représentants du clergé et un refus catégorique du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau.
Syndicaliste, activiste politique et pianiste, Bella Hall Gauld fonde le Montreal Labor College, un centre communautaire d’éducation ouvrière. Pendant la crise économique, elle se joint à un groupe de femmes pour ouvrir une soupe populaire sur la rue Saint-Dominique. Membre du Parti communiste du Canada à partir de 1922, elle s’engage au sein de la Ligue pour la défense des libertés civiles lorsque le gouvernement conservateur de Richard Bennett décide en 1930 d’appliquer l’article 98 du Code criminel interdisant les associations séditieuses et de s’attaquer aux leaders du Parti communiste.
Les Cercles de Fermières du Québec organisent leur premier Congrès provincial et créent la revue trimestrielle La bonne fermière.
Fondation de la Fédération des femmes canadiennes-françaises (FFCF) en Outaouais par l’Anglo-canadienne Almanda Walker-Marchand.
Annie G. McDougall, Drummondville, vers 1900
Source : Musée McCord, MP-1974.129.98
© Musée McCord, Montréal
Le premier Cercle des Fermières est créé dans la région de Chicoutimi par le ministère de l’Agriculture. Chez les anglophones, les Homemakers Clubs ont vu le jour en 1909. Les cercles des fermières seront florissants, malgré l’opposition des autorités religieuses qui auraient voulu que les cercles intègrent les organisations paroissiales et diocésaines.
À l’initiative de Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et de Caroline Béïque, la Fédération nationale Saint-Jean Baptiste entreprend la publication de La bonne parole afin de stimuler l’esprit patriotique des femmes canadiennes-françaises et de diffuser les idées du féminisme social catholique. Le tirage mensuel atteindra deux mille exemplaires et la revue est éditée jusqu’en 1958.
Wm. Notman & Son, Montréal, 1922
Source : Musée McCord, II-246720
© Musée McCord, Montréal
Carrie Derick (1862-1941), pionnière en génétique végétale à l’Université McGill, devient la première professeure titulaire d’une université canadienne en 1912. La même année, elle fonde la Montreal Suffrage Association avec l’objectif d’organiser la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes au fédéral. Carrie Derick est reconnue pour sa contribution au développement des études en génétique à l’Université McGill et comme militante féministe.
Elizabeth Ann Beach fonde à Dunham (Montérégie) le premier Women’s Institute au Québec. Organisation féminine affiliée à la Federated Women’s Institutes of Canada dont les activités se déroulent principalement en milieu rural. Il s’agit du pendant anglophone des Cercles des fermières.
Arrestation de 223 suffragettes qui tentent de s’introduire au Parlement à Ottawa afin de manifester pour l’obtention du droit de vote des femmes.
Création de l’University Settlement of Montreal, par des femmes diplômées de l’Université McGill, afin de mettre des universitaires en contact avec des bénévoles et des citoyens et citoyennes en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale.
À l’initiative de Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et de Caroline Béique, le Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste devient la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, reconnue comme la première organisation féministe catholique du Québec. Selon ses statuts, la Fédération a pour objectif de regrouper les Canadiennes françaises catholiques afin de consolider leurs actions auprès des familles et dans la société.
