Période depuis 1990 La lente progression des femmes vers l’égalité de fait

Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.

Nov 21
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chlo%C3%A9_Sainte-Marie_promo.jpg

2025Chloé Sainte-Marie (1962-….)

Chanteuse, artiste multidisciplinaire et militante pour la reconnaissance des personnes proches aidantes, Chloé Sainte-Marie reçoit le Prix du Québec Denise-Pelletier pour l’ensemble d’une carrière marquée par plus de trois décennies de création poétique et engagée. Profondément attachée au territoire, elle a forgé une identité artistique singulière en mettant en lumière les mots de poètes francophones et la richesse des cultures et imaginaires des peuples autochtones. Fondatrice de la Maison Gilles-Carle, elle est à l’origine d’une vaste campagne de sensibilisation menée auprès des gouvernements afin de faire connaître le quotidien des personnes proches aidantes. Pour offrir du répit à celles et ceux qui accompagnent un proche en perte d’autonomie, elle crée en 2008 la Fondation Maison Gilles-Carle, dont la première maison ouvre à Cowansville en 2012. Cette initiative mènera à la création, en 2018, du réseau des Maisons Gilles-Carle. Figure majeure de la vie culturelle et sociale québécoise, Chloé Sainte-Marie incarne un rare alliage entre création artistique et engagement solidaire.


Juil 08
Affiche de la Marche du pain et des roses publiée par la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes. https://www.facebook.com/photo/?fbid=1022135686774278&set=pcb.1022139166773930

2025Du pain et des roses 2025

Les 30 ans de la marche Du pain et des roses ont été soulignés partout au Québec. Pour marquer l’anniversaire de la grande marche féministe de 1995, des actions commémoratives ont eu lieu dans plus de 40 municipalités. Le 7 juin à Québec, plusieurs centaines de femmes et d’hommes se sont rassemblés près du Musée national des beaux-arts pour rappeler l’importance des luttes féministes et lancer un appel à poursuivre la mobilisation, malgré les avancées obtenues depuis 1995.


Mar 08
logo de l'organisme. https://www.meresaufront.org/

2025Ensemble pour nos filles

Manifestation « Ensemble pour nos filles » organisée devant le consulat des États-Unis à Montréal par le mouvement Mères au front à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Des femmes d’une vingtaine d’autres villes, dont Québec, Ottawa et Sherbrooke, ont aussi répondu à l’appel de Mères au front afin de dénoncer les atteintes de la nouvelle administration américaine aux droits des femmes ainsi qu’aux droits de la personne.


Mar 12
Affiche de l'événement
Affiche de l'événement https://iref.uqam.ca/babillard/foire-feministe/

2025Foire féministe à l’UQAM

Pour célébrer ses trente-cinq ans d’existence, l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’UQAM organise, du 25 février au 1ᵉʳ mars, une Foire Féministes dans la Cité pour célébrer la diversité, la pertinence et la richesse des savoirs féministes dans un cadre convivial et rassembleur. Sa programmation diversifiée vise à  ramener les débats, expertises et savoir-faire féministes au cœur de la cité et à offrir des réponses aux préoccupations féministes et défis actuels.


Nov 21
Photo Olivier Pontbriand https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3639681?docsearchtext=France%20Castel

2025France Castel (1944-.…)

La chanteuse, comédienne et animatrice France Castel reçoit le Prix du Québec Guy-Mauffette en reconnaissance d’une carrière de près de 60 ans, marquée par l’audace, la polyvalence et l’excellence. Figure emblématique de la culture populaire québécoise, elle a contribué de manière significative à l’essor de la chanson francophone et au dynamisme du paysage médiatique du Québec. Engagée socialement, elle soutient activement la lutte des femmes contre la pauvreté, notamment en tant que marraine de la marche Du pain et des roses en 1995 et lors des événements commémoratifs de 2025.


Nov 21
Photo Robert Nadon https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2216048?docsearchtext=Francine%20Bernier

2025Francine Bernier

Directrice générale et artistique de l’Agora de la danse depuis plus de trente ans, Francine Bernier est lauréate du Prix du Québec Denise-Filiatrault pour son engagement déterminant envers les arts de la scène, en particulier la danse contemporaine. Gestionnaire visionnaire, elle a soutenu la création chorégraphique de nombreux artistes québécois et établi des collaborations durables avec des institutions et des créateurs au Canada comme à l’étranger. Son action a ainsi largement contribué à l’essor, à la diffusion et au rayonnement international de la culture chorégraphique québécoise. Par des initiatives innovantes, notamment Danse contre la violence, elle ancre la pratique artistique dans les enjeux sociaux, faisant de la danse non seulement un art, mais aussi un vecteur de transformation.


Nov 19
Hélène Doyle à la Cinémathèque québécoises, 2018 https://fr.wikipedia.org/wiki/Helen_Doyle

2025Helen Doyle (1950-….)

En reconnaissance de son parcours remarquable, la scénariste et réalisatrice indépendante Helen Doyle reçoit le Prix du Québec Albert-Tessier. L’une des cofondatrices du groupe Vidéo Femmes à Québec en 1973, elle s’impose depuis plus de cinq décennies comme une voix incontournable du cinéma documentaire. Pionnière de l’art vidéo au Québec, son œuvre conjugue expérimentation visuelle et réflexion sur la mémoire, les enjeux sociaux et l’engagement artistique. Empreinte d’une approche résolument féministe, la majorité de ses films – plusieurs consacrés à la condition féminine et aux réalités politiques contemporaines — contribuent à libérer la parole des femmes tout en donnant à voir, au Québec comme à l’international, les luttes et les résistances qui façonnent nos sociétés. Ses œuvres, primées dans de nombreux festivals, constituent des objets de mémoire qui invitent à réfléchir aux violences de la guerre, à la justice sociale et à la puissance du témoignage.


Nov 21
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nadia_Myre#/media/Fichier:Nadia_Myre._Photo_Rachel_McBrinn._(1).jpg

2025Nadia Myre (1974-….)

Membre algonquine de la nation Anishinabeg de Kitigan Zibi, l’artiste multidisciplinaire Nadia Myre se voit décerner le Prix du Québec Paul-Émile-Borduas pour son apport novateur aux arts visuels et son rôle significatif dans la promotion et l’évolution de l’art autochtone contemporain. Cofondatrice du premier centre d’artistes autochtones au Québec, le Centre d’art daphne, elle développe des projets souvent participatifs, inspirés de l’histoire et des luttes des peuples autochtones, qui ouvrent des espaces de dialogue sur l’identité, la survivance, la mémoire collective, l’appartenance et les blessures. Récompensée par de nombreuses distinctions, son œuvre occupe aujourd’hui une place majeure dans les collections des plus importantes institutions culturelles du Québec et du pays.


Nov 26
Photo officielle de Pauline Marois, 2013
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Marois#/media/Fichier:Photographie_officielle_de_Pauline_Marois.png

2025Pauline Marois (1949-….)

Pauline Marois est nommée chancelière de l’UQAM pour un mandat de cinq ans. Elle est la première femme à occuper cette fonction. Première femme à être élue première ministre du Québec en 2012, Pauline Marois a assumé au cours de sa carrière politique de nombreux postes clés dont ceux de ministre de l’Éducation, de ministre de la Santé et des Services sociaux, de ministre des Finances, de ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, et de présidente du Conseil du trésor.


Jan 01
Capture d’écran https://montreal.ca/articles/place-des-montrealaises-des-amenagements-qui-celebrent-la-place-des-femmes-19217

2025Place des Montréalaises

Le 16 mai 2025 la place des Montréalaises est inaugurée. Conçue comme un espace de mémoire et de célébration pour rendre hommage aux Montréalaises du passé, du présent et du futur, elle est située au cœur de Montréal, aux abords du métro Champ-de-Mars. La place sert de lien entre le centre-ville et le Vieux-Montréal, tout en offrant un espace public symbolique. Y sont intégrés plusieurs éléments commémoratifs, notamment un miroir où sont gravés les noms de sept pionnières montréalaises, issues de différentes époques et domaines, ainsi que les noms des 14 victimes du féminicide de l’École Polytechnique. La place des Montréalaises incarne un engagement féministe fort et une réflexion sur l’égalité des genres. Les noms des sept Montréalaises retenues sont la cofondatrice de Montréal,  Jeanne Mance (1606-1673) ; Marie-Josèphe Angélique (vers 1700-1734), esclave noire, accusée d’avoir provoqué l’incendie de Montréal ; Myra Cree (1937-2005), autochtone d’origine mohawk qui a été la première femme à occuper le poste de chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada; Agnès Vautier ; hockeyeuse du Western de Montréal, l’équipe imbattable en 1917 ; Jessie Maxwell Smith (1920-2000) enseignante de la Petite-Bourgogne qui a contribué à ce que la communauté noire de Montréal ait accès à une éducation de qualité ; Ida Roth Steinberg (1885-1942), femme d’affaires immigrante juive hongroise et Idola St-Jean (1880-1945), féministe québécoise, militante pour le droit de vote des femmes. La place Marie-Josèphe-Angélique, située à l’ouest du métro Champ-de-Mars et adjacente à la place des Montréalaises, a aussi été réaménagée et mise en valeur dans le cadre du projet. Le lieu, nommé en 2012, vise à rappeler la réalité historique de l’esclavage au Canada et la violence faite aux femmes.