En désignant Catherine Thierry dit Primot comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, le gouvernement du Québec rend hommage à l’une de ces femmes qui, aux côtés de leur époux, ont contribué activement au développement de la Nouvelle-France. Épouse du seigneur Charles Le Moyne de Longueuil, Catherine Thierry participe à l’essor des seigneuries de Longueuil et de Châteauguay et est associée à la fondation de la ville de Longueuil. Mère de deux filles et de douze garçons, elle compte parmi ses enfants le baron Charles Le Moyne II de Longueuil, administrateur de la colonie, et Pierre Le Moyne d’Iberville, explorateur et fondateur de la Louisiane française. À la suite du décès de son mari, elle poursuit la gestion et la mise en valeur des biens familiaux, contribuant ainsi au rayonnement et à la prospérité de sa lignée. Par son engagement familial, économique et social, Catherine Thierry incarne le rôle déterminant joué par les femmes pionnières dans l’édification de la société coloniale.
Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.
