En écho au mouvement #MoiAussi de 2017, des centaines de jeunes femmes se tournent vers les médias sociaux pour dénoncer les inconduites et les agressions sexuelles dont elles ont été victimes, parfois alors même qu’elles étaient mineures. Plusieurs des personnes dénoncées sont des personnalités publiques. Si la publication de ces milliers de témoignages sur le web cherche à susciter une prise de conscience sociétale, elle laisse également entrevoir un manque de confiance à l’endroit du système de justice.
Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.
