Le 16 octobre, une vague de dénonciation des violences sexuelles vécues par les femmes déferle sur les réseaux sociaux et dans les médias via le mot-dièse #moi aussi. Lancée par l’actrice américaine Alyssa Milano le jour précédent dans sa version anglaise #metoo, l’initiative vise à inciter les femmes victimes de violence sexuelle à dénoncer leur agresseur. Le phénomène prend rapidement de l’ampleur au Québec, mais aussi en France avec #balancetonporc et en Italie avec #quellavoltache, et provoque un éveil collectif en attirant l’attention du public sur les gestes de violence sexuelle à l’égard des femmes et en ébranlant l’impunité des agresseurs.
Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.
