La campagne #AgressionNonDenoncee lancée sur Twitter par la Fédération des femmes du Québec en collaboration avec le collectif Je suis indestructible entraîne en quelques jours la publication de milliers de dénonciations. Cette campagne, qui vise à créer un espace pour briser le silence et déconstruire la culture du viol, s’inscrit dans la foulée de l’initiative #BeenRapedNeverReported lancée le 30 octobre par les journalistes Sue Montgomery du Montreal Gazette et Antonia Zerbisias du Toronto Star à la suite du congédiement de Jian Ghomeshi, alors animateur vedette de la CBC et visé par plusieurs allégations d’agressions à caractère sexuel.
Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.
