En réaction à une déclaration sexiste d’un policier à l’occasion d’un forum sur la sécurité des élèves à Toronto, les internautes se mobilisent autour du collectif SlutWalk pour dénoncer le fait que les femmes victimes de viol ou de harcèlement soient culpabilisées. « Ne nous dites pas comment nous comporter, dites-leur de ne pas violer ». Des milliers de femmes et d’hommes manifestent dans plusieurs capitales mondiales. Une Marche des salopes, ainsi nommée pour se réapproprier l’insulte et en changer le sens, est organisée à Montréal, le 29 mai.
Depuis le forum Pour un Québec féminin pluriel jusqu’au 7ᵉ Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, sans oublier la Marche mondiale de l’an 2000, l’idée d’une seule « condition féminine » ne tient plus la route dans une société québécoise de plus en plus marquée, non seulement par une idéologie et des pratiques néolibérales, mais encore par la diversification des revendications identitaires et sexuelles. En dépit de réelles avancées, les acquis des femmes demeurent fragiles. L’égalité de fait tarde à s’actualiser. Un renouvellement des discours et des pratiques s’impose notamment pour contrer les effets conjugués des différents rapports sociaux de pouvoir qui engendrent de nouvelles formes de pauvreté et de marginalisation, sinon de stigmatisation, à l’encontre de bien des femmes.
