L’Italo-Montréalaise Angelina di Bello fonde sur la rue Crescent une école de couture où elle enseigne les bases du design et de la confection. Dès 1946, elle dirige sa propre boutique de haute couture et, en 1971, publie son premier manuel, Haute couture, un ouvrage devenu un classique avec plus de 20 000 exemplaires vendus. D’autres titres suivront, témoignant de son désir constant de transmettre son savoir. Pendant plus de trente ans, ses émissions télévisées, diffusées sur diverses plateformes, ouvrent les portes de la couture à un public immense. Des milliers de femmes apprennent à coudre grâce à ses émissions de télévision et à ses volumes et patrons de couture. di Bello devient alors une figure familière, une référence incontournable pour quiconque souhaite apprendre à coudre avec précision et élégance. Pour le designer Jean-Claude Poitras, sa contribution majeure tient à la démocratisation de la couture : elle a su rendre cet art accessible sans jamais en sacrifier l’exigence et la rigueur.
Vadrouille ou baccalauréat, ce titre d’un concours de rhétorique lancé par un collège classique féminin au début des années 1940 traduit bien les ambivalences qui marquent la période. La vocation maternelle et familiale demeure au centre des discours et des attentes des élites religieuses, politiques ou syndicales. L’avènement de la pilule, l’entrée des femmes dans la majorité des programmes universitaires et leur retour graduel sur le marché du travail préparent les importants changements et la prise de parole collective des femmes qui surviendront dans les décennies suivantes.
