Période 1865-1939 Les premières luttes pour les droits civils et la reconnaissance sociale

La lente progression des femmes vers l’égalité est en marche. Cette période se place sous le signe des premières grandes revendications : droit à l’éducation postsecondaire, droit de vote, droit à la reconnaissance sur le marché du travail et droits juridiques égaux ouvrent la voie aux grandes luttes qui se poursuivront tout au long du XXe siècle. La vie des femmes, surtout dans les centres urbains, est marquée par l’importance des changements économiques qui marquent la période et par l’émergence de nouveaux modèles féminins dans l’espace public après la première guerre mondiale.

Jan 01
Domain public. Coloured Women’s Club, via Some Missing Pages: The Black Community in the History of Quebec and Canada, unit 6.

1902Coloured Women’s Club

Le Club des femmes de couleur de Montréal, le Coloured Women’s Club, est fondé dans le quartier Saint-Antoine (la Petite-Bourgogne d’aujourd’hui) à l’initiative de sept Noires américaines dont les maris cheminots travaillent comme porteurs de bagages ou préposés aux voitures-lits. Le club est l’une des premières organisations de femmes au Québec. Il est fondé pour aider les femmes noires, qui travaillent comme domestiques ou ouvrières, à se regrouper et à faire face à la pauvreté et à l’exclusion sociale qui sont leur lot quotidien. Sous la gouverne de leur toute première présidente, Anne Greenup, le club est rapidement passé du statut de club social à celui d’organisation d’entraide dans un milieu hostile aux personnes d’ascendance africaine et où les défis de la survie quotidienne sont omniprésents et les perspectives pour un avenir meilleur pratiquement nulles.


Jan 01
Les dames patronesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal », photographie dans L'Album universel, vol. 19, no 8, 21 juin 1902, p. 172.
BaNQ. Les dames patronesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal », photographie dans L'Album universel, vol. 19, no 8, 21 juin 1902, p. 172.

1902Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste

Création du Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, premier lieu francophone où seront formulées des revendications collectives pour l’amélioration de la situation des femmes québécoises, par Joséphine Marchand-Dandurand, Caroline Dessaulles-Béique, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, et Marguerite Thibaudeau.

https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Marchand.pdf

https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Beique.pdf

https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Lajoie.pdf

https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Thibaudeau.pdf


Jan 01
Fév 05
Marie Lacoste Gérin-Lajoie
BAnQ Vieux-Montréal Fonds Famille Landry 06M,P155,S1,SS2,D34 A1 - Photographe https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3076334

1902Marie-Lacoste Gérin Lajoie (1867-1945)

Juriste autodidacte, féministe et réformatrice sociale, Marie Lacoste Gérin-Lajoie publie le Traité de Droit usuel, un ouvrage de vulgarisation destiné à aider les femmes à mieux comprendre leurs droits et obligations. Elle poursuivra cette démarche avec La Communauté légale (1927) et La Femme et le Code civil (1929). Première femme à obtenir une charge d’enseignement à la faculté de droit de l’Université Laval à Montréal, elle milite activement pour le droit de vote des femmes au Québec. Cofondatrice, en 1907, de la Fédération nationale Saint‑Jean‑Baptiste, elle participe également à la création du Comité provincial pour le suffrage féminin en 1922. Pionnière de l’avancement des droits des femmes au Québec, son engagement lui vaut d’être désignée « personnage historique d’importance nationale » en 1998 par le ministère du Patrimoine canadien, puis « personnage historique » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec en 2019. Figure majeure de l’avancement des droits des femmes, Marie Lacoste Gérin‑Lajoie laisse un héritage qui continue d’inspirer les luttes pour l’égalité.

https://histoiredesfemmes.quebec/pdf/Lajoie.pdf